Moudawana. Des militantes de gauche critiquent les grandes lignes de la réforme
Pour Nouzha Skalli et Rachida Tahri, deux militantes féministes, les grandes lignes des propositions de réforme de la Moudawana ne répondent pas aux attentes de la société marocaine d’aujourd’hui. Détails.
Une tutelle légale commune qui ne règle pas forcément les problématiques actuelles en cas de divorce, un rejet de l’ADN comme preuve de filiation malgré le recours à cet outil scientifique à d’autres fins judiciaires, ou encore le maintien de l’interdiction d’héritage entre époux de confessions différentes… Toutes ces composantes des grandes lignes présentées le 24 décembre dernier par le gouvernement peinent à satisfaire les revendications des militants des droits de la femme.
Parmi eux, Nouzha Skalli, ex-ministre de la Famille et présidente du think tank “Awal Houarriates”, et Rachida Tahri, experte en question de genre et ancienne députée parlementaire. Toutes deux invitées par le Parti du progrès et du socialisme (PPS, opposition) ce samedi 11 janvier, elles ont présenté leurs positions respectives à l’égard des premiers éléments de réforme de la Moudawana.
Tout en critiquant la forme de la présentation qui se limite à lister quelques grandes lignes, les deux militantes en critiquent également le contenu qui soulève de nombreuses interrogations selon elles.
- Comment la tutelle commune après le divorce va-t-elle régler les problèmes liés à la pratique actuelle ?
- Pourquoi l’ADN est-il autorisé en faveur d’un père qui veut s’assurer de sa paternité, tout en étant interdit à l’enfant qui veut établir une filiation ?
- Ou encore, n’est-il pas injuste de priver deux époux de l’héritage parce qu'ils sont de différentes confessions ?
Autant d’interrogations soulevées par les deux militantes lors de cet événement du 11 janvier, durant lequel elles détaillent leurs revendications pour un meilleur équilibre dans les relations familiales. En voici l’intégralité en vidéo :
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