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Dette souveraine : Fitch confirme sa note « BB+ » pour le Maroc avec des perspectives stables

Dette souveraine : Fitch confirme sa note « BB+ » pour le Maroc avec des perspectives stables
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Le 6 mai 2021 à 16h10 | Modifié 6 mai 2021 à 16h10

Pour Fitch ratings, la dégradation des finances publiques et extérieures du Maroc justifie le maintien de la note « BB+ » attribuée en octobre dernier. La dette nette du Trésor devrait passer à 68,8% du PIB cette année. Cependant, le pays détient un niveau de réserves de change confortable. La solvabilité des banques n’est pas menacée malgré la détérioration de la qualité des actifs. Le secteur du tourisme devrait continuer de souffrir cette année. 

 

En octobre 2020, le Maroc perdait son « Investment Grade » auprès de l’agence de notation Fitch Ratings. La notation de défaut des émetteurs en devises à long terme du Maroc passait alors de BBB- à BB+ avec des perspectives stables. L’agence justifiait cette dégradation de notation par l’impact de la pandémie du Covid-19 sur l’économie marocaine et les finances publiques et extérieures.

Dans une note publiée le 5 mai, l’agence a maintenu sa notation « BB+ » concernant le Maroc, toujours avec des perspectives stables.

Même si le pays affiche une stabilité macroéconomique reflétée par une inflation et une volatilité du PIB relativement faibles avant la pandémie, il affiche des indicateurs de développement et de gouvernance faibles. Notamment une dette publique élevée, des déficits budgétaires et du compte courant plus importants que ceux de ses pairs.

Fitch table sur une hausse de la dette nette du Trésor à 68,8% du PIB cette année

Fitch souligne que le déficit budgétaire est passé à 7,7% du PIB en 2020, contre 4,1% en 2019 (hors produits de la privatisation). « Les mesures de confinement liées à Covid-19 et la baisse de la demande mondiale ont provoqué une forte baisse des revenus tandis que les dépenses courantes ont augmenté pour atténuer l'impact sanitaire de la crise et amortir l’impact financier sur les ménages et les entreprises » explique Fitch.

L’agence pointe également que l’extension des prestations sociales, parallèlement à une reprise modeste des recettes fiscales, à la baisse des subventions et à la pression continue des dépenses, maintiendront le déficit de l’administration centrale à 7,1% du PIB en 2021 et à 5,8% en 2022. « Nous prévoyons un déficit public, qui comprend également la sécurité sociale, les collectivités locales et les unités extrabudgétaires, de 6,5% du PIB en 2021, après 6,9% en 2020, contre une médiane prévue «BB» de 5,2%. Nous ne prévoyons pas de modifications importantes des politiques budgétaires et autres politiques économiques après les élections législatives de septembre 2021 » souligne l’agence.

Pour l’agence de notation, des déficits budgétaires importants entraîneront une nouvelle augmentation de la dette du Trésor malgré la reprise économique. « Nous prévoyons que la dette (nette, NDLR) augmentera à 68,8% du PIB en 2021 et 70,5% en 2022 contre 66,8% en 2020, dépassant la médiane "BB" projetée de 59,1% en 2022. Nous prévoyons que la dette sera globalement stable à partir de 2023 » détaille Fitch.

Néanmoins, elle précise que « les risques de financement budgétaire sont faibles, reflétant l'accès du souverain à une base d'investisseurs nationaux importante et captive, le financement intérieur net devant couvrir les deux tiers des besoins de financement du Trésor en 2021-2022 ».

Une évolution des secteurs clés en demi-teinte

Concernant le secteur bancaire, l’agence de notation prévient quant à la détérioration de la qualité des actifs. Néanmoins, l’agence estime que les risques liés à la solvabilité des banques demeurent gérables. Elle rappelle tout de même que « le ratio de capitalisation du secteur bancaire est assez faible par rapport aux risques liés à la concentration du portefeuille de prêts et à l'expansion régionale des banques ».

Le secteur du tourisme connaîtra selon Fitch une saison 2021 morose. « Le secteur demeurera affecté par la crise en 2021, après que les recettes brutes du tourisme se soient effondrées de 70% d’une année sur l’autre sur la période avril-décembre de l'année dernière » explique Fitch. Elle note que si les exportations des phosphates et automobiles ont enregistré de bonnes performances en janvier-février 2021, certains secteurs restent à la traîne, comme le textile et l'aéronautique. « Nous prévoyons que les recettes globales du compte courant resteront inférieures à leur niveau de 2019 en 2021 et 2022 » précise-t-elle.

Par ailleurs, Fitch anticipe une hausse des importations. « Nous prévoyons que les importations rebondiront en 2021 alors que la demande intérieure de biens finis et intermédiaires commencera à se redresser, parallèlement à la hausse des prix du pétrole » explique l’agence. Fitch prévoit que les déficits du compte courant s'élargiront et atteindront en moyenne 4,1% du PIB en 2021-2022 alors que la croissance des exportations ralentira.  

In fine, avec un allègement des perturbations liées à la crise et une bonne saison des pluies, Fitch table sur « un rebond de la croissance du PIB réel à 4,8% en 2021, après une contraction de 7,1% en 2020. Nous prévoyons que la politique budgétaire restera expansionniste jusqu'en 2022 au moins ». Le lancement d'un fonds d'investissement stratégique en coopération avec le secteur privé, prévu pour 2021, soutiendra la reprise économique.

Le Maroc détient des réserves de change conséquentes

Pour l’agence, la résilience extérieure du Maroc est également soutenue par les réserves de change assez confortables du Maroc et par une meilleure flexibilité du taux de change.

« Nous prévoyons que les réserves de change augmenteront lentement en 2021 et 2022 après avoir atteint 32,2 milliards de dollars à la fin de 2020 contre 25,3 milliards de dollars en 2019. Nous prévoyons que les réserves de change couvriront 7,5 mois de paiements extérieurs courants en moyenne en 2021-2022, supérieur à la médiane «BB» de 5,4 mois » explique Fitch.

L’agence de notation s’attend à ce que le Maroc cherche une nouvelle ligne de précaution auprès du FMI pour bénéficier d’un filet de sécurité en cas de tensions.

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