La prime de risque baisse à 6,5% au 1er semestre de 2025 (BMCE Research )
BMCE Research retient une prime de risque de 6,5% pour le premier semestre 2025, en baisse par rapport à septembre 2024. Pour mieux refléter la dynamique actuelle du marché, dominée par des facteurs techniques, l’évaluation repose désormais sur une méthode par sondage.
Pour la première fois, BMCE Capital Global Research (BKGR) a choisi de calculer la prime de risque actions (PRA) en utilisant une méthode par sondage, estimant qu’elle reflète mieux la dynamique actuelle du marché boursier dynamique. En effet, pour le premier semestre 2025, la prime retenue est de 6,5%. Cela représente toutefois une baisse par rapport à septembre 2024, où elle était de 7,1%.
Par conséquent, ce recul montre une confiance accrue des investisseurs. En effet, cela se produit dans un contexte de marché boursier en forte progression et d’anticipations bénéficiaires solides.
En dix-sept mois, l’indice MASI a augmenté de 41,4%. Ce résultat est, par ailleurs, soutenu par un regain de liquidités et une politique monétaire plus souple.
En 2024, Bank Al-Maghrib a réduit le taux directeur deux fois, rendant les actions plus attractives. Cependant, cette accélération soulève des questions sur les niveaux de valorisation, ainsi que le risque d’un ajustement à court terme.
Un changement méthodologique pour mieux capter la dynamique du marché
Jusqu’à présent, BMCE Research utilisait trois méthodes principales pour évaluer la prime de risque : historique, instantanée et prospective. Tout d'abord, la méthode historique compare les rendements passés du marché actions avec le taux sans risque. Ensuite, la méthode instantanée mesure l’écart entre la rentabilité attendue des actions et le taux sans risque. Enfin, la méthode prospective repose sur les valorisations cibles des analystes.
Dans cette mise à jour, BMCE Research a jugé que ces méthodes ne reflétaient pas entièrement le marché actuel. En effet, ce marché est désormais plus influencé par des éléments techniques que par des fondamentaux de long terme.
La méthode par sondage, introduite en 2017, intègre directement les attentes des investisseurs institutionnels : OPCVM, compagnies d’assurances et caisses de retraite.
L’optimisme ambiant se voit également dans la liquidité du marché. En effet, en un an, le volume moyen quotidien (VMQ) a plus que doublé. Il est ainsi passé de 229 MDH en janvier 2024 à 536 MDH en janvier 2025. Cette progression montre donc un marché plus profond et actif, soutenu par l’afflux de capitaux et des anticipations favorables sur les résultats des entreprises cotées.
Des fondamentaux solides, mais un risque de correction à court terme
Plusieurs facteurs structurels continuent de soutenir la dynamique haussière du marché. En effet, l’annonce de grands projets, comme la coorganisation de la Coupe du monde et le développement de gigafactories, devrait stimuler l’activité économique et bénéficier aux entreprises cotées. Par ailleurs, l’amnistie fiscale décidée par le gouvernement encourage également l’afflux de capitaux vers les actifs financiers.
Les prévisions bénéficiaires des entreprises sont positives. En effet, BMCE Research prévoit une croissance de 22,7% des bénéfices des sociétés cotées en 2025. De plus, une hausse de 19% des dividendes distribués est également attendue. La disparition de l’effet exceptionnel de la provision d’IAM en 2024 renforce ainsi cette visibilité.
Cependant, l’euphorie actuelle pourrait être tempérée par une correction technique. En effet, le marché a progressé presque sans interruption depuis plus d’un an. Par conséquent, une phase de prises de bénéfices au premier semestre 2025 ne serait pas surprenante.
Un arbitrage actions/obligations en pleine recomposition
Avec la baisse des taux directeurs, les placements obligataires deviennent moins attractifs que les actions. En effet, le spread entre le dividend yield (D/Y) et les bons du Trésor à 10 ans s'est resserré. Il est ainsi passé de -106 pts fin 2023 à -35 pts actuellement. Ce contexte favorise donc un arbitrage en faveur des actions, surtout si la Banque centrale continue d'assouplir sa politique monétaire.
La valorisation des actions reste un enjeu central. En effet, le PER moyen du MASI, bien qu’en hausse, ne reflète pas encore une surchauffe comparable à celle d’autres marchés en fin de cycle haussier. Par conséquent, la poursuite de cette dynamique dépendra largement des décisions de la Banque centrale et de la capacité des entreprises à délivrer les résultats attendus.
BMCE Research estime que le MASI pourrait progresser de 16,5% avant la fin de l’année. Au 17 février, il avait déjà, en effet, enregistré 12,67%.
La croissance économique, bien qu’attendue à la hausse, pourrait néanmoins être légèrement inférieure aux prévisions de Bank Al-Maghrib. En effet, BMCE Capital prévoit une augmentation du PIB de 3%, contre 3,9% dans le scénario central de la Banque centrale. Cette divergence met ainsi en avant une certaine prudence face aux défis économiques et aux incertitudes qui pourraient peser sur l’activité.
Marché boursier dynamique et perspectives économiques
Dans ce contexte, la prime de risque de 6,5% pour le S1-2025 montre un équilibre entre l’optimisme des investisseurs et la nécessité de rester vigilant aux signes d’essoufflement du marché. En effet, si les facteurs techniques et monétaires continuent de soutenir le marché, il devra faire preuve de résilience face aux ajustements potentiels à venir.