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Delattre Levivier Maroc : les difficultés mises à nu

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Mouna Ettazy
Le 23 décembre 2019 à 13h47 | Modifié 23 décembre 2019 à 13h47

Promesses non tenues, anticipations non réalisées, résultats en chute... Delattre Levivier Maroc a finalement demandé l'ouverture d'une procédure de sauvegarde au Tribunal de commerce de Casablanca. Celui-ci estime que la société éprouve des difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter.

 

C’est confirmé. Delattre Levivier Maroc n’arrive toujours pas à voir le bout du tunnel.

En octobre dernier, Eric Cecconello, Administrateur directeur général de Delattre Levivier Maroc (DLM), nous avait déclaré que "certains projets seront comptabilisés en fin d’année" et que "les perspectives s’annoncent meilleures pour le second semestre", donnant l’impression que la situation était sous contrôle. 

Il s’avère que ce n’était pas le cas. 

La preuve : DLM a demandé et obtenu, le jeudi 19 décembre, l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, telle que prévue par le livre 5 du code de commerce, auprès du Tribunal de commerce de Casablanca. 

En optant pour cette procédure, le tribunal a estimé que DLM éprouvait des "difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter et de nature à la conduire, dans un avenir proche, à la cessation de paiement". C’est la condition que pose le code de commerce pour l’ouverture de la sauvegarde.

Le communiqué publié à cette occasion souligne que "cette demande a été engagée par le Groupe DLM, à la suite des tensions de trésorerie qui ont négativement impacté les réalisations de l’exercice 2018 et l’activité du premier semestre 2019".

A travers cette sauvegarde, DLM a pour principaux objectifs :

- La préservation des emplois,

- L’apurement du passif vis-à-vis de ses créanciers,

- La poursuite sans difficultés de ses projets, de ses activités commerciales, de fabrication et de montage dans le respect des délais impartis et conformément à la qualité exigée par ses clients,

- La réorganisation de l’entreprise lui permettant plus d’agilité à tous les niveaux.

Ce scénario n’est pas nouveau pour le secteur de la construction métallique au Maroc. DLM a fini par connaître le même sort que Stroc Industrie et Buzzichelli Maroc, deux fleurons de l’industrie métallurgique au Maroc qui sont menacés de disparition. 

A rappeler que Stroc Industrie est placée en sauvegarde judiciaire suite à un jugement qui a été rendu le jeudi 12 juillet 2018 par le Tribunal de commerce de Casablanca. Elle est en effet la première société cotée à la bourse qui bénéficie de la procédure de sauvegarde. Elle aussi avait caché ses difficultés pour une longue période.

Buzzichelli, elle, était mise en redressement depuis juillet 2017 jusqu’au 27 septembre 2018 ; date pendant laquelle elle a été finalement placée en liquidation judiciaire.

C’est tout le secteur qui est en difficulté

Dans les milieux professionnels, on estime que les entreprises marocaines n’ont pas une taille suffisante pour des travaux de grande ampleur et avec un spectre large de spécialités. Dans la plupart des cas, des entreprises étrangères, généralement sud-coréennes, chinoises ou turques, gagnent les gros marchés marocains. En face, les relations entre les contractants étrangers et les sous-traitants marocains connaissent des tensions et des conflits.

Sollicité par LeBoursier le lendemain de l’ouverture de la procédure de sauvegarde de DLM, Eric Cecconello nous déclare cette fois-ci que "les perspectives que nous espérions pour régler les problèmes auxquels nous faisons face ne se sont pas concrétisées".

Et d’ajouter : «"Nous avons jugé préférable de nous protéger en déclenchant la procédure de sauvegarde".

Il faut savoir que les difficultés auxquelles DLM fait face actuellement sont les mêmes problèmes qu’elle traîne depuis une certaine période. A chaque communication du groupe, ces problèmes sont évoqués mais jamais résolus.

Comme nous le répète le DG de DLM, "deux dossiers ont perturbé notre activité. Un dossier a été mis en arbitrage l’année dernière sur lequel on n’a toujours pas encaissé la totalité de ce qui nous est dû. Nous attendons la décision du Tribunal concerné. Le deuxième dossier est en négociation". 

Face à cette situation, la société a sollicité la mise en sauvegarde afin d’avoir "le temps nécessaire pour mettre en œuvre les mesures essentielles pour faire face à nos difficultés, tels que la recherche de nouveaux partenaires, la réorganisation interne et le positionnement sur d’autre segments d’activités", nous indique notre interlocuteur.

Pour lui, "la procédure de sauvegarde est le cadre général dans lequel on va mener l’ensemble des réorganisations nécessaires".

A rappeler qu'au titre du premier semestre 2019, le chiffre d’affaires de DLM a chuté 47%. Son résultat net a plongé dans le rouge à -39,5 millions de DH.

Une chute de 92% en bourse !

En bourse, l’action se porte très mal. C’est dire que rien ne peut attirer les investisseurs ou rassurer ceux qui y ont déjà investi. 

Le titre a chuté de 92% depuis son introduction en bourse en avril 2008 à un prix de 729 DH pour un montant total de 91,125 millions de DH, correspondant à 125.000 actions.

Au cours de la séance de ce vendredi 20 décembre, l'action était en baisse de -9,98% après étre descendue à 52,39 DH suite à l’échange d’un petit volume de moins de 400 titres. L’action reste illiquide en bourse. 

Toutefois, quelques minutes avant la clôture, une transaction de 5.653 actions a été réalisée au prix de 58,10 DH ce qui a fait rebondir le cours en diminuant la perte à 0,17%.

Evolution du cours de DLM

Graph MASI

 

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Mouna Ettazy
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