Covid-19 : le pétrole chute, impact favorable attendu sur la facture énergétique du Maroc
Dans un contexte où la demande est au plus bas à cause des mesures de confinement et l’offre reste surabondante, le pétrole américain a enregistré une chute historique lundi 20 avril. Le Maroc pourrait profiter de cette baisse afin d’alléger sa facture énergétique.
La propagation du Covid-19 continue de peser sur l’économie mondiale. Le marché du pétrole, qui s’effondre depuis plusieurs semaines à cause de la paralysie économique provoquée par la pandémie, vient de succomber à une chute historique.
Lundi 20 avril, la valeur du baril américain WTI, pour livraison en mai et dont le contrat expire ce mardi à la clôture de la séance de cotation à New York, a dégringolé en dessous de zéro pour terminer la séance à -37,63 dollars contre 18,27 dollars vendredi 17 avril.
En cause, la capacité de stockage des opérateurs américains est saturée.
« Le contrat de WTI pour livraison en mai expirant mardi 21 avril à la clôture, ceux qui en détiennent doivent en effet trouver au plus vite des acheteurs physiques. Mais comme les stocks ont déjà énormément gonflé aux Etats-Unis ces dernières semaines, ils ont été contraints non seulement de brader leurs prix pour les convaincre de se saisir de leurs barils, mais de les rémunérer pour le faire », peut-on lire sur une dépêche de l’AFP.
Cette situation est due à l’effondrement de la demande à cause des restrictions de déplacements appliquées dans de nombreux pays ainsi que l’arrêt de plusieurs économies à cause de la crise actuelle.
S’ajoute à cela une suroffre de pétrole à bas coût sur le marché après que l'Arabie Saoudite, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a lancé une guerre des prix avec la Russie pour obtenir un maximum de parts de marché. Même si les deux pays ont pu mettre un terme à leur différend et ont décidé de réduire leur production les prix ont continué à chuter.
Mais selon l’AFP, quelques analystes estiment que "la situation devrait s’améliorer dans les jours à venir".
« Il est un peu trompeur de se focaliser sur le contrat de mai", souligne ainsi Matt Smith, expert du marché pétrolier pour ClipperData. "Il y a beaucoup plus d'échanges sur le baril pour livraison en juin", rapporte l’AFP.
Cela dit, « les investisseurs s’attendent au pire puisqu’une profonde récession s’annonce dans le monde », d’après la même source.
Les effets de la chute du pétrole sont bénéfiques pour le Maroc
Au Maroc, face à cette chute, les consommateurs ne profiteront que peu de la baisse des prix à la pompe à cause des mesures de confinement qui limitent les déplacements de la population.
Mais la balance commerciale, qui dégage un déficit commercial de -31,01 milliards de DH (à fin février 2020), pourra profiter de l’effondrement des cours internationaux des hydrocarbures.
D'abord grâce à un effet volume suite à la baisse de la consommation en raison du confinement. Ensuite grâce à un effet prix, même si le Maroc n'importe plus de pétrole brut et qu'il faudra suivre l'évolution des prix des produits raffinés pour en mesurer l'ampleur.
La facture énergétique du Maroc s’est établi à 12,10 milliards de à fin février 2020 contre 11,23 milliards de DH une année auparavant, soit une hausse de 874 millions de DH, d’après les statistiques publiées par l’Office des changes.
Avec la baisse actuelle du baril, la facture énergétique du royaume pourrait s’alléger au cours des prochains mois. Cela devrait réduire la pression sur les réserves en devises qui devraient subir un choc à cause de la dégradation prévue des flux entrants de devises (recette touristiques, transferts MRE, IDE et exportations) affectés par la crise du Covid-19.
Au 10 avril, les réserves internationales nette de Bank Al-Maghrib s’élevent à 286,3 milliards de DH, en hausse de 31 milliards en une semaine grâce au tirage de la LPL opéré le 7 avril.