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Après des années de volatilité, le BTP est désormais confiant

Après des années de volatilité, le BTP est désormais confiant
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Le 13 mars 2024 à 14h36 | Modifié 13 mars 2024 à 14h37

Le secteur a connu des années complexes depuis la crise du Covid. Mais le bout du tunnel semble se dessiner, avec des perspectives prometteuses dans le sillage de la Coupe du monde, des investissements de l'État et des aides aux primo-acquéreurs. Cependant, les PME du secteur souffrent toujours.

Depuis 2020, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) traverse des périodes marquées par une grande volatilité. En 2020, tout s'arrêtait sous le coup du confinement. En 2021, l'activité a connu une forte reprise, avec un bond de consommation du ciment en hausse de près de 15% par rapport à 2020, sous l'effet d'un fort effet de rattrapage.

En 2022, le début de la guerre en Ukraine a fait exploser le coût des matières premières, affectant fortement les marges et la rentabilité du secteur. Certaines entreprises ont préféré cesser leur activité en attendant un contexte prix plus favorable.

Après ces trois années inédites, l'industrie du BTP s'inscrit dans un contexte complexe, malgré la décrue progressive de l'inflation. Plus récemment, la loi de finances 2024 avec les investissements record annoncés par l'Etat, la CAN 2025, la Coupe du monde 2030 et les aides aux primo-acquéreurs ont laissé entrevoir des perspectives réjouissantes.

Mohamed Mahboub, président de la Fédération nationale du BTP, nous décrit l'évolution du secteur au cours des quatre dernières années et les perspectives qui se dessinent.

Médias24 : Comment s’est comportée l’activité du secteur depuis 2020 ? En termes d’emploi, le secteur a-t-il récupéré l’effectif salarial pré-crise ?

Mohamed Mahboub : Les données officielles [du haut-commissariat au Plan] sont disparates. Ainsi, le secteur du bâtiment et des travaux publics a repris son rôle moteur dans la création d’emplois, avec plus de 71.000 créations en 2021. Il n’en a créé que 1.000 en 2022 et 19.000 en 2023.

En matière de produit intérieur brut, la part du secteur a augmenté de 10,7% en 2021, mais a chuté de 3,6% en 2022. À fin 2022, le secteur pesait environ 6% du PIB national, et rassemblait entre 1 et 1,2 million d'emplois.

En 2023, la situation est restée mitigée. De plus, l’impact du Covid s’est prolongé et aggravé avec la hausse des prix des matériaux et du fret, à cause de la guerre en Europe de l’Est et des perturbations majeures qu’ont connues les chaînes logistiques et de transport internationaux.

Les entreprises du secteur, en grande majorité des petites et moyennes entreprises, ont souffert grandement de cette conjoncture.

La circulaire du chef du gouvernement, appelant en avril 2022 les maîtres d’ouvrages publics à prendre en considérations ces graves déstabilisations, a contribué à diminuer les impacts sur les entreprises. Mais ses effets ont été restreints, d’une part, par sa portée limitée dans le temps, et d’autre part, par l’attitude de beaucoup de maîtres d’ouvrages publics (essentiellement des établissements publics et des collectivités territoriales) qui n’ont pas fait preuve de compréhension et d’esprit de partenariat.

Les chiffres ne sont pas encore disponibles, mais le secteur a enregistré sûrement une mortalité conséquente d’entreprises. D’autant, que les autres parties prenantes, fournisseurs et banques n’ont guère joué le jeu.

- Des changements structurels du marché se sont-ils produits depuis la crise du Covid ?

- Il est encore très difficile d’établir un diagnostic fiable sur l’état actuel du secteur.

Les annonces récentes ont fait souffler un vent d'optimisme dans la profession

- Comment voyez-vous les perspectives du secteur dans le sillage de la Coupe du monde et de la CAN ?

- Il est clair que ces perspectives, couplées avec les annonces faites lors de Journée d’information du 29 février 2024, annonçant un investissement public de 64 milliards de DH, soit une augmentation de 56% par rapport au programme 2023, soufflent un vent d’optimisme dans les rangs des entreprises.

C’est un élément très important pour encourager la résilience des entreprises, et un effort conséquent d’investissement et de recrutement pour pouvoir répondre à cette demande qui est diversifiée en termes de taille, de localisation régionale et d’expertises nouvelles.

Mais nous sommes confiants que nos entreprises sauront faire face à ces défis. Cependant, il est clair que les enjeux économiques, sociaux et spatiaux des projets programmés nécessitent un accompagnement plus accentué de la part des pouvoirs publics pour lever les contraintes qui continuent de peser sur l’activité des entreprises du BTP.

- Combien d'emplois pourraient-ils être pourvus dans ce secteur ?

- On ne peut pas avancer de pronostics chiffrés. Mais sachez que les deux premières réactions d’une entreprise face à une commande prometteuse sont l’investissement en matériel de production, et en expertises et ressources humaines.

Nous sommes confiants. D’ailleurs la rétrospective des données officielles montre une forte corrélation entre l’évolution de l’activité et celle de l’emploi, certes pas de manière linéaire.

- Malgré les belles perspectives, certains acteurs du secteur sont en mauvaise posture (Stroc, DLM, Sintram). Comment l'expliquez-vous ?

- Nous ne pouvons pas traiter de cas précis, car chaque entreprise est une histoire particulière.

Mais, il est malheureux de constater que l’entreprise du BTP, et notamment la petite et moyenne, mais également celle de taille importante, reste le segment le plus fragile de la branche, et ce, pour plusieurs raisons à la fois réglementaires, financières, procédurales…

Mais, en tant que représentant des entreprises et force de proposition, la FNBTP formule un certain nombre de suggestions :

  • la refonte du CCAGT et du décret sur les avances dans les marchés publics ;
  • l’amélioration du processus de validation des attachements ;
  • le renforcement des dispositifs de financement spécifiques au secteur ;
  • l’évolution des voies de recours pour garantir la transparence et l’équité, ainsi que le traitement juste des différends qui surviennent dans l’exécution des projets ;
  • l’encouragement de l’arbitrage et de la conciliation.

Nos entreprises auront sûrement d’autres pistes d’amélioration à proposer. Nous en débattrons lors de la 6e édition du "BTP Expo & Forum du BTP" que notre Fédération organise, du 29 mai au 1er juin au Marrakech Parc Expo, sur le thème "Construire le Maroc de demain : Horizon 2030".

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Tags : BTP, ciment, FNBTP
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Le 13 mars 2024 à 14h36

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