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La Banque mondiale insiste sur l'importance de l'insertion des femmes dans le marché du travail

La Banque mondiale insiste sur l'importance de l'insertion des femmes dans le marché du travail
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Le 17 novembre 2023 à 14h37 | Modifié 17 novembre 2023 à 15h27

Le taux d'activité des femmes est en baisse constante depuis 2000 pour atteindre 21,7%. Pour la Banque mondiale, c'est un manque à gagner considérable pour l'économie nationale. Un autre phénomène a trait à l'augmentation de l'inactivité des femmes.

Le 16 novembre, la Banque mondiale a organisé une conférence à Rabat pour présenter son dernier rapport de suivi de la situation économique au Maroc. L’occasion pour l’organisation de revenir sur la résilience économique du Royaume depuis trois ans, mais également d’évoquer le fait que certains indicateurs sociaux pourraient être améliorés.

La Banque mondiale est notamment revenue sur le travail des femmes dans la société marocaine. Ces dernières occupent encore une part bien trop faible dans l’économie nationale. Sur le sujet, Federica Marzo, économiste senior au sein de la Banque mondiale, a couvert cet aspect de la conférence en rappelant les bénéfices potentiels d’un plus grand taux d’activité des femmes pour l’économie nationale.

À peine 22% des femmes en âge de travailler participent au marché du travail

Le Maroc ne fait pas exception à la dynamique présente dans la région où le taux d’activité, appelé aussi taux de participation des femmes, est globalement bas, autour des 19%, rappelle Federica Marzo.

Et au Maroc, ce taux d’activité des femmes n'a fait que décroître inexorablement au cours des deux dernières décennies. À titre de comparaison, en l’an 2000, les femmes en âge de travailler de plus de 15 ans avaient un taux d’activité de 25,3%. En 2020, ce taux est descendu à 21,7%. Pourtant, étant donné la composition de la population et les autres indicateurs sociaux, la situation pourrait être différente.

"Au même niveau de revenu par tête, le taux de participation des femmes devrait être plus élevé. Considérant le niveau d’éducation des femmes et le taux de fertilité, ce taux de participation devrait remonter ; or ce n’est pas le cas. Les explications viennent d’une inadéquation de la quantité d’emplois offerts typiquement dans le secteur salarié formel, dans le secteur manufacturier et des services, qui devrait résorber la main d’œuvre féminine. De l’autre côté, ce sont aussi des normes sociales qui ne favorisent pas l’emploi des femmes", estime Federica Marzo.

L’inactivité des femmes qualifiées progresse

Les statistiques l’ont globalement toujours montré, les femmes en milieu rural ont un taux d’activité plus élevé que celles en milieu urbain. En revanche, ces emplois, généralement agricoles, sont principalement non rémunérés.

"En milieu urbain, les femmes ont tendance à travailler moins que dans le milieu rural. 92% des femmes dans le milieu rural travaillent dans l’agriculture, et 72% d’entre elles exercent des emplois informels et non rémunérés. En somme, en milieu urbain, les femmes travaillent moins, mais dans des conditions meilleures. En milieu urbain, 82% des femmes qui travaillent occupent un emploi formel avec des emplois salariés", explique Federica Marzo.

Mais l’un des phénomènes qui est observé depuis une dizaine d’années, c’est l’augmentation de l’inactivité des femmes qualifiées avec des niveaux d’études secondaires et tertiaires. "Si l’on regarde la baisse du taux d’activité des femmes et le stock des femmes inactives, on observe que le poids des femmes éduquées augmente. Dans ce stock d’inactives, constitué à 70% de femmes urbaines avec peu d’éducation, le ratio des femmes éduquées est en train de monter", poursuit-elle.

Ces dernières, malgré leur niveau d’études, sont également plus susceptibles de se retrouver au chômage. "Si l’on regarde le gap entre les femmes et les hommes éduqués, les femmes sont plus vulnérables au chômage. Le taux d’activité entre les hommes et les femmes éduqués varie de 22 points de pourcentage", précise-t-elle.

La Banque mondiale pointe également le fait que le taux d’activité des femmes urbaines mariées recule en général. "Concernant les femmes urbaines et mariées, elles ont une probabilité de 35% de moins de travailler par rapport aux femmes qui n’ont jamais été mariées. On remarque qu’au moment du mariage, il y a une dynamique de sortie du marché du travail, et elles n’y entrent plus", souligne l’économiste senior.

Un taux d’activité de 45% pourrait faire augmenter la croissance d’un point par an

Dans son rapport, la Banque mondiale montre, à travers ses simulations, "que la réalisation des objectifs du Nouveau Modèle de développement, avec un taux d’activité des femmes de 45%, pourrait accroître la croissance de près d’un point de pourcentage par an, et réduire les inégalités de 1 à 2 points de Gini".

Cela permettrait d’arriver à réaliser d’autres objectifs, notamment doubler le PIB/tête, ou réduire fortement les inégalités sociales. "Si on augmentait le taux de participation de 10 ou 20 points de pourcentage, on aurait une réduction des inégalités de l’ordre de 1 à 2 points de Gini (indicateur des inégalités, ndlr) et pour la vulnérabilité, la baisse se situerait entre 1 et 2,5 points de diminution", explique Federica Marzo.

Un changement de paradigme est donc important pour pouvoir assurer une insertion plus forte des femmes dans le monde du travail. Pour rappel, en 2021, S&P expliquait lors d'une conférence que la faible participation des femmes au marché du travail est un obstacle structurel à la croissance au Maroc.

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