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“Nous avons fait des efforts dans l'innovation, mais notre potentiel est dix fois plus élevé” (G. Mezzour)

“Nous avons fait des efforts dans l'innovation, mais notre potentiel est dix fois plus élevé” (G. Mezzour)
Ghita Mezzour, ministre de la transition numérique aux AA2023.
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Le 12 octobre 2023 à 14h23 | Modifié 12 octobre 2023 à 16h28

Lors du panel "Afrique : le moteur de l'innovation", Mehdi Tazi, vice-président de la CGEM, et Ghita Mezzour, ministre en charge de la Transition numérique, sont revenus sur les efforts et les challenges du secteur de l'innovation et des start-up du pays. Des signaux positifs sont perçus, surtout depuis la pandémie, mais la fuite des cerveaux pénalise encore le développement.

Le 11 octobre, aux AA2023 de Marrakech, la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui, et le président de la CGEM, Chakib Alj, ont ouvert un panel sur le thème "Afrique : le moteur de l’innovation".

L'occasion pour différents panélistes spécialisés sur le secteur, dont Mehdi Tazi, vice-président de la CGEM, Ghita Mezzour, ministre en charge de la Transition numérique, ou encore Mohamed Benouda, président fondateur d’ABA Technology, de revenir sur les efforts déployés dans le secteur, et les challenges à relever pour le faire tourner à son plein potentiel.

Le domaine des start-up marocaines se développe progressivement

L’innovation au Maroc passe en partie par les jeunes entreprises innovantes et, depuis plusieurs années, un environnement a été mis en place pour favoriser leur développement et leur succès.

La ministre Ghita Mezzour a d’ailleurs rappelé le dynamisme affiché par cette industrie, avec 15.000 créations d’emploi au cours des deux dernières années, et un rythme qui va crescendo.

"Les start-up sont également importantes. Nous avons beaucoup de start-up dynamiques, qui accomplissent un travail passionnant et mobilisent des fonds au Maroc et à l’étranger. Nous avons un label de 'jeune entreprise innovante' qui leur permet d’avoir des avantages, notamment en matière de change. Beaucoup de choses se passent dans ce domaine', explique-t-elle.

"Nous réussissons à produire 8.000 talents marocains. Nous pouvons aller plus loin, car nous avons une jeunesse douée en mathématiques, en physique. Nous travaillons avec des universités, des plateformes en ligne et nous devons former ces jeunes pour qu’ils puissent intégrer les entreprises technologiques locales ou devenir entrepreneurs. L’élément humain est notre principal atout. Nous avons fait beaucoup d’efforts, mais notre potentiel est dix fois plus élevé que ça. Le monde devrait venir pour investir dans nos start-up. Nous travaillons sur l’accès au marché, le financement, le cadre réglementaire, etc."

Un phénomène de brain drain persistant

Cependant, le Royaume subit encore la fuite des cerveaux, notamment dans le domaine technologique. "Lorsque l’on parle d’innovation, les sociétés internationales viennent exploiter nos talents numériques et élaborer des solutions numériques pour les marchés européens et américains, au détriment du nôtre", souligne la ministre.

Un argument corroboré par le vice-président de la CGEM, Mehdi Tazi. "Nous mettons l’accent sur les talents et en formons 8.000 en informatique, mais nous en perdons 20% qui partent dès le lendemain. Ils vont en Europe, au Canada et disparaissent. Pour les chefs d’entreprise qui emploient des spécialistes de la Tech, le taux de fidélisation est de 70%, ce qui veut dire que 30% partent chaque année, et c’est un véritable problème. Nous devons mieux retenir et former ces personnes. Il y a également un problème de réglementation qui date d’avant l’ère de la transformation numérique. Il faut raccourcir le temps entre la prise de conscience du changement et le changement effectif", explique-t-il.

Écouter son client est primordial

La conférence a par ailleurs permis de bénéficier du retour d'expérience d'un entrepreneur innovant du secteur, et de ses conseils. Il s'agit de Mohamed Benouda, président fondateur d'ABA Technology, une entreprise de construction technologique misant sur la souveraineté industrielle, technologique et sanitaire.

Dans un domaine technologique où chaque entrepreneur cherche une croissance forte, et donc un financement, la plupart des dirigeants de start-up apprennent à pitcher pour convaincre des fonds ou investisseurs à miser sur leur projet.

Sur cette pratique Mohamed Benouda rappelle qu'ABA Technology, forte de 850 personnes dans plusieurs pays, n'a toujours pas levé de fonds. "Chez ABA, la croissance est financée par le cash-flow généré. Les start-up apprennent à pitcher. Je pense que c'est une fausse route. Le plus important est de passer du temps avec le client. Cela permet de ne pas s'éloigner des fondamentaux. Les fondamentaux, c'est comment acheter, produire, délivrer, comment gérer le time to market...", explique-t-il.

Concernant les problématiques de ressources humaines, l'entrepreneur assure ne pas recruter sur diplôme mais sur tests. "On vous donne des use cases à faire durant le week-end, si vous les réussissez, vous intégrez l'entreprise. À partir de là, on croit en vos talents et on vous donne la liberté d'agir, de l'autonomie et de la visibilité sur la carrière", conclut le chef d'entreprise.

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