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OPCVM : les investisseurs attendent les mots de BAM pour se lancer sur le moyen et long termes

OPCVM : les investisseurs attendent les mots de BAM pour se lancer sur le moyen et long termes
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Le 3 mai 2023 à 16h26 | Modifié 4 mai 2023 à 7h00

L'encours des actifs sous gestion a progressé de 10 MMDH depuis le début de l'année, principalement du fait d'une bonne collecte sur les OPCVM monétaires et obligataires court terme, de la hausse des taux et de l'aversion globale au risque. L'appétit au risque devrait revenir rapidement selon un gestionnaire de fonds de la place, notamment après les orientations que livrera le gouverneur de la Banque centrale au prochain conseil au mois de juin.

D’après les derniers chiffres de l’Association des sociétés de gestion et fonds d’investissements marocains (ASFIM) à fin avril, l’encours sous gestion global atteint 511,3 MMDH, en hausse de près de 10 MMDH depuis le début de l’année, soit près de 2%.

Dans un contexte économique globalement incertain et dans une situation de resserrement des taux, comment les investisseurs ont-ils adapté leurs placements ? Un gestionnaire de la place nous livre sa lecture de la situation.

Premièrement, il convient de mettre en perspective cette hausse de l’encours sous gestion en YTD. Notre interlocuteur souligne que "les 10 MMDH de progression depuis début 2023 se décomposent en 25 MMDH de collecte et -15 MMDH de valorisation. La dépréciation des actifs causée par la hausse des taux a impacté négativement les encours sous gestion, car ils sont valorisés aux conditions de marché actuelles".

La hausse des taux opérée en début d’année, notamment sur le marché obligataire a en effet, affecté la valeur des portefeuilles. In fine, la capacité de collecte auprès des épargnants a été globalement bonne sur les 4 premiers mois de l’année.

Hausse de la collecte sur les actifs monétaires et obligataires court terme à fin avril

L’encours monétaire à fin avril atteint 103,4 MMDH, et l’obligataire court terme s’affiche à 68,5 MMDH. Ces deux catégories ont enregistré depuis le 30 décembre, une progression de collecte respective de 14,2 MMDH et 21,7 MMDH. Les autres catégories (actions, contractuels, diversifiés, OMLT, ndlr) ont enregistré un recul.

"Cette progression est complètement liée à une aversion au risque globale. Les investisseurs ne sont pas encore certains que le resserrement monétaire soit terminé, ni que les taux, étant donné les besoins du Trésor et les conditions de taux de façon générale, aient atteint leur maximum. Ils préfèrent donc se réfugier sur les catégories les moins risquées et qui enregistreraient le moins de perte s’il venait à y avoir une hausse des taux", explique notre source.

Néanmoins, cette aversion au risque commence à se tasser progressivement. D’après notre source, depuis la dernière annonce de la Banque centrale, les niveaux de taux deviennent suffisamment intéressants, y compris sur du moyen terme, pour justifier le passage de certains investisseurs du compartiment monétaire au compartiment obligataire court terme. "Cela constitue une première étape pour aller alimenter son exposition au risque, et donc son espérance de rendement. Il y a un regain d’appétit pour les actifs obligataires, car il faut rappeler que nous observons des niveaux de taux jamais vus depuis dix ans", souligne le gestionnaire de fonds.

L’incertitude sur les décisions de politique monétaire freine l’engagement sur l’obligataire moyen long terme

Pour notre interlocuteur, l’absence de communication de Bank Al-Maghrib (BAM), lors de sa dernière décision de politique monétaire, a impacté négativement l’appétence des investisseurs vers les maturités moyen long terme (MLT). En effet, le fait de ne pas avoir eu d’information sur la continuité ou non du resserrement monétaire ne pousse pas les épargnants à s'aventurer, car une potentielle hausse future pourrait impacter la valeur d’un portefeuille où des obligations ont été souscrites à un taux de rémunération inférieur. En somme, un phénomène identique à celui qui s’est produit en début d’année.

"Il faut que les investisseurs soient rassurés par la politique monétaire. Il faut avoir une fenêtre concernant l’aboutissement de cette politique. Un marché s’accommode plus facilement d’une information, même si elle est négative, que d’une absence d’information", explique notre source. Actuellement, les investisseurs ne sont pas aptes à incorporer l’information dans les prix. "Un acheteur peut se dire, dans un cadre de resserrement, qu’il va acheter à 95 une obligation qui vaut 100, car il y a une hausse des taux attendue, mais quand il ne sait pas, il préfère ne rien faire", poursuit-il.

Malgré une abondance de cash sur le marché du fait que certains investisseurs se soient retrouvés cash-rich, notamment avec les tombées importantes de bons du Trésor en avril pour environ 36 MMDH, les décisions de placement s’orientent sur le court terme qui rémunère globalement bien l’attente. Cependant, cette tendance pourrait changer dans les mois à venir.

Les investisseurs sur les starting-blocks pour miser sur le MLT

Malgré la possibilité d’un nouveau resserrement monétaire qui augmenterait une fois de plus l’aversion au risque pendant un temps, notre interlocuteur table sur un retour de l’appétit au risque assez rapide.

"Premièrement, le discours du gouverneur sera plus important que la décision en soi. Nous commençons aussi à voir qu’à l’international le resserrement monétaire est terminé. L’inflation au Maroc amorce sa décrue, les chiffres du chômage ne sont pas réjouissants… Actuellement, quand on regarde la courbe des taux, elle incorpore déjà une hausse éventuelle du taux supplémentaire. La courbe est anormalement pentifiée. Les écarts entre les taux des différentes maturités sont anormalement élevés, alors qu’il y a une année par exemple, elle tendait à plafonner à un moment donné", décrit notre source.

Cela signifie que les investisseurs demandent davantage de prime par rapport à la normale pour aller s’exposer sur une maturité plus longue. Les investisseurs pricent donc une hausse supplémentaire. Mais les craintes des épargnants pour les placements de plus longue durée commencent à se dissiper.

"Certains commencent à se positionner sur le plus long terme. L’abondance de cash joue beaucoup également. De nombreux investisseurs sont stressés, car ils disposent de cash et se disent qu’ils sont en train de rater quelque chose. Le court terme rémunère bien l’attente actuellement, mais il y aura une percée de l’obligataire moyen long terme (OMLT) à un moment donné. Probablement courant T3. Les investisseurs n’osent pas encore tout à fait se positionner sur le 10, 15 ou 20 ans, mais ils ont le doigt sur le bouton", conclut notre interlocuteur. Pour cela, une assurance sur la direction de la politique monétaire sur le reste de l’année est attendue par les institutionnels, et elle pourrait bien se trouver dans les mots du wali de BAM.

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