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Voici les perspectives macroéconomiques de CFG Bank pour 2023

Voici les perspectives macroéconomiques de CFG Bank pour 2023
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Le 15 mars 2023 à 15h46 | Modifié 15 mars 2023 à 17h13

Malgré un contexte économique global peu favorable, la société de recherche table sur une légère hausse de la croissance, poussée par une meilleure campagne agricole. Le déficit budgétaire devrait continuer de se réduire à 4,6% du PIB.

Dans une note diffusée le 14 mars, CFG Bank a dressé ses perspectives macroéconomiques pour 2023. Elle table cette année sur une légère amélioration de la croissance économique, notamment du fait d’une meilleure campagne agricole.

Une situation qui intervient après une année 2022 marquée par une forte inflation et une campagne agricole décevante, entraînant une contraction de plus de 15% du PIB agricole l’an dernier, "impactée par une baisse de la production céréalière non irriguée, fortement tributaire des aléas climatiques", note CFG Bank. La production céréalière était en baisse de 67% par rapport à 2021, à 34 millions de quintaux.

Le tout couplé à une inflation moyenne de 6,6% en 2022, en forte hausse par rapport aux dix dernières années où la moyenne se situait à 1,5%. Cette situation inflationniste a poussé Bank Al-Maghrib (BAM) à revoir sa stratégie accommodante, mise en place pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et assurer une bonne relance de l’économie post-pandémie.

Fin 2022, la Banque centrale avait relevé son taux directeur de 100 pbs à 2,5%. "Bien que la Banque centrale n’ait pas communiqué ses intentions quant à l’évolution du taux directeur dans les mois à venir, tout laisse présager qu’un nouveau resserrement de la politique monétaire courant 2023 n’est pas à exclure", rappelle la société de recherche.

Une croissance en légère progression malgré le contexte difficile

Comme l’indique CFG Bank, "l’année s’annonce difficile, compte tenu des retombées de la sécheresse sévère de la campagne précédente, du renchérissement du coût de financement en lien avec le basculement vers une politique monétaire moins accommodante à partir du T4-2022, et de la poursuite du ralentissement de la demande intérieure sous l’effet d’un maintien des prix des produits de base à des niveaux exceptionnellement élevés".

Il convient de rappeler que le prix des matières premières, même s’il est en légère baisse, demeure à des niveaux supérieurs à ceux observés. Le pays souffrira également d’une baisse de la demande adressée par ses partenaires commerciaux. Une baisse qui provient du ralentissement de la croissance à l’échelle mondiale, et notamment au sein de l’UE qui compte pour 60% des exportations marocaines.

"La zone euro plaide pour une politique monétaire davantage restrictive avec d’autres hausses des taux d’intérêt directeurs comme cela a été précisé par la présidente de la BCE. Ainsi, si cela venait à se matérialiser, nous pourrions assister à un ralentissement plus prononcé que prévu de la demande étrangère adressée au Maroc en 2023", précise CFG Bank. La croissance mondiale devrait passer de 3,4% en 2022 à 2,9% cette année.

"Tenant compte d’une éventuelle hausse de la valeur ajoutée agricole de 9% et d’une progression de 2,7% de la valeur ajoutée non agricole (telles que prévues par le HCP), le taux de croissance du PIB au Maroc devrait légèrement s’accélérer et s’établir autour de 3,3% en 2023, un niveau toutefois inférieur au taux de croissance moyen enregistré sur la période 2000-2019", ajoute la société de recherche.

Concernant les finances de l’État, CFG Bank table sur une amélioration du déficit budgétaire cette année.

Un déficit budgétaire maîtrisé

CFG Bank rappelle qu’avec la réforme progressive du système de compensation, le déficit budgétaire a pu être fortement réduit durant les dix dernières années. Il est passé d’un plus haut de 6,8% du PIB en 2012 à 3,3% en 2019.

Cette dynamique de réduction progressive a été entachée par la pandémie qui a fortement détérioré le déficit budgétaire, le poussant à 7,6% du PIB. "A partir de 2021, nous avons assisté à un redressement progressif du solde budgétaire qui s’est établi à -5,5% du PIB en 2021, puis à -5,1% en 2022 (vs -5,9% prévu par la loi de finances 2022). L’amélioration du déficit budgétaire a été portée par l’augmentation notable des recettes fiscales et la forte progression des recettes des mécanismes de financement innovants/alternatifs", note CFG Bank.

Cela a notamment permis de contrebalancer la forte progression des produits subventionnés, comme le butane durant l’année 2022, qui a fait doubler la charge de compensation, passant de 1,7% du PIB en 2021 à 3% du PIB en 2022. "Selon la Banque centrale, le déficit budgétaire devrait s’établir à 4,6% du PIB en 2023. L’achèvement en 2024 du programme de réforme du système de compensation, amorcé en 2013, devrait permettre d’accélérer le redressement du déficit budgétaire sur les années à venir, et cela, grâce à la substitution de la subvention universelle du sucre et du gaz butane par une allocation de solidarité ciblée, versée aux ménages à revenus modestes", indique la société de recherche.

Mais le contexte haussier des taux alourdit le coût de financement du Trésor. CFG Bank rappelle que "selon la loi de finances 2023, chaque augmentation de 1 point de base des taux d’intérêt sur le marché domestique engendrerait une augmentation d’environ 20 MDH ou de 0,1% des charges en intérêts de la dette intérieure pour l’année 2023, et chaque augmentation de 1 point de base des taux d’intérêt engendrerait un surcoût de 10,6 MDH du total des charges en intérêts de la dette extérieure pour l’année 2023".

La sortie récente du pays de la liste grise du GAFI donnera de la latitude au Maroc pour trouver des sources de financement extérieures et renforcer son positionnement lors de négociations. "Cela permettra également au Royaume d’accéder à la Ligne de Financement Modulable du FMI. Rappelons que le Maroc a tiré les 2 MMDH restants de la LPL du FMI en décembre 2022 pour financer les besoins du Trésor (notamment le remboursement d’une dette souveraine en dollar)", indique la société de recherche, tout en précisant que cela permettra au Maroc de réduire la pression sur le marché domestique de la dette.

Une amélioration de la balance des biens et services 

L’année passée a été marquée par un fort creusement de la balance des biens et services de 46% pour atteindre un déficit de 198 MMDH. Une évolution qui intègre notamment la forte dégradation de la balance commerciale, dont le déficit s’est accru de 56% en raison de la forte progression de la facture énergétique, en hausse de 103% à 153 MMDH, et de la hausse des importations de blé, ainsi que des intrants et produits finis.

Quant à l’impact sur les réserves de change, il a été partiellement compensé par une bonne reprise du secteur touristique, un effet prix favorable sur le phosphate, une bonne dynamique du secteur aéronautique et des exportations du secteur automobile. "S’agissant de la balance des services, son solde excédentaire s’est amélioré de 82% à 114 MMDH, soit un niveau supérieur à celui d’avant-crise (9,6% du PIB en 2022 vs 7,6% en 2019). Cette progression a été principalement portée par le redressement du secteur touristique, en lien avec la réouverture des frontières à partir de février et la levée définitive des restrictions sanitaires aux frontières à partir d’octobre. En effet, les recettes de voyages ont atteint le niveau record de 91 MMDH, après 34 MMDH en 2021 et 79 MMDH en 2019", souligne CFG Bank.

Cette année, le Maroc devrait observer une baisse de sa facture énergétique, en lien avec le recul des cours des hydrocarbures. Il devrait également bénéficier d’une atténuation progressive de l’inflation du fait du tassement des cours des matières premières et d’une diminution des importations de blé, grâce à une campagne agricole qui se profile sous de meilleurs auspices. Bien qu'en léger recul, les transferts de MRE devraient demeurer à des niveaux très élevés, à 105 MMDH selon Bank Al-Maghrib.

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