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Voici le contexte dans lequel va se tenir le prochain Conseil de Bank Al-Maghrib

Voici le contexte dans lequel va se tenir le prochain Conseil de Bank Al-Maghrib
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Le 21 septembre 2022 à 15h47 | Modifié 21 septembre 2022 à 16h26

Hausse de l’inflation, creusement du déficit de la liquidité bancaire, hausse des taux directeurs à l’échelle internationale… sont autant d'éléments du contexte monétaire et économique dans lequel va se dérouler le troisième Conseil de Bank Al-Maghrib de l’année 2022, prévu dans quelques jours.

Le troisième Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) de l’année 2022 se tiendra le 27 septembre pour décider, comme à son accoutumée, de la conduite de la politique monétaire.

La principale décision scrutée est bien évidemment celle relative au taux directeur. Abdellatif Jouahri a tenu bon jusqu'à présent en maintenant un taux directeur inchangé, malgré les pressions inflationnistes.

S'il est risqué d'anticiper la décision que prendra le Conseil de la Banque centrale, on peut néanmoins analyser les facteurs qui influencent actuellement le contexte monétaire et économique. Ces facteurs sont décortiqués dans le dernier Flash pré-Conseil de BAM de CDG Capital Insight.

L'inflation poursuit sa hausse

D’après la société de recherche, le Conseil de BAM intervient dans un contexte national et international très difficile marqué principalement par la montée en puissance de l’inflation à des niveaux historiquement élevés. L’inflation a en effet atteint une hausse de 8% à fin août 2022.

S’ajoutent à cela le fort ralentissement prévu de la croissance économique en dessous de 1% en 2022, en liaison principalement avec le mauvais déroulement de la saison agricole 2021-2022, les réactions restrictives des Banques centrales des pays développés face aux vagues inflationnistes, et leurs impacts aussi bien sur les mouvements de capitaux et les conditions de financement des économies que sur la croissance économique mondiale fortement affectée par la crise Covid-19.

Une course de rétrécissement des politiques monétaires par les Banques centrales est observée depuis quelques mois. Cela se traduit par des injections de liquidités, avec un arrêt de plusieurs  programmes de rachat/refinancement, et des rehaussements du coût de financement avec des hausses, parfois au-delà des anticipations, des taux directeurs.

Les Banques centrales relèvent leurs taux

Les économistes de CDG évoquent la dernière décision de la Banque centrale européenne (BCE), en date du 8 septembre, de relever ses taux directeurs de 75 Pbs, contre une hausse attendue par le marché de 25 Pbs, et l’arrêt de son programme de rachat d’actifs à fin juillet 2022.

Les marchés financiers internationaux sont actuellement sous tension, dans l'attente de la décision monétaire de la Fed qui devrait être annoncée ce mercredi 21 septembre à 18 h GMT. Un relèvement de trois-quarts de points de pourcentage (75 Pbs) est majoritairement attendu. Il s’agirait de la troisième hausse de cette ampleur après les réunions de juin et juillet.

D’autres faits majeurs caractérisent également le comportement des sphères monétaire, financière et réelle de l’économie nationale ; en l’occurrence, un creusement du déficit de la liquidité du secteur bancaire, une reprise des crédits accordés au secteur privé et, enfin, des perspectives favorables pour l’année 2023.

La reprise des crédits accordés au secteur privé concerne particulièrement les comptes débiteurs et les crédits de trésorerie et à l’habitat. Quant aux crédits destinés à l’équipement et à la promotion immobilière, ils sont en repli. D’après CDG Capital, cette situation reflète le fait que la reprise demeure toujours fragile et essentiellement destinée à maintenir le fonctionnement de l’existant à la place du financement de la formation brute de capital fixe.

Les perspectives pour l’année 2023 sont favorables, avec une reprise de la croissance économique sur la base d’une hypothèse de saison agricole moyenne autour de 75 millions de quintaux et un retour de l’inflation à des niveaux largement inférieurs aux pics actuels, compte tenu de l’effet de base exceptionnellement élevé.

Zoom sur le creusement du déficit de la liquidité du secteur bancaire

Le déficit de liquidité du système bancaire se creuse davantage au troisième trimestre. La moyenne hebdomadaire du déficit est passée de -64,2 milliards de DH enregistré en février à -94,2 MMDH en juillet 2022, soit une hausse de 30 MMDH enregistrée en cinq mois.

Comme souligné par les économistes, la hausse du déficit de la liquidité du secteur bancaire s’explique par une détérioration conjuguée de deux facteurs autonomes de la liquidité bancaire (FALB), en l’occurrence une accélération de la circulation fiduciaire (+15 MMDH en mois de juin et juillet 2022) et une légère augmentation des créances nettes sur l’Etat (+7 MMDH en mois de juillet 2022) en liaison avec les besoins de financement importants de la sphère publique.

CDG note que, malgré la forte détérioration du déficit commercial, les avoirs officiels de réserve se sont améliorés de 5 MMDH en juin et juillet 2022, après un recul de 3 MMDH enregistré au mois de mai.

De plus, les variations des FALB, particulièrement de la circulation fiduciaire et des avoirs officiels de réserve, sont liées à des conditions particulières, notamment la célébration de Aïd al-Adha en juillet, la période estivale qui accélère le niveau du cash en circulation, le retour des MRE et le fort rebond du tourisme qui ont renforcé les encaissements des banques en devises.

Dans ces conditions, BAM a augmenté l’encours de ses interventions auprès des banques, passant à une moyenne d’environ 107,6 MMDH enregistrée au mois de juillet 2022 contre 91,4 MMDH et 90,8 MMDH respectivement en mai et juin.

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