Les investisseurs se retirent des OPCVM et se réorientent vers les OPCI
L’actif net sous-géré par les OPCVM est en baisse depuis début 2022, principalement du fait de la dépréciation des fonds Actions et OMLT. D’après un gérant de fonds de la place, les investisseurs se retirent des OPCVM et se réorientent vers les OPCI.
L’actif net total sous-géré par les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) a enregistré une baisse de 5,5% depuis début 2022 jusqu’au 2 septembre 2022, en se situant à 560,2 milliards de DH, d’après les dernières statistiques publiées par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).
A noter qu’entre le 26 août et le 2 septembre, le volume des rachats s’est fixé à 26,4 MMDH contre 20,5 MMDH pour les souscriptions, d’après la même source.
La baisse de l’actif net des OPCVM est liée à la dépréciation des fonds Actions et Obligations moyen et long terme (OMLT). Ces OPCVM ont lâché respectivement 8,2% à 43,2 MMDH et 14,1% à 278,8 MMDH, depuis début 2022.
Joint par LeBoursier, un gérant de fonds de la place explique ces évolutions : “Globalement, l’évolution des OPCVM est impactée par les difficultés macroéconomiques. Il y a principalement deux compartiments qui sont les plus impactés. Il s’agit des fonds Actions et OMLT. Il y a un manque d’opportunité de placement sur ces deux compartiments.”
Les investisseurs basculent vers les OPCI
“Les OPCVM Actions baissent à la suite de la dépréciation des principaux indices boursiers, à cause des perspectives d’évolution des sociétés cotées qui demeurent floues. Certains secteurs souffrent d’une pression sur leurs marges à cause de l’inflation. Il y a du coup des doutes par rapport à l’évolution de la masse bénéficiaire, ce qui pourrait peser sur le rythme de distribution des dividendes. Et ce qui se passe à l’échelle internationale ne fait qu’augmenter ces risques-là”, explique notre interlocuteur.
De leur côté, les fonds Taux, spécialement les OMLT, sont “influencés par les pressions budgétaires et inflationnistes. Le marché table sur une hausse des taux. En attendant d’avoir plus de visibilité, les investisseurs sortent des OMLT et décident soit de garder leur argent, soit de le placer sur les OCT ou le monétaire, soit de le placer sur les OPCI”.
“C’est dire si les deux compartiments (Actions et OMLT, ndlr) se portent mal. Cela incite les investisseurs à se retirer et à se réorienter vers d’autres classes d’actifs, notamment les OPCI qui offrent un rendement quasi certain. Les OPCI sont moins risqués et plus performants en comparaison avec les OPCVM qui affichent des pertes cette année. Les OCT, de leur côté, restent un petit peu moins risqués vu qu’ils sont moins sensibles à la hausse des taux. Le Monétaire accueille lui aussi une partie de l’argent qui était placé sur les OMLT et les Actions”, souligne-t-il.
A noter que d’après les dernières données publiées par l’AMMC, l’encours des OPCI a marqué une hausse de 73,6% en YTD pour atteindre 37,5 MMDH à fin juillet 2022.
L’actif net sous-géré par les autres catégories d’OPCVM s’affiche en hausse. La plus forte appréciation est dégagée par les OPCVM Contractuels et les Obligations court-terme (OCT) qui ont augmenté de 50,4% à 2,4 MMDH et 13% à 85,1 MMDH, en ordre respectif. Elles sont suivies par les OPCVM Monétaires qui ont avancé de 6% à 85,8 MMDH pendant la même période.