img_pub
Rubriques

Les perspectives macro-économiques nationales vues par Ahmed Zhani (CDG Capital)

Les perspectives macro-économiques nationales vues par Ahmed Zhani (CDG Capital)
Par
Le 17 mai 2022 à 19h48 | Modifié 17 mai 2022 à 19h48

Le contexte économique global et l’inflation galopante continueront d’impacter le Maroc. L’inflation est principalement portée par la composante importée et alimentaire et induira une baisse de la demande intérieure comme extérieure. Le Maroc navigue au milieu de grosses contraintes.

L'Association Professionnelle des Sociétés de Bourse (APSB) et la Bourse de Casablanca ont démarré ce 17 mai, la 3ème édition du cycle de conférences sur les résultats et les perspectives des sociétés cotées.

Dans ce premier webinaire organisé, la thématique de l’analyse macroéconomique a été abordée par Ahmed Zhani, directeur de la recherche macroéconomique chez CDG Capital. Cette intervention prend place dans un contexte politico-économique global incertain, marquée par la forte montée de l’inflation à l’échelle mondiale poussée par une hausse notable des matières premières (gaz, pétrole, métaux), catalysée par la guerre en Ukraine.

Dans sa présentation intitulée « Perspectives économiques et taux, ‘Équilibres fragiles dans un contexte global tendu’ », Ahmed Zhani est revenu en détail sur cet environnement international tendu et les répercussions qu’il a sur le royaume tant sur le plan économique que monétaire.

Un environnement international complexe et des conséquences pour le Maroc

Le directeur de la recherche macroéconomique chez CDG Capital est revenu sur les principaux facteurs qui caractérisent les dynamiques internationales actuelles. « Il s’agit d’abord d’une envolée des prix des matières premières énergétiques, le fort accroissement des coûts du fret et la perturbation des chaînes de valeurs. Cette dernière avait commencé en 2021, mais a été exacerbée après le début de la crise en Ukraine » explique-t-il. « La politique zéro covid de la Chine vient encore plus perturber les chaînes de valeurs et nous laisse croire que la conjoncture internationale demeure difficile et encore entourée d’incertitude » explique l’intervenant.

Il convient de rappeler que le contexte international est naturellement marqué par la guerre et le resserrement marqué des politiques monétaires en réaction à la forte inflation. Les prix du gaz et du pétrole ont en effet explosé depuis le début de l’année, notamment depuis le début de la guerre. Ce contexte n’impacte évidemment pas seulement le Maroc, mais aussi ses partenaires économiques, notamment la zone euro qui voit sa demande diminuer. « L’inflation dans la zone euro devrait enregistrer un pic de 5,1% en 2022 avant de redescendre en 2023 » note Ahmed Zhani. Cela a engendré l’annonce d’un resserrement de politique monétaire dès le S2-2022 et donc un début de tendance haussière des taux obligataires. « Cela fera que les conditions de financement du Maroc au niveau international devront se rétrécir » précise l’intervenant.

In fine, les trois facteurs majeurs que sont la hausse des matières énergétiques, le ralentissement de la demande étrangère et le rétrécissement des conditions de financement à l’international, impacteront les équilibres macroéconomiques du Maroc. Cela se traduira notamment par un ralentissement de la croissance économique, un creusement du déficit commercial et une hausse de l’inflation.

Des équilibres macroéconomiques mouvementés

D’autres facteurs conditionneront l’évolution de l’économie nationale cette année. « En 2022, il reste également le risque de sécheresse qui est très important, impliquant une baisse de la valeur ajoutée agricole » explique Ahmed Zhani. Cette dernière devrait baisser à des niveaux de -18% après une année 2021 exceptionnelle. « La croissance non agricole devrait être impactée notamment au niveau du secteur secondaire avec une érosion des marges pour certains acteurs du fait de la hausse des prix des intrants. Néanmoins, un redressement devrait s’observer sur le secteur tertiaire, mais à un rythme moindre qu’en 2021, principalement soutenu par la reprise du tourisme et des transports » explique Ahmed Zhani.

A cela s’ajoute naturellement la hausse généralisée des prix sous l’effet de la composante alimentaire et importée au niveau national et international. L’intervenant rappelle que l’inflation alimentaire enregistre à fin mars un pic historique à 9,1% en glissement annuel. « La prévision concernant l’inflation globale reste assez élevée pour cette année et est anticipée à 5% » explique-t-il.

La demande devrait ralentir dans le pays cette année, particulièrement celle des ménages, du fait d’un taux de chômage toujours élevé au-delà des 12%, de l’affaiblissement de la croissance des transferts de MRE et de la faible reprise des crédits. Une faible demande devrait également parvenir de nos partenaires économiques européens dans un contexte de conjoncture difficile.

La situation viendra donc perturber les équilibres extérieurs. « Un renchérissement du prix des importations sera observé, accompagné d’une hausse modérée des exportations. Cela donnerait un creusement important du déficit commercial qui devrait dépasser les 200 MMDH » souligne l’intervenant.

Un cadre monétaire globalement stable

Une pression haussière est actuellement observée sur les taux, alimentée par l’importance du besoin du Trésor et par les pressions inflationnistes. « Pour ce qui est du cadre monétaire, les prévisions reflètent une stabilité. Le creusement de la liquidité ne devrait pas s’aggraver fortement, si l’on se base sur la prévision d’une amélioration des réserves de change qui devrait compenser l’accroissement de la circulation fiduciaire » explique Ahmed Zhani.

Pour CDG Capital, la transmission des deux baisses de taux directeur opérées en 2020 est incomplète, au vu de l’évolution des taux débiteurs et de la distribution des crédits. « Notamment les crédits à la consommation et les prêts immobiliers et partiellement pour les crédits de trésorerie et d'équipement » précise l’intervenant.

La stabilité monétaire attendue cette année est également justifiée par un caractère passager de l’inflation. CDG Capital rappelle que ses origines n’émanent pas d’une hausse de la demande ou de la création monétaire, mais bien d’une composante importée et d’un choc alimentaire côté offre en raison de la mauvaise campagne agricole.

Sur le plan des finances publiques, les équilibres structurels se redressent selon l’intervenant. « On voit que la tendances des charges est toujours haussière et que les recettes se redressent graduellement et réduisent le déficit ordinaire. Une baisse du déficit est prévue, mais tant qu’il demeure à un niveau qui dépasse la croissance, on devrait toujours avoir une alimentation du stock d’endettement » explique Ahmed Zhani.

Pour CDG Capital, le scénario central de la courbe des taux cette année serait un maintien du taux directeur inchangé de la part de BAM à 1,5%. Ce scénario est notamment basé sur une bonne maîtrise du Trésor public avec une demande stable de la part des opérateurs et une réalisation partielle des objectifs des financements extérieurs du Trésor (objectif de 40 MMDH en 2022, ndlr). In fine « cela devrait entraîner une stabilité de la partie courte de la courbe et une hausse supplémentaire des segments moyen et long termes » explique CDG Capital.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 17 mai 2022 à 19h48

Résultats marché

MASI Pts

Marché de change

Journée du 01-05-2026

à lire aussi

En Bourse, le secteur de la distribution sous-performe par rapport au MASI
Actus

Article : En Bourse, le secteur de la distribution sous-performe par rapport au MASI

Le secteur de la distribution a débuté l’année positivement, mais l’indice MASI Distribution a chuté de 3,33% depuis le 10 février. Ce repli résulte d’une consommation sous pression et d'une prudence accrue des investisseurs.

Cosumar. En 2024, une croissance portée par l’export et une amélioration de l’endettement
Actus

Article : Cosumar. En 2024, une croissance portée par l’export et une amélioration de l’endettement

Cosumar clôture l’année 2024 avec des résultats soutenus par une dynamique positive sur le marché local et international, ainsi que par la mise en service de la raffinerie de Sidi Bennour.

Le marché termine en baisse de 1,2%
La séance du jour

Article : Le marché termine en baisse de 1,2%

Impact des résultats financiers trimestriels Le 28 février 2025, suite à la publication des résultats financiers trimestriels, l'indice MASI de la Bourse de Casablanca a […]

Lancement d'une opération d'échange de valeurs du Trésor de 614,4 MDH
Actus

Article : Lancement d'une opération d'échange de valeurs du Trésor de 614,4 MDH

La Direction du Trésor et des finances extérieures, relevant du ministère de l’Économie et des Finances, a procédé le jeudi 27 février à une opération d’échange de bons du Trésor d’un montant de plus de 614,4 millions de DH, dont le règlement est prévu pour le 3 mars 2025.

ACAPS. Les primes collectées en 2024 en hausse de 5,3%
Actus

Article : ACAPS. Les primes collectées en 2024 en hausse de 5,3%

Le marché marocain de l'assurance a enregistré une progression de 5,3% en 2024, avec un total des primes collectées atteignant 59,7 MMDH. Cette croissance est portée par l'assurance vie et l'assurance non-vie, selon les dernières statistiques de l’ACAPS.

La prime de risque baisse à 6,5% au 1er semestre de 2025 (BMCE Research )
Actus

Article : La prime de risque baisse à 6,5% au 1er semestre de 2025 (BMCE Research )

BMCE Research retient une prime de risque de 6,5% pour le premier semestre 2025, en baisse par rapport à septembre 2024. Pour mieux refléter la dynamique actuelle du marché, dominée par des facteurs techniques, l’évaluation repose désormais sur une méthode par sondage.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité