Les Etats-Unis annonce un embargo sur le pétrole russe
Le président américain Joe Biden a annoncé mardi que les Etats-Unis interdisaient les importations de pétrole et de gaz russes, une décision majeure dans le cadre des efforts des Occidentaux pour accentuer la pression internationale contre le président russe Vladimir Poutine face à l’invasion sanglante de l’Ukraine.
“La Russie pourrait continuer à accentuer ses avancées avec un coût horrible, mais une chose est déjà claire: l’Ukraine ne sera jamais une victoire pour Poutine. Poutine pourrait être capable de prendre une ville, mais il ne sera jamais en mesure de contrôler le pays”, a dit Joe Biden devant des journalistes à la Maison blanche.
Jusqu’alors, le secteur énergétique de la Russie, premier exportateur mondial de pétrole et de gaz naturel, avait été épargné par les sanctions occidentales, ce qui n’avait pas empêché une flambée sans précédent des cours du brut sur les marchés mondiaux, qui s’est encore amplifiée avec l’annonce de Washington.
Une décision similaire a été prise par la Grande-Bretagne, qui a fait savoir qu’elle arrêterait ses importations de produits pétroliers russes d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, la major britannique Shell a annoncé qu’elle renonçait à acheter du pétrole russe.
S’ils ne semblent pas prêts à prendre une mesure aussi radicale, alors que 40% de leurs importations de gaz viennent de Russie, les pays de l’UE entendent réduire eux aussi rapidement leur exposition. Un plan présenté mardi par la Commission européenne juge possible une réduction des deux tiers des importations de gaz russe dès cette année et leur fin “bien avant 2030”.
A Moscou, le vice-Premier ministre Alexandre Novak a menacé de fermer le robinet du gazoduc Nord Stream 1 qui alimente l’Allemagne et prédit que le prix du baril de pétrole atteindrait 300 dollars (contre 125 mardi et moins de 100 avant l’invasion de l’Ukraine) en cas de sanctions.
Le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck, lui a répondu en assurant que Berlin était prêt à faire face à une telle mesure de rétorsion, tout en promettant de diversifier les sources d’énergie de l’Allemagne “à la vitesse d’une Tesla”, par allusion à la construction en deux ans par la société américaine d’une giga-usine de batteries près de Berlin.
(Avec Reuters)