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Guerre en Ukraine : Le cours du blé flambe, quels impacts au Maroc ?

Guerre en Ukraine : Le cours du blé flambe, quels impacts au Maroc ?
B.B
Le 26 février 2022 à 8h00 | Modifié 26 février 2022 à 8h00

Le cours de la tonne de blé a augmenté de 10% le 24 février à l’annonce de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Les deux pays comptent pour près du tiers des exportations mondiales de blé. Même si le Maroc importe de cette région, aucune pénurie n’est envisageable. La hausse des prix est observée depuis fin août 2021. Elle pourrait impacter plus lourdement que prévu les finances publiques.

La guerre qui sévit en Ukraine a jeté encore plus d’inquiétudes économiques dans un contexte déjà tendu, avec la hausse généralisée des prix des matières premières.

L’éclatement de la guerre jeudi a fait bondir les cours du baril de Brent qui a franchi la barre des 103 dollars, un record depuis 2014. Les inquiétudes se propageaient également autour du gaz, notamment en Europe, dont la Russie est le principal fournisseur.

Une autre composante inquiétante, c’est la hausse du cours du blé. La céréale phare a connu une envolée jeudi sur les marchés internationaux, grimpant jusqu’à 344 euros la tonne sur Euronext avant de clôturer vers 316 euros, en hausse de 10% par rapport à la veille. L’inquiétude vient également du fait que la Russie et l’Ukraine sont des greniers pour l’Europe avec des positions respectives de 1er et 4ème exportateurs mondiaux de blé. A eux seuls, ils représentent entre 25% et 30% des exportations mondiales de blé. Une guerre durable entre les deux pays pourrait signifier des perturbations d’approvisionnement en blé et donc alimenter une hausse des prix dans la durée.

Une tendance haussière des prix amorcée depuis septembre 2021

Jeudi 24 février, les marchés ont réagi dans la panique au déclenchement de la guerre en Ukraine. Mais la tendance haussière du prix du blé s’était amorcée bien avant, lors de la reprise de la demande mondiale.

Contacté, Abdelkader Alaoui, président de la Fédération Nationale de la Minoterie (FNM), nous explique : « Les cours mondiaux ont flambé depuis le mois de septembre, juste après les récoltes européennes, mais aussi canadiennes et américaines qui étaient mauvaises à cause de la sécheresse. Nous sommes passés de 220$ la tonne pour le blé tendre à 300-320$ en octobre et novembre. Naturellement, cette guerre affecte le cours car ces pays assurent près du tiers des exportations en blé ».

Dans ce contexte, le Maroc a-t-il quelque chose à craindre tant sur l’approvisionnement que sur les prix ? Il faut rappeler que le royaume, quelle que soit la saison agricole, bonne ou mauvaise, importe des céréales chaque année, dont du blé, notamment de Russie et d’Ukraine.

Un risque mitigé par un approvisionnement diversifié

Chaque année, le pays importe en général entre 40 et 45 millions de quintaux de blé (tendre et dur). Si l’approvisionnement en Russie ou en Ukraine pourrait être perturbé cette année, le risque de pénurie n’est pas envisagé.

« Le Maroc importe de toutes origines et pas seulement d’Ukraine ou de Russie. Cette région représente environ 25% de nos importations de blé. Le reste provient du marché européen, d’Argentine, le Canada pour le blé dur, etc… Au Maroc, des achats massifs ont été effectués depuis novembre, nous disposons de plus de 4 mois de stocks. Il y a de quoi voir venir jusqu’au mois de juin » explique Abdelkader Alaoui.

Si ces marchés se retrouvent perturbés, le Maroc dispose en réalité d’autres leviers d’approvisionnement. « Cette situation a d’ailleurs été vécue en 2021 avec le Canada qui a connu une baisse de 30% de sa production. Si cette année, le Canada fait une bonne récolte, et que l’approvisionnement en Ukraine ou en Russie est compliqué, nous nous redirigerons vers les marchés porteurs » explique le président de la FNM.

Un poids supplémentaire sur les finances publiques

Si les importateurs sont les premiers à en subir les conséquences, in fine, ce ne sont pas eux qui subiront les effets négatifs d’une hausse des cours du blé et des céréales en général. « Pour les minotiers, l’impact sera nul. Pourquoi ? Car nous avons un prix de référence. Tout ce qui est au-delà de ce prix de référence, c’est l’État qui en supporte le coût. Le consommateur et l’éleveur ne doivent surtout pas sentir cette variation de prix sur son pouvoir d’achat » explique Abdelkader Alaoui. In fine, c'est l’État qui règle la différence entre le coût de revient du blé tendre et le prix de cession à la minoterie.

Cette année, la campagne agricole s’annonce assez médiocre étant donné le faible niveau de précipitations. Des niveaux moindres que les 75 millions de quintaux de la loi de Finances sont désormais attendus. Cela signifie que les importations seront plus importantes que lors d’une année de bonne récolte, qui plus est, dans un contexte où le cours de la tonne de blé tendre a augmenté de 20% depuis la fin août 2021.

Néanmoins, cette hausse des cours des céréales et notamment du blé observée lors de la déclaration de guerre le 24 février, demeure cependant exceptionnelle. Nul ne sait si cette tendance se poursuivra sur le long terme. A l’heure où ces lignes sont écrites, vendredi 25 février, le cours de la tonne de blé diminuait de 6,32% à 296,5 euros.

« Les marchés réagissent très fortement à toutes les nouvelles. Aujourd’hui, la prime a baissé, elle était à +50 et elle est tombée à -18. Dès que l’on parle d’une médiation à la situation en Ukraine, d’une rencontre ou autre chose, les cours baissent. C’est très volatil » conclut notre source. Le baril de Brent a également baissé dans la journée du 25 février, repassant sous la barre des 98 dollars.

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