Taqa Morocco : Une valeur qui s’annonce toujours résiliente en 2022
La prorogation jusqu’en 2044 du contrat d’achat et de fourniture d’électricité donne de la visibilité aux investisseurs sur les cash-flow du groupe. La profitabilité du groupe s’est améliorée à fin juin 2021 malgré la baisse du chiffre d’affaires, démontrant sa résilience. En 2022, les principaux relais de croissance seront les énergies vertes et une meilleure gestion des charges d’exploitation et de maintenance.
Le groupe a affiché des indicateurs globalement satisfaisants en 2021. A fin septembre 2021, le chiffre d’affaires du groupe était en baisse de 9% par rapport à la même période en 2020 à 5 478 millions de dirhams. D’après la communication financière du groupe, la baisse du chiffre d’affaires est expliquée par la réalisation de la révision majeure planifiée de l’Unité 6 de 61 jours contre 70 jours initialement prévus dans le plan de maintenance.
Néanmoins, le groupe dispose de différents arguments rassurants concernant son activité, notamment la forte visibilité sur ses cash-flows et sa capacité à défendre sa profitabilité.
Source: medias24.com
En bourse, Taqa Morocco a affiché une hausse modérée de 14,75% en 2021. Depuis le début de l’année, le cours enregistre une croissance de 17% à 1 233 dirhams le titre. Cependant, le titre est plus une valeur de rendement et de sécurité, que de croissance.
Une visibilité sur les cash-flows et une bonne profitabilité
Le groupe donne en effet beaucoup de visibilité à ses investisseurs quant à ses cash-flows jusqu’en 2044. En effet, le 24 janvier 2020, l’opérateur a scellé avec l’ONEE une prorogation de leur contrat d’achat et de fourniture d’électricité produite par les unités 1 à 4 de la centrale thermique Jorf Lasfar.
Malgré la baisse de son chiffre d’affaires à fin septembre, la valeur rassure le marché. Dans un précédent article, une source du marché expliquait à LeBoursier : « les réalisations publiées à fin septembre suivent la même tendance observée au 1er semestre. La baisse du chiffre d’affaires comme expliqué par le groupe est liée à la révision majeure planifiée de l’Unité 6. Cela reste un évènement périodique. De plus, une partie de la baisse causée a déjà été compensée au cours de ces premiers mois. D’ici la fin de cette année, cette baisse serait davantage amortie ».
Au premier semestre, malgré une baisse de 13,7% du chiffre d’affaires, il convient de souligner que le groupe a pu conserver une bonne profitabilité en augmentant de 3,5% son résultat net part du groupe à 444 MDH. Cela a notamment résulté d’une bonne tenue du résultat d’exploitation sur la période en baisse contenue de 2,2% seulement et surtout d’un taux de marge opérationnelle en progression, passant de 27,4% à 31,1%. Dans une note publiée suite aux résultats, la société de recherche Attijari Global Research notait : « À l’origine, nous relevons essentiellement l’acquisition du charbon sur le marché international à un coût moyen inférieur à celui de l’indice de référence API 2 ». Un résultat net en hausse de 10,6% est attendu en 2021 à 893 MDH selon les projections de la société de recherche.
Des hausses de capacités de production et un pivot vers les énergies vertes
Le groupe pourra capitaliser sur différents facteurs de croissance cette année en plus de son activité déjà résiliente. Cela passe dans un premier temps par l’amélioration de la disponibilité de ses unités. Comme l’expliquait son PDG, « pour ce qui concerne les perspectives de croissance de Taqa Morocco au niveau du site Jorf Lasfar, d’ici la fin de l’année, on prévoit une disponibilité qui va être conforme à nos réalisations actuelles à savoir on est dans un haut niveau en termes de disponibilité. Jusqu’à présent, notre plan de maintenance exécuté est en ligne avec notre modèle économique ».
Concernant les unités du groupe, BKGR note dans sa stratégie annuelle 2021-2022 que l’un des points positifs est la poursuite de la digitalisation de Taqa dans l’objectif d’augmenter les cycles des unités (8 ans actuellement) de 2 à 3 ans. La société de recherche note que « cela devrait permettre de générer des gains substantiels en termes de coûts de maintenance et de croissance des revenus ». La maîtrise des charges passera également par d’autres leviers, comme l’optimisation du cycle de combustion pour en limiter la quantité consommée.
L’année 2022 sera également tournée vers les énergies renouvelables en termes de relais de croissance. C’est d’ailleurs ce qu’avait annoncé le PDG du groupe : « les perspectives de croissances pour 2022 vont être axées essentiellement sur les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien. Nous allons également suivre l’évolution de la loi 13 09 ISO pour développer des sites éoliens au Maroc». Le groupe a d’ailleurs annoncé qu’il allait soumettre fin septembre 2021 une offre pour un site de production d’énergie solaire à l’appel d’offres de Masen. BKGR précise que ce projet concerne « une capacité globale en solaire de 400 MW dont un max de 100 MWH par soumissionnaire pouvant lui permettre de contribuer au développement d’une centrale photovoltaïque au Nord ou centre du Maroc ». En ce sens, et concernant les capacités futures de production, la feuille de route sera présentée à la presse lors de la publication des résultats annuels en mars 2022.
Tout cela laisse planer une bonne soutenabilité du dividende. BKGR anticipe un yield de 3,4% en 2021 et de 3,8% en 2022.