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CDG Capital passe en revue la hausse des prix des intrants et leurs impacts sur les secteurs cotés

CDG Capital passe en revue la hausse des prix des intrants et leurs impacts sur les secteurs cotés
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Le 26 janvier 2022 à 19h26 | Modifié 26 janvier 2022 à 19h26

En 2021, le redémarrage de l’économie et les perturbations logistiques ont fait exploser les prix des intrants. Pétrole, gaz, fret, métaux… De nombreux secteurs sont impactés par ces hausses qui ont affecté les entreprises nationales. En 2022, les premiers consensus penchent vers un niveau significatif d’inflation, dans un contexte encore volatil.

Dans un document de recherche diffusé le 21 janvier, CDG Capital passe en revue les éléments conjoncturels des principaux secteurs cotés. Ce document traite notamment de la forte hausse du prix des intrants qui a eu lieu en 2021 suite à la hausse de la demande mondiale et aux perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.

La société de recherche note que dans ce contexte, « il en résulte une forte tension sur les matières premières et énergétiques, une envolée du taux du fret maritime, une fragilité de la chaîne d’approvisionnement (déjà impactée par l’arrêt de production pendant la crise sanitaire) et un allongement des délais de livraison ».

Désormais, l’année 2022 est entamée avec la crainte d’une poursuite de hausse généralisée des prix. CDG rappelle que cette situation est particulièrement palpable aux États-Unis « où l’inflation a enregistré à fin 2021, un taux de 4,7%, soit son plus haut niveau depuis 1982, et où les prévisions tablent pour l’année 2022 sur un taux de 4,6%, selon Bloomberg ». L’inflation a notamment impacté plusieurs sociétés cotés dans différents secteurs à la bourse de Casablanca, même si cette dernière a évolué dans une moindre mesure en 2021 (1,4% selon Bank Al Maghrib, ndlr).

Une multiplication par 5 des coûts du fret par rapport à la période pré-covid

La société note que la reprise de la demande mondiale a notamment poussé à la hausse les coûts du fret. En 2021, l’indice composite World Container de Drewry (cabinet de conseil en recherche maritime, ndlr) s’est affiché au prix de 7.555,2 dollars le conteneur, « soit une forte hausse de 248% par rapport à l’année 2020, et un saut +435% par rapport à 2019 » indique CDG Capital, en précisant qu’un pic de 10.236 dollars a été atteint au mois de septembre 2021.

Cette hausse spectaculaire a été générée par le redémarrage de l’économie chinoise ayant entraîné une pénurie de conteneurs et donc une flambée des tarifs d’expédition et des retards de livraison. « De ce fait, l’appréciation des coûts de transport maritime aussi bien pour l’import que l’export combiné à une forte appréciation des matières premières devrait peser sur les charges des industriels marocains, » indique CDG Capital. Nombreux ont d’ailleurs connu des pénuries ou des retards dans les livraisons de marchandises, comme Disway nous l’expliquait à la fin du mois d’octobre 2021.

La société de recherche indique néanmoins qu’une légère accalmie a été observée. « A partir d’octobre 2021, l’indice s’est stabilisé pour atteindre un prix moyen de 9.227,3 dollars pour un conteneur de 40 pieds à fin Décembre » note-t-elle. Une diminution qui a été notamment conduite par la décision de la compagnie d’affrètement CMA-CGM de suspendre toute hausse des taux de fret spot pendant 6 mois (de septembre 2021 à février 2022).

Une flambée ressentie sur les matériaux de construction

En 2021, la flambée des prix a également concerné le charbon, le petcoke et la ferraille avec des progressions respectives de 127,3%, 71% et 72,3%.

Cette progression a notamment été causée par « la reprise économique mondiale, principalement chinoise (un des principaux consommateurs de la ferraille et du petCoke) ainsi que la baisse des niveaux d’approvisionnement » explique CDG Capital. Le charbon a établi un record en octobre avec un coût de 246 dollars la tonne, du jamais vu depuis 2010.

D’autres hausses notables concernent notamment la ferraille. La société de recherche note que « selon les derniers chiffres publiés par l’Office des Changes à fin septembre 2021, les importations de la ferraille ont connu une hausse de 59,9% à fin septembre à 429,8KT ». Si les importations de rond à béton étaient quant à elles, quasi nulles, CDG souligne que « côté prix, nous signalons une hausse des prix moyens du rond à béton de 21,2% à 9,2 MAD/kg, en ligne avec l’augmentation des prix à l’échelle internationale suite à la forte demande mondiale en acier ».

Le redémarrage économique a boosté le prix des produits énergétiques

L’an dernier, le redémarrage de l’économie mondial a poussé la demande mondiale en produit énergétique pour alimenter ses industries. Le Brent a augmenté de 66,5% à 70,5 dollars le baril à fin décembre. Actuellement, ce dernier a poursuivi son augmentation en frôlant 90 dollars le baril. Parallèlement, « les cours moyens de l’essence et du diesel ont évolué de 78,3% et 57,6% à 668,2 $/MT et 588,3 $/MT respectivement ».

D’après les derniers chiffres de l’Office des Changes, cela a impacté les importations du pays. Si les celles concernant le fioul ont baissé de 31,4%, la société de recherche rappelle que « celles du propane, essence, gasoil et du gaz naturel ont évolué de 44,9%, 21%, 17,4% et 14,4% respectivement. Ceux du Charbon ont affiché une légère hausse de 0,9% à 8 millions de tonnes au T3-2021 ».

Des répercussions qui ont impacté industriels nationaux et citoyens. CDG Capital souligne que : « Au niveau local, les prix du gasoil et de l’essence ont augmenté de 1 DH et 1,5 DH, pour atteindre des prix moyens aux alentours de 9,3 DH/L et 10,8DH/L respectivement. Une hausse favorisée par la reprise économique nationale ».

De son côté, il convient de signaler que le cours moyen du gaz naturel a évolué de +98,4% en 2021.

Forte hausse des prix des métaux de base pour assurer la reprise industrielle

En 2020, l’incertitude économique avait fait exploser les cours des métaux précieux, perçus comme des valeurs refuges. En 2021, avec le redémarrage économique et la forte hausse de la demande industrielle, ce sont les métaux de base qui ont évolué positivement. « En effet, le cours moyen du cuivre, zinc et plomb, ont grimpé de 50,7%, 32,4% et 20,6% respectivement » note CDG Capital.

De plus, les énergies vertes (batteries, solaire et éolien, NDLR) sont fortement consommatrices de métaux et la forte demande a participé à l’envol des cours. « Le cours moyen du cobalt, métal utilisé dans la production des batteries des véhicules électriques, a pris 63,5% depuis le début de l’année » explique CDG Capital.

Les minières marocaines, en ont profité pendant une partie de l’année, particulièrement Managem et CMT. Managem affichait à fin septembre, une croissance de 45% de son chiffre d’affaires à 5 097 millions de dirhams. CMT de son côté, affichait une progression de 31% de son résultat net au premier semestre 2021.

Une inflation toujours importante sur la première moitié de l’année est attendue

CDG Capital rappelle d’entrée que cette année, Bloomberg anticipe un taux de 4,6% d’inflation aux États-Unis. Mais il est compliqué de savoir concrètement comment cela va évoluer.

Dans un document diffusé le 21 janvier dernier par le Policy Center for the New South, Yves Jégourel, chercheur au Laboratoire d’Analyse et de Recherche en Économie et Finances Internationales explique que les incertitudes sont encore grandes, notamment en prenant en compte la situation sanitaire. Il précise que « les risques baissiers pour l’économie mondiale demeurent cependant très présents. La Banque Mondiale considère, en effet, que si le variant Omicron venait à perturber l’activité économique, entre 0,2 et 0,7 point de pourcentage de PIB pourrait être perdu. Intimement liée à la réalité économique et sanitaire mondiale, la question de l’inflation sera tout aussi centrale ».

Comme en 2021, différents facteurs pourraient influencer cette inflation. Dans un premier temps, la disponibilité de main-d’œuvre (facteur lui-même lié à la situation sanitaire, ndlr), puis du prix de l’énergie, déterminés notamment par le niveau d’activité économique. Au global, le document du PCNS laisse transparaître que « le consensus semble établi : l’inflation demeurera significative sur la première partie de l’année 2022. L’OCDE l’anticipe à 4,25 % pour les pays de la zone et à 3,5 % dans les grandes économies avancées ».

In fine, les perturbations connues en 2021, qu’elles concernent les matières premières ou le fret, perdureront au moins sur la première moitié de 2022 et se stabiliseront. « Les cours devraient se stabiliser pour l’année en cours, signifiant donc qu’ils resteront à des niveaux relativement élevés, dans un contexte de volatilité persistante faisant écho non seulement aux ajustements de l’offre et de la demande, mais également à la versatilité des investisseurs » conclut le PCNS.

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