Programme Intelaka : « Il faut une politique d’accompagnement des porteurs de projet» (Abdellatif Jouahri)
Interpellé par rapport à l’évolution du programme Intelaka, le Wali de Bank Al-Maghrib estime qu’il faut une politique adéquate d’accompagnement des porteurs de projet afin d’accélérer ce chantier.
Face à une question soulevant l’évolution du programme Intelaka, posée lors point de presse organisé à l’issue du conseil de Bank Al-Maghrib, mardi 21 décembre, Abdellatif Jouahri a livré sa lecture de l’évolution de ce chantier.
Il a commencé par souligner que le taux de rejet des demandes de crédit reste énorme. « Ce qui nous a interpellés, au niveau de la Banque centrale, après avoir demandé un reporting aux banques, c’était le taux de rejet des dossiers. Un taux de rejet qui est supérieur au tiers n’est pas normal. Nous nous sommes réunis il y a une semaine avec les patrons des banques et ce sujet était l’un des points importants que nous avons mis en place avec le système bancaire », a-t-il soulevé.
Face à ce constat, le Wali de la Banque centrale estime qu'il faut miser sur l'accompagnement des porteurs de projet. « Le problème qui ressort d’une façon importante est lié à la nécessité d’avoir une politique d’accompagnement de ces porteurs de projets », souligne –t-il en ajoutant : « ce problème, nous le connaissions. On savait que les catégories auxquelles on allait s’adresser auraient besoin d’être accompagnées pour préparer un dossier bancable. Il ne suffit pas d‘avoir une idée de projet. Cette idée doit être soutenue par un dossier complet qui puisse permettre à la banque de donner rapidement son accord de financement et éviter de rejeter le dossier ».
« Nous avons aussi pris en considération le fait qu’il y a eu la période de la pandémie, puis celle des élections et de la constitution du nouveau gouvernement. Mais ça reste quand même un chantier qui a été lancé en octobre 2019 devant sa Majesté, à des conditions qu’on n’a jamais vues sur le plan de taux et des garanties et aussi des catégorie à financer, ce qui fait qu’il faut absolument rattraper tout ça », continue-t-il.
Dans ce contexte, « nous avons fait l’interface entre le CRI, le ministère de l’intérieur et le ministère des finances. Cela a donné naissance à une commission. Celle-ci travaille sur la labellisation des partenaires avec des CRI, qui vont coordonner au niveau régional. C’est pour voir quels sont les partenaires qui peuvent apporter leur contribution auprès des demandeurs de crédits Intelaka. Nous sommes en train de finaliser ce travail. Nous espérons que ça va se faire dans les semaines à venir ».
Un exemple pilote a été lancé. « Nous avons pris un exemple pilote en connectant le CRI de Fès-Meknes avec la Caisse centrale de garantie. Nous leur avons demandé de nous apporter un cadre écrit qui va mériter d’être discuté pour une finalisation totale de ce chantier».
Par ailleurs, trois cas de fraude ont été soupçonnés. « Nous avons eu des remontées qui disent qu’il y a eu des cas de fraude. Nous avons suivi cette affaire. Il y a un cas qui a été amené devant les tribunaux. Le second cas n’a pas révélé réellement l’existence de fraude. Le troisième cas est en train d’être examiné par la banque elle-même, nous n’avons toujours pas de conclusion », a indiqué le Wali de BAM.