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CFC et Africa50 évoquent les leviers pour booster l’investissement privé dans les infrastructures africaines

CFC et Africa50 évoquent les leviers pour booster l’investissement privé dans les infrastructures africaines
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Le 12 décembre 2021 à 18h27 | Modifié 12 décembre 2021 à 18h27

Le continent souffre de difficultés à capter des investissements privés dans le développement de ses infrastructures. Un déficit de 50 à 90 milliards de dirhams par an est enregistré. Une perception exagérée du risque détourne les investisseurs. Des carences sont observées dans l’encadrement des projets et leur développement. 90% d’entre eux n’atteignent pas la phase de financement. CFC et Africa50 évoquent également les leviers pour changer la donne.

Le 10 décembre se tenait la septième édition de la série Africa Insights, réalisée en collaboration avec la plateforme d’investissements Africa50, sous le thème "Développer les infrastructures de l'Afrique en période difficile" à Casablanca Finance City (CFC).

La conférence a été l’occasion d’aborder les enjeux des investissements privés dans les infrastructures africaines (santé, énergie, télécommunications, assainissement, transport, ndlr) avec un panel d’invités experts. Présents à la table, Obaid Amrane, CEO d’Ithmar Capital, Alain Ebobissé, CEO d’Africa50 et Saïd Zarrou, CEO de Marchica Med.

Mais elle a également été l’occasion de dresser un état des lieux de la situation des investissements en Afrique, démystifier les risques qui y sont associés ainsi que les leviers à stimuler pour les catalyser. Les besoins sont en effet énormes sur le continent qui continue de connaitre une forte démographie et où 565 millions de personnes n'ont pas un accès fiable à l'électricité. Le secteur privé dispose donc d'opportunité à saisir pour satisfaire les besoins africains en infrastructures.

Le financement annuel des infrastructures africaines en déficit de 50 à 90 milliards de dollars

Dans une note d’introduction, Fleur Tchibota, directrice de la communication au sein d’Africa50 a souligné que concernant les investissements africains, « le déficit de financement des infrastructures s’est accru avec la crise du Covid pour s’établir entre 50 et 90 milliards de dollars par rapport à des besoins de financements estimés entre 130 et 170 milliards de dollars ». Néanmoins, malgré la crise, les investissements privés dans les infrastructures africaines ont connu une légère hausse de 7,3% depuis 2019 contre une baisse de 52% dans d’autres marchés émergents.

Cependant, le continent reste fortement en retrait dans la captation des investissements destinés aux infrastructures, laissant une forte place au secteur privé pour combler les besoins. Cela s’explique par différents facteurs. Premièrement une très faible partie des projets présentées aux investisseurs qui atteint le stade de clôture financière. « Un chiffre intéressant à souligner est que sur tous les projets présentés aux investisseurs pour du financement, seulement 10% arrivent à la clôture financière. Cela nous interpelle et veux dire qu’il y a un sujet quant à la préparation de ces projets » explique Fleur Tchibota.

Il y a également le fait que le continent pâtit d’une mauvaise perception du risque par les investisseurs. « Un étude récente de 2020 a montré que l’Afrique était le second meilleur élève quand il s’agit de rembourser la dette sur les projets d’infrastructures. Le taux de défaut de paiement s’élève à 1,9% alors qu’il peut atteindre 4,6% en Europe ou 6,6% aux Etats-Unis » explique la directrice de la communication d’Africa50.

Cela dénote donc d’un certain paradoxe de l’investissement dans les infrastructures africaines. Le continent a en effet beaucoup de besoin en développement, représente peu de risque mais demeure tout de même globalement mal loti.

Ce qu’il faut faire pour surmonter le paradoxe

Durant le reste de la conférence, le panel d’experts a également apporter sa réflexion sur l’évolution des investissements dans les infrastructures du continent. « Il y a un paradoxe qui est singulier autour du financement et qui doit cesser » a déclaré le CEO d’Ithmar Capital, Obaid Amrane. « Nous sommes en face d’un besoin important sur de nombreuses infrastructures nécessaire au développement et à la croissance. Il y a des financements qui existent et les investisseurs souhaitant participer ne cessent de l’exprimer. Mais en réalité, les projets ne se font pas ou tout du moins, pas à la vitesse nécessaire » poursuit le CEO d’Ithmar Capital.

Pour ce faire, le continent et les investisseurs doivent mieux appréhender le risque associé aux projets d’infrastructures. « Il est facile de stigmatiser une destination et exiger des retours importants. Cela impacte le coût des infrastructures et le coût du service derrière, donc c’est inacceptable et il nous appartient de trouver une solution équitable » explique Obaid Amrane.

Mais le CEO d’Ithmar prône également un développement des niveaux de coordination et de développement des projets entre pays. Ces derniers pourraient être atteints à travers le développement d’une industrie de l’investissement en Afrique. « Cette industrie nécessite également des infrastructures, des professionnels, etc… Il n’appartient qu’à nous tous, de faire en sorte de lever ce paradoxe » explique-t-il. Car en effet, en 2020, 7,5 milliards de dollars ont été financés par le secteur privé, soit un total de seulement 28 projets.

Pour Alain Ebobissé, CEO d’Africa50, le constat est globalement le même. Le développement des infrastructures en Afrique peine à capter les investissements des privés. Une donne qui doit changer pour booster la croissance, générer de l’emploi et de la valeur. Pour le dirigeant, les carences se situent notamment sur le suivi et l’accompagnement des projets. « La principale cause de cette carence provient de la préparation des projets et leurs développements. Nous pensons qu’il n’y a pas assez de ressources qui sont allouées à cette partie du process (constitution d’un portefeuille bancable). Dans le rapport nous évoquons que 90% des projets d’infrastructures en Afrique n’arrivent pas au stade de financement » explique Alain Ebobissé.

Le continent peine également à attirer l’investissement privé à cause de la taille de son marché. L’un des désavantages du marché africain repose également sur le petitesse de son marché pour les investisseurs. Avec différents petits projets dans différents pays et différents cadres réglementaires, les investisseurs privilégient d’autres destinations d’investissement.

A ce sujet, une intégration régionale pourrait rendre le continent plus attrayant. « Il est clair que si vous souhaitez accueillir un airbus A380, mais qu’il n’y a pas les infrastructures adéquates pour le faire atterrir, il ne viendra jamais. Nous considérons cela comme étant une priorité pour faire émerger une convergence entre les pays africains afin de créer une dynamique d’intégration régionale » explique le CEO d’Ithmar Capital. Car si certains projets ne sont pas pas visibles sur des marchés uniques, ils pourraient l’être avec une dimension régionale. dans ce cadre, de nombreuses opportunités se dessinent avec la ZLECAF.

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