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Agents & courtiers d’assurances : voici les enjeux et les problématiques

Agents & courtiers d’assurances : voici les enjeux et les problématiques
M.Ett
Le 10 novembre 2021 à 20h03 | Modifié 10 novembre 2021 à 20h03

Les enjeux auxquels les compagnies et les intermédiaires d’assurances auront à faire face ont été soulevés lors de 5ème édition de la rencontre annuelle des agents et courtiers d’assurances

A l’occasion de la tenue de la 5ème édition de la rencontre annuelle des agents et courtiers d’assurance, Othman Khalil El Alamy, Président par intérim de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS), Mohamed Hassan Bensalah, Président de la Fédération Marocaine des Sociétés d'Assurance et de Réassurance (FMSAR), et Farid Bensaid, Président de la Fédération des agents et courtiers d'assurance au Maroc (FNACAM) ; ont souligné les enjeux de l’intermédiation et du secteur des assurances ainsi que les chantiers menés pour y faire face.

La dernière rencontre de la FNACAM a eu lieu le 11 septembre en 2019 sous le thème : « Une impulsion nouvelle pour la FNACAM ».

Depuis, « nous n’avions pas pu avancer au rythme que nous souhaitions. Ce n'est pas uniquement à cause du Covid mais aussi parce qu’il y a des choses qui ne sont pas faciles à régler et qui demandent un peu plus de temps », a commenté Farid Bensaid lors de l’ouverture de cette rencontre.

A noter que cette édition, qui réunit les acteurs de l’intermédiation en assurance ainsi que les opérateurs de ce secteur, est placée sous le thème : « Un nouvel élan pour l’intermédiation après la crise ».

Les assurances, comme la majorité des secteurs composant le tissu économique marocain, ont dû faire face aux répercussions de la crise sanitaire en 2020. Les personnes intervenues s’accordent à dire que le secteur des assurances, qui connaissait déjà quelques problématiques avant la crise, a quand même fait preuve de résilience face à la crise du Covid-19.

« Notre secteur a été mis à rude épreuve durant cette période de pandémie et la sortie de crise reste encore incertaine. Malgré cela, nous sommes parvenus à préserver notre activité. Les primes émises en Non-Vie ont enregistré en 2020 une croissance de 1,9%, et à fin septembre de cette année, une croissance de 7,3%. Cette crise, a tout de même impacté notre secteur », a déclaré le Président de la FMSAR lors de son allocution.

De même, le Président par intérim de l’ACAPS a souligné qu'aujourd’hui, "on peut constater avec satisfaction que le secteur des assurances a plutôt bien surmonté la crise. En effet, au terme de l’année 2020, il a enregistré une croissance appréciable (au regard de la situation que nous avons traversée) de 1,9% avec un volume des primes de 45,7 milliards de dirhams".

Les dégâts de la crise n’ont, bien évidemment, pas été omis lors de ces discours.

« Nous avons dû faire face ensemble à une augmentation des impayés et à des difficultés de recouvrement. Et la situation demeure malheureusement fragile pour certains de nos clients qui n’arrivent pas encore à se relever. Cette pandémie n’a pas épargné, non plus, les Agents et les Courtiers. Nous en étions conscients et les compagnies ont tenu à apporter leur soutien, en mettant en place une série de mesures, au profit des intermédiaires fragilisés », a indiqué Mohamed Hassan Bensalah.

Le Président de l’ACAPS, lui, a a précisé que « cette hausse (des primes, ndlr) marque la fin d’un cycle de forte croissance de plusieurs années (+8,4% en 2019), mais c’est une véritable prouesse au vu la conjoncture économique».

« Bien évidemment, la crise nous a fait mal (…) elle a quand même laissé des séquelles. Nous allons du coup rebondir ce qui s’est passé pour régler les choses d’une manière plus rapide parce que cette crise nous a quand même montré que nous avons certaines choses qu’il faut absolument fixer », a déclaré Farid Bensaid.

Les enjeux auxquels les compagnies et les intermédiaires auront à faire face

La crise du Covid a également mis à nu quelques aspects qui devraient être dressés, qui sont notamment liés à la distribution. « Notre secteur aurait été fragile, si nous ne disposions pas d’un réseau de distribution, solide et performant. C’est un fait incontestable ! Aujourd’hui, nul ne peut contester que la pandémie a levé le voile sur la fragilité de certains modèles et a contraint les individus et les organisations à se réinventer », a soulevé le Président de la FMSAR.

Cette crise a ainsi mis en avant la nécessité d’élargir et de diversifier les canaux de distribution du secteur, notamment à travers la digitalisation.

« Les clients sont devenus plus exigeants, ils sont plus connectés. Pour pouvoir les toucher, nous n’aurons d’autres choix que d’élargir nos canaux de distribution. Que ce soit via le digital ou via d’autres réseaux physiques, tels que les opérateurs télécom, les organismes de paiement ou encore les agences bancaires », poursuit-il.

>> Lire aussi : Digitalisation de l’assurance : les opportunités créées par la crise et les risques de la vente à distance

« Il faut savoir qu’une stratégie multi-canal n’est pas une menace pour les Agents et Courtiers, mais vient en soutien pour drainer une clientèle nouvelle, notamment parmi les plus vulnérables, sur des produits peu ou pas commercialisés. C’est un sujet qu’il faut aborder avec autant de lucidité que de bon sens. Il ne s’agit pas d’un choix, mais d’une transformation profonde de notre société, et notre secteur ne peut rester en marge », insiste-t-il.

Et d’ajouter : « L’intermédiaire en assurance doit lui aussi penser à sa Transformation Digitale et certains d’entre vous ont déjà commencé, sachant que le conseil et le service après-vente promettent encore de beaux jours au réseau classique ».

Farid Bensaid a souligné que « le problème de la digitalisation nous fait peur. Il faut oser le dire. Il y aura de la casse pour ceux qui ne veulent pas se préparer ».

En dehors des aspects liés à la distribution, d’autres enjeux ont été soulevés. Il s’agit de :

> Le recouvrement et le reversement des primes : « Le système actuel mérite d’être revisité afin d’obtenir une remontée d’info sur l’encaissement en temps réel et un reversement dans des délais très courts. Nous gagnerons à mettre en place un dispositif visant à sécuriser l’intermédiaire, fiabiliser l’information et à remonter le cash plus rapidement. Nous menons d’ailleurs une réflexion dans ce sens, afin de faire évoluer ce process et éviter des situations douloureuses, comme celles que nous avons vécues récemment », indique Mohamed Bensalah.

> La pression concurrentielle qui tire les prix vers le bas : Le Président de la FMSAR a souligné que cette problématique « n’est ni dans l’intérêt de la compagnie, ni dans l’intérêt de l’intermédiaire, ni celui du client. Nous espérons que la provision pour risque tarifaire, qui tarde malheureusement à sortir, permettra de moraliser la tarification et la course aux primes. Le choix des assurés doit être basé, avant tout, sur des aspects liés à la qualité de la prestation et au conseil ».

> La généralisation de l’assurance maladie : « Véritable projet de règne, il impose un recentrage de notre rôle au niveau des Complémentaires Santé. Il s’agit d’un virage majeur pour notre secteur, qu’il faudra gérer avec beaucoup d’intelligence, pour protéger les intérêts des compagnies et ceux des intermédiaires », estime-t-il.

Le chantier du Livre IV traine toujours

La refonte du Livre IV du code des assurances est en cours. Un projet de loi amendant le livre IV du code des assurances, relatif à la distribution des produits d’assurance, est en cours d’examen au niveau du Secrétariat Général du Gouvernement (SGG), d’après l’ACAPS.

Ce projet vise:

> La modernisation du cadre de référence pour la distribution des produits d’assurances en tenant compte des évolutions du secteur ;

> Le renforcement des règles de transparence et de bonnes pratiques, ainsi qu’une plus grande clarification des droits et des obligations des différents intervenants ;

> La mise en place d’un cadre pour la vente en ligne des produits d’assurance.

Ce dossier a en effet beaucoup trainé. « Toutes ces questions liées à la distribution, montrent à quel point il est important d’accélérer la réforme du Livre 4 du code des assurances. Ce texte n’est plus en phase avec le contexte actuel et plusieurs évolutions s’imposent pour libérer les énergies », rappelle le Président de la FMSAR.

Othman Khalil El Alamy a indiqué lors de son allocution que « l’amendement du livre IV du code des assurances relatif à la présentation des opérations d’assurance se trouve, également, parmi les grands chantiers auxquels l’Autorité devra s’atteler dans un futur proche. Cette révision permettra de mettre en place un cadre réglementaire plus adaptée à l’évolution de la distribution des produits d’assurances, de l’avènement des nouvelles technologies, mais également pour corriger un certain nombre d’insuffisances qui sont apparues, au fil des ans, avec la mise en œuvre effective du code des assurances».

Il a également indiqué qu’une réflexion sur une réforme du code des assurances sera prochainement initiée. « L’Autorité compte également initier avec le secteur, très prochainement, une réflexion sur une réforme profonde du code des assurances. Parmi les objectifs de cette forme, figure la mise en place d’un cadre légal et réglementaire pour les prochaines années, anticipant les évolutions futures sur toute la chaîne de valeur (de la souscription à la gestion des sinistres), encourageant l’innovation et permettant de profiter pleinement de la dynamique induite par la révolution numérique ».

La relation entre les intermédiaires d’assurances et les entreprises d’assurances est revenue pas mal de fois dans le discours des personnes intervenantes au cours de l’ouverture de cette rencontre. Le Président par intérim de l’ACAPS a informé que l’Autorité compte mener deux chantiers dans ce sens.

« Sur la relation entre les intermédiaires d’assurances et les entreprises d’assurances, force est de constater qu’elle est, bien souvent, altérée par la problématique des créances sur les intermédiaires. Cette problématique, qui persiste depuis des années, est très consommatrice de temps et d’effort des deux côtés, entravant ainsi le développement harmonieux de leurs activités. Sensible à cette problématique, l’Autorité compte mener deux chantiers en collaboration avec les parties prenantes ».

> Le 1er chantier est relatif à l’apurement des créances dues sur les intermédiaires ;

> Le 2ème chantier aura pour objectif de trouver des solutions permettant d’éviter cette problématique de créance, ou du moins en réduire l’ampleur, pour l’avenir. »

Voici la rediffusion du Live de cette rencontre :                                 

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