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Development Partners International explore des opportunités au Maroc (entretien)

Development Partners International explore des opportunités au Maroc (entretien)
Meryem Elouaar
Le 27 octobre 2021 à 18h06 | Modifié 27 octobre 2021 à 18h06

ENTRETIEN. La société d’investissement Development Partners International (DPI) dédie 900 millions de dollars à un écosystème d’investissement africain touché par la crise sanitaire. Le point avec Jade Del Lero Moreau, Directeur Principal de DPI.

À travers son fonds African Development Partners III (ADP III), la société de capital-investissement dédié à l’Afrique, Development Partners International (DPI) a dépassé son objectif de levée de fonds de 800 millions de dollars et a obtenu 250 millions de dollars supplémentaires pour co-investir dans des PME africaines.

L’objectif est de réaliser de l’impact investment pour dynamiser l’activité des PME et startups africaines à fort potentiel et contribuer à la création d’emplois et de valeur ajoutée, avec un focus sur les solutions aux problèmes environnementaux et au changement climatique.

Les 900 millions de dollars investis dans le fonds DPI proviennent de fonds de pension et de fonds souverains, d'institutions de financement du développement, de compagnies d'assurance, de gestionnaires d'actifs et d'investisseurs à impact, dont environ la moitié en Europe, un tiers aux États-Unis et le reste au Moyen-Orient et en Afrique.

DPI gère 2,8 milliards de dollars américains d'actifs à travers ses fonds et ses co-investissements engagés. En marge de sa levée de fonds réussie, Jade Del Lero Moreau, associé au sein de DPI revient sur l'action de la société d'investissement en Afrique et au Maroc qu'il connaît bien. Jade Del Lero Moreau est senior deal lead au sein de l'équipe d'investissement, chargé du sourcing, de la structuration et de l'exécution des actions de capital-investissement sur la région de l'Afrique du Nord.

LeBoursier: Pourquoi DPI s’est-il orienté vers le marché africain ? Et comment évaluez-vous le potentiel du marché marocain ?

Jade Del Lero Moreau. Malgré les conséquences négatives liées à la crise sanitaire, l’Afrique reste une destination d’investissement attrayante, avec des tendances démographiques positives, une forte propension à l’urbanisation, l'adoption croissante des nouvelles technologies et une augmentation importante de la consommation et des dépenses des entreprises.

En tant que senior deal lead au sein de DPI, en charge de l’origination, la structuration et l'exécution des investissements dans la région Afrique du Nord, je confirme que malgré ce contexte, DPI a continué à réaliser des rendements de premier quartile en s’appuyant sur l’expertise locale cumulée de notre équipe sur le continent africain.

Le Maroc n’étant pas en reste, il suit un modèle structurant d’industrialisation, de transformation digitale et d’internationalisation. Dit ainsi, le pays présente un potentiel important et connaît un marché très attractif même après une année 2020 difficile, notamment en raison de sa croissance économique et sa stabilité politique.

Je souligne que nous sommes en train d’y explorer plusieurs opportunités et espérons pouvoir concrétiser un premier investissement dans le pays pour ADP III dans les mois à venir.

Je rappelle à ce titre que DPI a déjà réalisé cinq investissements au Maroc à travers ADP I et ADP II, dans les secteurs de l’éducation, l’agro-industrie et les biens de consommation.

- Quelle est l'offre de financement de ADP III ?

-Que ce soit en termes d’investissements ou d’impact, DPI a toujours voulu jouer un rôle de premier plan. Et souhaite répéter la stratégie pour ADP III. Le ticket moyen étant compris entre 40 millions et 130 millions de dollars, il peut être fortement étendu, jusqu’à 250 millions-300 millions d’euros via des opérations de co-investissements

- Quelle est la stratégie de ADP III pour l'Afrique en général et le Maroc en particulier ?

-Avec des tickets d’investissement plus conséquents du fait de la taille de ADP III, notre stratégie d’investissement reste inchangée, par rapport aux deux précédents fonds. Je rappelle que les deux précédents fonds ont permis la création de plus de 34.000 emplois.

Notre stratégie consiste ainsi à investir dans les secteurs et dans des entreprises bien établies et en pleine expansion opérant dans des secteurs qui profitent de la transformation digitale et de l’émergence d’une classe moyenne africaine estimée à environ 300 millions des 1,3 milliard d'habitants de l'Afrique.

En ce qui concerne le Maroc, notre stratégie est similaire à ADP I et ADP II. Nous continuerons à accompagner les sociétés leaders de leur secteur dans leur stratégie de développement régional et/ou international.

- Quelles sont les clauses de sortie, sachant que le fonds mise sur l'impact investment, en privilégiant un impact économique, social et environnemental ?

-Nous n’avons pas de clauses de sortie standards dans nos investissements. Chaque investissement est une opération spécifique qui présente ses propres particularités. Cependant, ce qui est important à noter, est que nous nous spécialisons dans le segment du capital croissance, avec une approche de partenariat « win win » avec nos partenaires locaux au niveau des sociétés en portefeuille, et que les modalités d’investissement ainsi que la stratégie de sortie sont définies main dans la main avec nos partenaires.

DPI a déjà réalisé plusieurs cessions, y-compris des cessions à des acheteurs stratégiques, à des investisseurs financiers ainsi que des cessions sur la bourse de Casablanca.

A l’échelle africaine, les investissements précédents de DPI comprennent Eaton Towers, une entreprise de tours de télécommunication qui a été vendue à American Towers pour 1,85 milliard de dollars, et Mansard, un assureur nigérian, qui a été acheté par Axa.

- DPI privilégie des secteurs comme les services financiers, la santé, l'agro-industrie, l'éducation et les infrastructures digitales et de télécommunications. Comment ce choix de secteurs peut-il impacter les enjeux économiques en Afrique, notamment dans un contexte de (post) crise sanitaire ?

-Notre stratégie centrale d’investissement se focalise sur l’émergence de la classe moyenne africaine et la consommation de celle-ci.

La crise sanitaire a engendré des répercussions économiques notamment sur les revenus de la classe moyenne en Afrique. La digitalisation toutefois a permis aux entreprises d’utiliser de nouveaux moyens et de proposer des offres adaptées à cette classe moyenne, notamment dans des secteurs comme la fintech, l’agritech, l’edtech, la e-santé, etc.

A l’image de nos deux précédents fonds de la famille ADP, nous parions sur la croissance de la consommation africaine ainsi que sur les secteurs et industries directement liées à celle-ci, incluant des secteurs critiques qui répondent aux enjeux de développement de l’Afrique. Plus largement, nous allons nous concentrer sur les entreprises axées sur l’innovation et la transformation des secteurs essentiels qui contribuent à la croissance socio-économique en Afrique, tels que l’éducation, la santé ou l’agriculture.

- Vers quels domaines particuliers de la tech et du numérique ADP III s'oriente-t-il ? Pourquoi ?

-Il y a des opportunités d’investissement intéressante et de différentes tailles dans les entreprises technologiques en Afrique.

La digitalisation constitue l’un des principaux leviers de croissance et d’optimisation pour les sociétés africaines, et avec la crise sanitaire, ce processus de digitalisation s'est renforcé à pas de géants. ADP III se focalisera sur les entreprises tournées vers l’innovation qui mènent la transformation digitale des écosystèmes dans lesquels elles opèrent.

En l’occurrence, notre investissement dans la société fintech égyptienne MNT-Halan, est un bon exemple de cette stratégie d’accompagnement. DPI a participé à la création de la société MNT, avec un premier investissement en 2018 à travers ADP II, suivi d’un deuxième investissement en 2021 dans le cadre d’ADP III.

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Meryem Elouaar
Le 27 octobre 2021 à 18h06

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