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OPCI : « L’écosystème a bien évolué malgré la crise. Cela montre le potentiel d’une telle activité » (Noreddine Tahiri)

OPCI : « L’écosystème a bien évolué malgré la crise. Cela montre le potentiel d’une telle activité » (Noreddine Tahiri)
Mouna Ettazy
Le 5 juillet 2021 à 16h27 | Modifié 5 juillet 2021 à 16h27

Malgré la crise du Covid-19, l’écosystème naissant des OPCI a bien évolué. Sollicité par LeBoursier, Noreddine Tahiri, DG d'Ajarinvest, revient sur l’évolution de cette industrie spécialement au cours de ces 6 derniers mois, et pointe quelques axes pour renforcer davantage l’évolution des OPCI.

En l’espace de moins de 2 ans, l’écosystème des Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) a beaucoup évolué, et ce, malgré la crise causée par la pandémie du Covid-19.

Contacté par LeBoursier, afin de faire le point sur l’évolution de cet écosystème, spécialement au cours du 1er semestre 2021, Noreddine Tahiri, Directeur général d'Ajarinvest, -filiale commune de la CDG et de CIH Bank-, estime que : « l’espérance que nous avions dans l’évolution de l’industrie des OPCI est plus que justifiée. Aujourd’hui, il y a une dizaine d’OPCI qui ont vu le jour en un an et demi d’activité réelle, si on inclut, bien évidemment, Ajarinvest. Si on l’exclut, on trouve un an d’activité réelle ».

A rappeler que c’est Ajarinvest qui a ouvert le bal de l'activité des sociétés de gestion d'OPCI) au Maroc, en obtenant l'agrément y afférent de la part de l'AMMC, le 23 juillet 2019. Ajarinvest a 5 OPCI agrées. « Cela représente 50% en volume et 67% en valeurs d’actifs sous gestion. Il y a maintenant 9 société de gestion d’OPCI agrées. 10 évaluateurs. Et une taille d’actif acceptable qui va certainement frôler les 6 milliards de DH», continue notre interlocuteur.

Rappelons que les biens immobiliers et droits réels de chaque OPCI doivent faire l’objet d’une évaluation au moins une fois par semestre par deux évaluateurs indépendants. Cette activité est soumise à un agrément délivré par le ministère de l’Economie et des Finances. Cet agrément est obtenu après avis de la Commission consultative chargée de donner son avis sur les demandes d’agréments.

Au 1er octobre 2020, 10 évaluateurs immobiliers d’OPCI étaient agrées par le ministère de l’économie et des finances.

Avec ces évolutions, notre interlocuteur souligne que : « plusieurs experts, notamment des gestionnaires d’OPCVM, trouvent que la progression des OPCI est largement supérieure à celle des OPCVM à l’époque ».

Ces évolutions montrent aussi que la crise du Covid-19 n’a pas freiné l’évolution de cet écosystème. « Il y avait un besoin de renforcement de fonds propres par les banques et un besoin de structuration d’OPCI suite à la crise. L’activité des OPCI n’a pas subi les conséquences de la crise, mais si on n’avait pas la crise, on aurait pu avoir peut-être beaucoup plus d’OPCI agrées ».

Malgré la crise, l’écosystème des OPCI a bien évolué. « Cela montre le potentiel d’une telle activité. Ainsi, les 200 milliards de DH qui ont été prononcés auparavant par le ministère des finances représentant le potentiel du marché, pourraient être largement atteints. On est maintenant à 6 milliards de DH après un an et demi d’activité, si on part sur cette base, on pourrait atteindre ce potentiel en une dizaine d’années ».

L’industrie garde toujours un potentiel d’amélioration

L’écosystème des OPCI évolue d’une manière notable, mais il y a encore des éléments à mettre en place pour soutenir son évolution.

« Sur le volet réglementaire, il y a un grand gisement pour le résidentiel qui pourrait résoudre un certain nombre de problème pour les promoteurs qui sont en fin de cycle de chaque projet. Aujourd’hui, il y a d l’argent qui est immobilisé dans le résidentiel locatif. Il y a une possibilité de mobiliser cet argent à travers les OPCI moyennant le renforcement des droits de propriétaires en ce qui concerne le résidentiel. Cela va rendre la relation locataire/propriétaire plus équilibrée », pense Noreddine Tahiri.

L’industrie n’a toujours pas de plan comptable spécifique à son activité, mais ça ne doit pas tarder. « Le plan comptable a été approuvé par les instances intermédiaires. Il doit être très prochainement approuvé en plénière. Mais, ce n’est pas vraiment un élément bloquant. On ne peut pas bloquer une industrie prometteuse à cause d’un plan comptable qui est quasiment approuvé. Il ne reste plus qu’une seule formalité », indique-t-il.

Par ailleurs, « Il y a quelques axes pour renforcer davantage l’évolution des OPCI. Il s’agit de tout ce qui est pratique de place pour la promotions des bonnes pratiques, notamment en ce qui concerne le calcul des performances des OPCI, et l’harmonisation des relations entre les OPCI et les dépositaires, l’harmonisation des rapports des évaluateurs immobiliers et de toutes les pratiques, pour que les choses puissent être comparable. C’est un chantier qui est mené par l’AMMC » souligne notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « Et tous ces intérêts de l’industrie devraient être portés par la future association des sociétés de gestion d’OPCI, qui reste à mettre en place. Il y a tous les ingrédients pour y arriver. On a 9 sociétés de gestion. On a donc la taille critique. Cette évolution du nombre de société de gestion est très révélatrice de l’intérêt que les acteurs économiques portent à cette industrie ».

En ce qui concerne l’évolution anticipée du secteur au cours du 2ème semestre, « il y a plusieurs dimensions qui entrent en jeu. L’évolution du secteur dans les prochains mois dépendra de la qualité des dossiers déposés auprès de l’AMMC. C’est une activité nouvelle. Il nous semble que l’AMMC reste très vigilante, ce qui est une bonne chose pour la pérennité de cette nouvelle activité. Il vaut mieux ne pas se précipiter. Il n’y a pas de records à battre en termes de création d’OPCI. Le seul objectif que nous devons tous poursuivre, c’est de pérenniser cette activité, sur tous les aspects », conclut le DG d’Ajarinvest.
 

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Mouna Ettazy
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