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Les collectionneurs de « NFT », des technophiles pionniers d’un nouveau « far west »

Les collectionneurs de « NFT », des technophiles pionniers d’un nouveau « far west »
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Le 10 juin 2021 à 9h25 | Modifié 10 juin 2021 à 9h25

Ils sont passionnés de technologie, en quête d’opportunités dans le « far west » que sont les « NFT » : ces objets numériques certifiés, très en vogue, ont fait émerger une nouvelle génération de collectionneurs convaincus de leur potentiel.

Brandon Kang, vidéaste de 25 ans, a commencé à acheter des NFT en décembre dernier, et en possède déjà plus de 500. En février, ce Californien a même dépensé 50.000 dollars pour « Reflection », une oeuvre numérique de l’artiste de musique électronique Feed Me.

Dans sa collection: des dessins numériques de têtes de singe (Bored Ape), d’une cannette ou d’un cube, ou l’animation d’une voiture filant sur une route, tous créés par des artistes inconnus du plus grand nombre.

Ils sont exposés sur des écrans chez lui. A quelques exceptions près, il n’a pas l’intention de vendre.

M. Kang a converti plusieurs de ses proches. « Le truc qu’ils trouvent cool, c’est de pouvoir vérifier la propriété de ces NFT », dit-il.

Les « non fungible tokens » ou jetons non fongibles, sont des certificats de propriété d’un objet numérique – image, dessin, vidéo, animation, fichier texte ou son.

Confidentiels jusqu’en 2020, les NFT ont généré, sur les cinq premiers mois de 2021, près de 2,5 milliards de dollars de transactions, une estimation basée sur des chiffres du site spécialisé NonFungible. Les grandes maisons d’enchères en vendent désormais régulièrement, comme c’est le cas chez Sotheby’s jusqu’au 10 juin.

La traçabilité des NFT a été décisive pour Brandon Kang, pourtant investi depuis longtemps dans les cryptomonnaies, qui utilisent la même technologie de la blockchain que les NFT. Auparavant, « il n’y avait pas moyen de prouver qu’on était bien propriétaire d’objets numériques », explique-t-il.

 « Pas facile à digérer » 

Cette même garantie d’authenticité a poussé Devan Mitchem, ingénieur informatique basé à Singapour, à collectionner des objets numériques, après en être resté à l’écart faute de « formats stables, de plateformes d’échange et de possibilités de stockage ».

Avec l’émergence de sites comme OpenSea ou Nifty Gateway, qui permettent à des artistes de vendre directement leurs oeuvres, puis à des collectionneurs de les acheter, stocker et revendre, le monde des NFT offre désormais une facilité d’utilisation proche des placements boursiers.

Devan Mitchem, qui travaille chez Google Cloud et s’est spécialisé dans la blockchain, a accumulé plus de 200 NFT. Comme Brandon Kang, il n’envisage pas de vendre.

« C’est risqué, mais j’ai le sentiment que des oeuvres créées entre 2017 et 2021 resteront comme issues de la période fondatrice de cette nouvelle catégorie », dit-il. « Cette ère aura une place à part dans les futures collections. »

Ingénieur informatique, Pankaj Patil s’est séparé, en 2020, de quelques uns des 150 objets numériques qu’il avait amassés, car il doutait de l’avenir des NFT. Aujourd’hui mordu, ce résident du New Jersey « regrette la plupart des ventes », même s’il reconnaît que « ce milieu n’est pas facile à digérer pour tout le monde ».

« Je comprends tout à fait le scepticisme », abonde Devan Mitchem, car « il y a beaucoup de choses à appréhender ».

Aux amateurs, M. Mitchem suggère de se renseigner d’abord sur la technologie blockchain. « C’est encore pas mal le far west », admet l’ingénieur, « mais c’est aussi un terrain d’opportunités. »

M. Kang met en garde les internautes en quête d’argent facile qui ne prendraient pas le temps de l’apprentissage. « Ce sont eux qui risquent le plus de se faire plumer », dit-il.

Pour lui, la récente correction du marché, qui a vu baisser les prix moyens et le nombre de transactions, n’hypothèque en rien les perspectives des NFT.

« Le milieu est en train de mûrir et à long terme, c’est une bonne chose d’évacuer les gens qui ne sont là que pour le profit », plaide-t-il.

Devan Mitchem se dit, comme beaucoup d’autres, sincèrement attiré par la valeur artistique de nombre de créateurs numériques émergents, là où le grand public voit souvent dans les NFT une mode, un gadget, voire une escroquerie.

Il parle avec passion du « Picasso’s Bull », représentation cubiste d’un taureau par l’artiste multi-supports Trevor Jones, acheté 23.000 dollars, « une oeuvre phare », selon lui.

Souvent programmeurs, les collectionneurs de NFT, des hommes pour la plupart, sont aussi attirés par l’innovation permanente de ce milieu.

Ils entrevoient un univers dans lequel les NFT pourront voyager entre plateformes, sites et univers virtuels, dépassant les possibilités du monde physique.

Ils soulignent aussi que le milieu a entrepris d’améliorer son bilan carbone, actuellement catastrophique, avec notamment l’instauration progressive de protocoles de création de NFT et de cryptomonnaies moins énergivores.

Devan Mitchem croit tant aux NFT qu’il imagine déjà la disparition même du terme, avec l’ultra-banalisation de cette technologie. « Ce seront simplement des objets numériques, » dit-il.

(AFP)

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