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Le Bitcoin est une monnaie spéculative inapte à remplacer la monnaie Banque centrale (PCNS)

Le Bitcoin est une monnaie spéculative inapte à remplacer la monnaie Banque centrale (PCNS)
B.B
Le 2 juin 2021 à 11h56 | Modifié 2 juin 2021 à 11h56

Le Policy Center for the New South revient sur la récente épopée du Bitcoin. Atteignant des records à la hausse comme à la baisse cette année, la monnaie virtuelle est considérée comme volatile à la merci des annonces des spéculateurs. Une nature qui la rend inapte à devenir une alternative viable à la monnaie Banque centrale.

Dans un Policy Brief publié le 2 juin, le Policy Center for the New South (PCNS) s’est penché sur le cas du Bitcoin. La plus importante des cryptomonnaies, basée sur la technologie blockchain, a en effet affolé le marché depuis le début de l’année avec des hausses et des baisses de cours records.

Pour le PCNS, cette monnaie virtuelle est spéculative et ne représente pas une alternative viable à la monnaie Banque centrale.

L'embellie du Bitcoin a bénéficié d'un environnement monétaire favorable

Le cours de la cryptomonnaie a en effet fortement fluctué depuis sa création et particulièrement depuis l’année 2020. Alors qu’il s’échangeait aux alentours de 9 000 dollars l’an dernier, il a atteint un sommet à plus de 60 000 dollars à la mi-avril 2021 pour ensuite se contracter aux alentours de 36 000 dollars actuellement.

Dans un premier temps, le PCNS rappelle que la cryptomonnaie est basée par nature sur une technologie propre à la spéculation. « Ce qui distingue le bitcoin des autres actifs financiers crypto-monétaires, c'est d'être un marché où l'offre est plafonnée, quelle que soit la demande, avec un protocole nommé ‘le halving’ particulièrement intéressant par ses conséquences pour la spéculation et les spéculateurs » explique le rapport. Ce Halving, est un protocole qui lors du minage prévoit de diviser par deux sa rémunération tous les quatre ans ce qui réduit la création de Bitcoin et l’enrichissement de son offre. « Ce qui conduit mécaniquement à en faire dépendre essentiellement le cours de l'évolution de sa demande, elle-même volatile et nourrie pour partie par la spéculation » précise le PCNS.

Le rapport pointe également que cette embellie fulgurante du Bitcoin observée cette année, vient notamment des taux d’intérêts très bas sur le marché. « Durant ces derniers mois, la confirmation à court et moyen termes de taux d'intérêt interbancaire très bas, voire négatifs, la chute du cours du dollar vont conduire les milieux bancaires à s'intéresser au bitcoin et à le considérer, pour certains d'entre eux, comme un placement crédible, aux perspectives intéressantes » explique le PCNS. Dans cette conjoncture, Tesla avait annoncé l’achat de 1,5 milliard de dollars en Bitcoin. Cet achat s’explique par « la recherche de diversifier ses sources de liquidités et de donner un coup d'accélérateur à leur rendement » explique le PCNS.

Le Bitcoin a également bénéficié d’une forte variation de son cours car le marché dispose de liquidités abondantes en quête de rendement. « Aujourd'hui, à supposer que les Banques centrales décident, dans les prochains mois, de réduire les voiles de cette politique expansionniste, voire d'y mettre fin, cela ne changerait pas grand-chose quant à l'évolution de ces taux à moyen et long termes » rappelle le PCNS. De ce fait, les cryptomonnaies ont permis à certains investisseurs de bénéficier de rendements inédits sur le marché.

L’intérêt grandissant des institutionnels a boosté la volatilité

La position des investiseurs institutionnels a également participé fortement à la forte volatilité du Bitcoin sur les dernier mois. Le PCNS rappelle que « la banque d'investissement américaine JP Morgan traitait de fraude le bitcoin en 2017. Désormais, pour les analystes de JP Morgan, la capitalisation du bitcoin pourrait doubler à terme et atteindre celle de l'or, évaluée par eux à 2 600 milliards de dollars ».

S’en est également suivi la banque d’investissement BNY Mellon qui a cette année, élargit son offre au placement en Bitcoin.

Récemment, les revirements de situation notamment de la part du dirigeant de Tesla, Elon Musk ont également fortement influé sur le cours du Bitcoin. Ce dernier était revenu sur sa décision d’accepter les paiements en Bitcoin pour acheter les voitures Tesla. Le PCNS précise que suite à cette décision, « c'est la dégringolade, avec une chute de 7% en quelques heures, atteignant son niveau le plus bas depuis janvier avec 43 500 dollars. Le 19 mai, le cours du bitcoin est inférieur à 37000 dollars ».

Pour le PCNS, tout cela vient de fait, démontrer le caractère spéculatif de la cryptomonnaie. Néanmoins, « malgré l'effondrement de son cours, ce dernier connait aujourd’hui encore un cours supérieur à celui du début de l'année, cours considéré alors comme étant record. C'est pourquoi, nous pensons que le bitcoin a encore de beaux jours devant lui, pour celles et ceux en quête de rendement à court et moyen termes, acceptant en toute connaissance de cause la prise de risque qui l'accompagne » précise le PCNS.

Une fausse alternative à la monnaie centrale

Cette forte volatilité et le fait que la cryptomonnaie échappe totalement aux pouvoir publics en font une alternative non viable pour éventuellement remplacer les monnaies traditionnelles.

Le PCNS rappelle en ce sens, la récente intervention de l’ancien président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet qui rappelait que la monnaie devait remplir trois fonctions :

  1. un instrument de compte
  2. un instrument d'échange
  3. un instrument de conservation de la valeur

Dans son document, le PCNS explique : « A l'évidence, si le bitcoin satisfait aux deux premières, il est totalement incapable de satisfaire à la troisième. Bien au contraire, il montre, par son côté hautement spéculatif, que non seulement il ne s'inscrit pas dans cette logique, mais au contraire utilise sa volatilité constante pour faciliter les transactions en dehors de tout contrôle des autorités publiques ».

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