SBM : CFG Bank maintient sa recommandation de conserver le titre
Pour CFG Bank, les performances de SBM en 2020 sont moins bonnes qu’espérées. Cependant la situation financière solide du groupe a permis d’assurer un dividende conséquent et un rendement de 4,6% pour les actionnaires. Cette année, l’incertitude est de mise au vue de l’évolution de la pandémie.
Suite à la publication des résultats annuels de la Société des Boissons du Maroc (SBM), CFG Bank a émis une note de recherche.
Sur l’ensemble de l’année 2020, CFG Bank note que les performances de l’entreprise ont été inférieures aux attentes, mais que le dividende est conforme aux prévisions, offrant un rendement intéressant. CFG maintient ainsi sa recommandation de conserver le titre et le valorise à 2 597 dirhams contre 2 302 dirhams à la séance du 31 mars, présentant un upside de 12,8%.
Il est à rappeler que le chiffre d’affaires du groupe a diminué de 10,4% en 2020 du fait des répercussions de la crise sanitaire et du prolongement des différentes mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence.
En bourse, le titre a également souffert en 2020. Quand le MASI a lâché 7,27% sur l'année, le titre de SBM chutait de 15,82%, passant de 2 850 dirhams à 2 399 dirhams.
Graph Ste Boissons P
Un impact de la crise plus fort que prévu
Les répercussions de la crise ont fortement pesé sur SBM. CFG reconnait avoir été trop optimistes quant à l’impact de la crise sur les performances du groupe. « Lors de la mise à jour de nos prévisions en septembre dernier à la suite de la publication des résultats du premier semestre 2020, nous avions été trop optimistes quant à la reprise attendue de la consommation de bière après le blocage » explique la société de recherche. Elle n’avait pas non plus anticipé une seconde vague du virus au dernier trimestre 2020.
SBM a informé dans ses résultats que les volumes de ventes d’alcool avait chuté en 2020, notamment du fait de la fermeture des bars et des hôtels. « Les volumes de bière ont baissé de 15,3% en 2020, tandis que les volumes de ventes de vins ont reculé de 12,6% » rappelle CFG, qui tablait sur une baisse limitée de -7% sur les volumes de bières vendus.
Ces chutes de ventes d’alcool ont donc fortement impacté les marges de la société et son résultat net. Le RNPG de SBM a chuté de 38% en 2020 à 231 millions de dirhams quand CFG tablait sur un résultat de 297 millions de dirhams.
Un rendement toutefois attrayant
Malgré la baisse du résultat net, le groupe a pu capitaliser sur une forte trésorerie pour proposer un dividende attrayant.
Comme le rappelle CFG, « le groupe a annoncé son projet de distribution d'un dividende par action de 106 dirhams ». S’il est en retrait de 22% par rapport à 2019, il garantit néanmoins aux investisseurs un rendement intéressant de 4,6%.
CFG souligne que « le groupe a une trésorerie structurellement positive depuis plus de 10 ans. Fin 2019, la trésorerie nette du groupe s’établissait à environ 800 millions de dirhams. Le groupe a désormais la capacité de tirer de la trésorerie des bénéfices non répartis et de débourser plus de 100% du résultat net comme cela a été le cas en 2020 ». A noter qu’au titre de 2020, le groupe a affiché un taux de distribution de 130% du RNPG consolidé. Pour la société de recherche, c'est un signe positif. « Nous pensons que SBM continuera à distribuer au moins 100% de ses NIGS à l'avenir et pourrait même verser un dividende exceptionnel à l'avenir, si aucune opportunité d'investissement intéressante n'est identifiée » explique-t-elle.
L’incertitude face à la pandémie
L’activité du groupe en 2021 sera très fortement corrélée à l’évolution de la situation sanitaire. CFG note cependant : « Nous sommes convaincus que les ventes de bière connaîtront un rebond mécanique en 2021 après la fin du confinement. Cela dit, nous pensons que les performances financières et commerciales du groupe continueront d’être affectées par les répercussions négatives de la crise sanitaire actuelle ».
Les récentes mutations du virus et les fermetures des liaisons aériennes avec des pays tels que l’Espagne et la France peuvent être perçues comme des menaces économiques sur le groupe. « Cela continuera de nuire au tourisme et à l'industrie des loisirs en général. De plus, si les cafés, bars, restaurants, boîtes de nuit et autres lieux de socialisation restent fermés la nuit en raison d'une extension potentielle du couvre-feu à l'échelle nationale, la reprise sera fragile et les niveaux de rentabilité resteront modérés » souligne la société de recherche.
CFG prévient que ses prévisions seront probablement revues à la baisse pour l’exercice 2021.