L'écosystème du capital investissement dans l'expectative
Les perspectives d’évolution du capital-investissement sont bonnes et le fonds Mohammed VI pour l'investissement viendra booster l'activité de cette industrie. Mais le contexte global reste fragile, d’après Meriem Zairi, directrice générale du fonds Seaf Morocco Growth Fund (SMGF), Jointe par LeBoursier.
En 2020, les sociétés de gestion se sont focalisées sur les sociétés composant leurs portefeuilles afin de bien les accompagner en période de crise. Plusieurs deals (décisions d’investissement et de désinvestissement) ont été décalés à 2021.
Cet écosystème commence à connaitre un certain regain de dynamisme. Ses perspectives d’évolution sont bonnes et le fonds Mohammed VI pour l’investissement viendra booster l'activité de cette industrie. Mais le contexte global reste fragile, d’après Meriem Zairi, directrice générale du fonds Seaf Morocco Growth fund (SMGF), Jointe par LeBoursier
L’écosystème semble ne pas pouvoir connaître un effet de rattrapage dans l'immédiat. « Je ne pense pas qu’on aura un effet de rattrapage en 2021 par rapport à l’année précédente. On sera plutôt dans une situation de Slow recovery ou rétablissement lent », estime notre interlocutrice.
« Nous sommes tous dans l’expectative mais on est dans une position bien meilleure que celle des pays de la région, grâce aux bonne nouvelles qui arrivent et à l’avancement de la campagne de vaccination d’une manière rassurante. Il n’empêche que le contexte reste assez fragile. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une volonté pour l’investissement. Les personnes qui ont l’argent disponible veulent soutenir et être un peu plus présents en termes d’investissement », ajoute-t-elle.
La question qui se pose est de savoir si cette volonté d’investissement va se traduire en deals. « Cela dépend du pipeline et de la qualité des opportunités qu’on va avoir », pense notre source.
Les fonds du capital investissement seront associés au fonds Mohammed VI. Meriem Zairi trouve que cela « constitue une belle opportunité pour l’industrie dans sa globalité. C’est l’occasion aussi pour cette industrie pour contribuer pleinement à la relance économique du pays. On est tous mobilisés autour de cet instrument ».
Mais, il ne faut pas compter que sur le fonds Mohammed VI. « Ce fonds sera un peu catalyseur de l’investissement et permettra d’améliorer l’attractivité du Maroc vis-à-vis des investisseurs internationaux. Mais cela ne veut pas dire qu’on doit croiser les bras, ce n’est pas le but de ce fonds. Il n'est là que pour nous donner un coup de pouce.
A rappeler que Tarik Haddi, président de l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital (AMIC) nous a expliqué dans un article précédent que « le fonds Mohammed VI pour l’investissement va investir en partie à travers des fonds de capital investissement. Nous avons proposé que cela se fasse à travers des OPCC que le fonds allait initier en faisant des appels d’offres et que des équipes de gestion viennent avec des propositions d’OPCC que le fonds choisit. Nous avons également proposé que les OPCC existants puissent solliciter le fonds Mohammed VI. Ceux répondant aux critères du fonds Mohammed VI pourront recevoir des fonds, à charge pour elles de les distribuer aux entreprises éligibles ».
D’une manière plus particulière, le fonds Seaf Morocco se prépare pour saisir cette opportunité. « On est en train de travailler sur un fonds commun avec une institution internationale pour un investissement qui pourrait atteindre de 50 millions de dollars. C’est un fonds global de 100 millions de dollars avec un focus particulier sur les PME à fort potentiel au Maroc. On approchera bien sûr le fonds Mohammed VI pour ce sujet. On a déjà commencé à prendre contact avec des investisseurs internationaux pour nous structurer autour de la thématique de relance économique post Covid », nous indique-t-elle.
Seaf Morocco vise la Fintech, Cleantech, la mobilité et la collecte de la data
Globalement, « on est en mode actif en termes d’investissement et de levée de fonds. On est ravi de considérer toutes les bonnes opportunités qui correspondent à nos critères de sélection. On va réaliser des transactions cette année. En parallèle, non seulement on investit avec des fonds déjà existants mais on essaie aussi de lever des fonds complémentaires dans le contexte du fonds Mohammed VI pour pouvoir attirer des investisseurs internationaux sur des segments différents».
Notre interlocutrice rappelle que le « fonds SEAF était très concentré sur la gestion du portefeuille existant pendant la crise pour s’assurer que l’ensemble des sociétés de portefeuille allaient surmonter la crise et même bénéficier des opportunités qui pouvaient être créées avec la crise».
Maintenant, en ce début d’année, « on est toujours focalisés sur la gestion du portefeuille existant d’une manière un peu plus appuyée que ce qu’on a l’habitude de faire mais un peu moins en comparaison avec l’année dernière ».
« On est en mode revue du potentiel d'investissement et on est en train de considérer des investissements dans la Fintech et Cleantech. Plus précisément, on étudie deux investissements en Fintech et un Cleantech. On n’a pas eu l’occasion d’avoir plusieurs opportunités sur ce dernier segment qui concerne, entre autres, tout ce qui est efficacité énergétique, mais ça commence à se développer. On est bien avancés dans nos revues d’opportunités et les perspectives restent positives sur ce segment. On touche à des segments un peu plus larges de l’internet consumer, d’une manière globale, qui concerne la construction de réseau qui peut être mis à profit de plusieurs services digitaux. On s’intéresse aussi au domaine de la mobilité ».
Avec ces quatre domaines dans le viseur, Seaf Morocco espère réaliser au moins deux investissements en 2021, d’après la directrice du fonds.
« On remettra également de l’argent dans au moins une société qi existe déjà dans notre portefeuille puisqu’on est satisfait par l’investissement réalisé », nous indique-t-elle.