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Bourse de Casablanca : pas d’IPO en perspective pour le moment à cause de la crise Covid

Bourse de Casablanca : pas d’IPO en perspective pour le moment à cause de la crise Covid
Mouna Ettazy
Le 3 février 2021 à 12h05 | Modifié 3 février 2021 à 12h05

La Bourse de Casablanca risque de connaitre une année blanche en termes d'IPO compte tenu de la dégradation de l’activité de plusieurs sociétés à cause de la crise du Covid et du manque de confiance des investisseurs qui peuvent ne pas mobiliser facilement les capitaux.

L’année 2021 risque d’être creuse en termes d’IPO (Initial Public Offering) à cause des conséquences de la crise du Covid-19. C’est en tous cas ce que prévoient quelques experts du marché.

Sollicité par LeBoursier, un membre du directoire d’une société de bourse de la place, préférant s’exprimer sous couvert d’anonymat, observe que « pour le moment, on ne voit pas d’IPO se profiler. Il n’y a pas de sociétés qui expriment leur volonté d’intégrer la bourse ».

Il trouve que c’est l’offre qui fait défaut. Et d’expliquer : « généralement, quand les entreprises qenvisagent de s’introduire en bourse, elles essaient de le faire dans de bonnes conditions. C’est-à-dire, elles doivent être bénéficiaires et sur une tendance haussière étalée sur au moins 2 à 3 ans, afin de gagner la confiance des investisseurs et les encourager à souscrire à l’opération ».

« Mais, à cause de la crise du Covid qui a impacté la plupart des sociétés, cette assurance - en termes de santé financière et de perspectives d’évolution - reste difficile à donner. Dans ce cas, les sociétés qui décideraient de s’introduire en bourse, risqueraient d’être sous-évaluées par le marché. Du coup, les sociétés sont réticentes à effectuer une IPO dans les conditions actuelles », souligne-t-il.

De plus, « les entreprises s'attellent plutôt ces temps-ci à surmonter les difficultés générées par la crise qu'à chercher à se développer. IElles ne peuvent pas se concentrer totalement sur de nouveaux investissements ou un changement d’actionnariat à travers une ouverture de capital », ajoute notre source.

Du côté de la demande, le marché semble preneur. « Le marché est propice aux IPO. Les indices boursiers sont en hausse parce qu’il n’y a pas de nouveaux papiers. Les investisseurs se rabattent sur les valeurs existantes. Il y a de la liquidité, il y a des capitaux à mobiliser. Mais, en face, les sociétés ne sont pas prêtes à s’introduire. De plus, elles ne peuvent pas présenter facilement des Business plan avec des perspectives d’évolution convaincantes et une santé financière solide ». 

Le marché est avide de nouveaux papiers, mais ceux-ci doivent être très rassurants. Cela risque d’être très difficle dans le contexte actuel d’après un directeur d’une société de bourse qui trouve qu’il serait vraiment difficile de mobiliser des fonds.

« Pour les investisseurs, ce n’est pas évident de se positionner sur une nouvelle valeur, dans le contexte actuel, sur laquelle on n’a pas vraiment de visibilité à court et moyen terme », ajoute-t-il.

Ainsi, il trouve que « le contexte n’est pas favorable pour des IPO. La confiance n’est pas au maximum. Ce n’est pas le moment de demander aux gens d’investir en bourse, et encore moins de demander à un émetteur de lever des fonds à la bourse de Casablanca. Du coup, les émetteurs risquent de ne pas bien être valorisés au moment de l’introduction et les capitaux pourraient être difficilement mobilisables ».

Cela dit, il y a des entreprises qui peuvent être bien accueillies par le marché malgré la crise. « Il y a des secteurs qui vont très bien et qui ont amplement profité de la crise du Covid, notamment le secteur agroalimentaire. Pour les entreprises appartenant aux secteurs qui ont bénéficié de la crise, peut-être que c’est le moment de s'introduire en bourse », pense notre interlocuteur.

Attendre le 2ème trimestre 2021

Il est difficile d’avoir de la visibilité en ce début d’année. D’après notre source, « il faut attendre au moins le deuxième trimestre 2021, le temps d’avoir un peu plus de visibilité sur l’évolution de la pandémie et de ses dégâts. L’impact de la crise sur l’année dernière est en cours d'évaluation et d’analyse. Et on a encore besoin de plus de temps pour décortiquer ces impacts, les digérer et commencer à se projeter dans l’avenir ». 

Mais, à vrai dire, la crise du Covid-19 n’est pas la seule à blâmer. La bourse de Casablanca n’a pas pu attirer suffisamment d’IPO au cours de ces dernières années, bien avant la pandémie. A rappeler que le marché casablancais n'a connu aucune introduction en 2017 et en 2019 (année pendant laquelle le marché a bénéficié de la cession de 8% des parts de l’Etat dans Maroc Telecom). 2018 a connu deux introductions en bourse : Immorente Invest et Mutandis. L’année 2020 a connu une seule IPO (Aradei Capital).

Il y a des initiatives qui ont été prises par l’AMMC et la Bourse de Casablanca afin d’améliorer l’accès au marché boursier, notamment à travers la mise en place d’un nouveau compartiment de cotation pour les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) et la création du marché alternatif. Ces solutions ont été jugées pas totalement suffisantes pour dynamiser le marché et ramener de nouveaux papiers. 

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Mouna Ettazy
Le 3 février 2021 à 12h05

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