Les priorités de Cash Plus après la sortie de Mediterrania Capital Partners de son tour de table
Après la cession de la participation de Mediterrania Capital Partners dans Cash Plus, les familles actionnaires Tazi et Amar détiennent chacune 50% du capital. Une introduction en bourse n’est pas recherchée par l’entreprise. Voici ses priorités pour l'avenir.
Le 1er février, le fonds d’investissement, Mediterrania Capital Partners (MCP) annonçait céder le reste de ses parts dans la société de transfert d’argent et de services financiers Cash Plus (fondé par la famille Amar). Après avoir acquis 49% du capital en 2014, le fonds d’investissement en avait cédé une partie en mai 2019 au groupe industriel Richbond, qui prenait possession de 40% du capital de la société.
Désormais, le fonds d’investissement est totalement désengagé de CashPlus et les dernières parts ont été cédées aux deux autres actionnaires, nous apprend Hazim Sebbata, directeur général de CashPlus. « Après l’entrée de la famille Tazi (Groupe Richbond) dans le capital, MCP détenait 20% de CashPlus, et les familles Amar et Tazi, 40% chacune. Les parts de MCP ont été cédées de manière égale aux deux familles (Amar, fondateurs de CashPlus et Tazi, Groupe Richbond). Elles détiennent désormais chacune 50% du capital » précise le directeur général de CashPlus.
Pas d'IPO ni d'entrée d'un nouvel actionnaire dans le capital
La sortie de MCP du capital de Cash Plus aurait pu se faire via la bourse. Mais il n'en a pas été ainsi. Cela dit, une IPO peut toujours constituer une option pour CashPlus afin de poursuivre son développement. Pour Hazim Sebbata, la réponse est non. Pour une raison simple, le besoin n’est pas là. « Concernant l’introduction en bourse, nous n’avons pas de projets dans ce sens. En général, les sociétés qui effectuent des IPO le font pour trouver du financement et poursuivre leur croissance. Nous avons les moyens de nos ambitions pour le moment et la société est suffisamment capitalisée pour cela. Donc en réalité, le besoin n’est pas là » nous confie le directeur général de CashPlus.
La croissance future de Cash Plus ne sera pas non plus catalysée par une nouvel arrivant au capital. « Il n’y a pas d’autres projets de mouvement de capital. L’arrivée d’un autre actionnaire n’est pas à l’ordre du jour. Le fait d’avoir deux familles apporte beaucoup de stabilité dans le tour de table » nous explique Hazim Sebbata.
Une stratégie maintenue après la sortie de MCP
Cette sortie de MCP ne marquera pas un changement dans la stratégie de Cash Plus pour son développement. « Pour le moment, nous sommes dans la continuité de ce que nous faisions. Il n’y a pas de bouleversements dans la gouvernance de l’entreprise. La famille Tazi est là depuis bientôt deux ans et ont déjà intégré la stratégie de l’entreprise. Il n’y a donc aucun revirement stratégique à attendre suite à ce mouvement de capital. La diversification des produits chez Cash Plus continue. Mais ce n’est pas nouveau et cela ne découle pas de cette opération » explique Hazim Sebbata.
Agréé comme établissement de paiement par Bank A Maghrib en 2018, la société a lancé en août dernier, la possibilité pour ses clients d’ouvrir des comptes de paiement plafonnés. « L’agrément d’établissement de paiement de Bank Al Maghrib nous permet dans un premier temps d’ouvrir des comptes pour les clients et d’émettre des moyens de paiements. Il s’agit ici du smartphone et de la carte bancaire que nous émettons en partenariat avec Mastercard. Nous sommes également interfacés avec tout l’écosystème de switching, les banques, etc… ce qui est le cas de tous les établissements de paiements » poursuit le directeur général de CashPlus.
En 2021, la stratégie de Cash Plus se poursuivra dans le développement des services numériques et dans la conquête d’un plus grand maillage territorial pour jouer le rôle d’agence de proximité auprès des clients. Et ce, notamment pour poursuivre le développement de ses activités porteuses, le transfert d’argent (national et international), le change manuel et le paiements de factures. « Le client est au milieu de ce que l’on fait. Il demande de plus en plus de produits et services. C’est souvent demandé avec une volonté de proximité. Ce qui nous pousse à être toujours plus proche des clients, d’où le développement physique de notre réseau que nous poursuivons (2 200 agences dans le pays aujourd’hui, ndlr). Nous devons également nous rapprocher du client numériquement. Nous avons lancé en 2020 une application que nous enrichissons avec de nouvelles fonctionnalités » poursuit Hazim Sebbata.
Confiance en l’avenir et espoir dans les paiements mobiles
Avec une année 2020 marquée par la forte prise de conscience du besoin de numérisation, Cash Plus reste confiant quant à son activité cette année. « Le transfert d’argent a été très dynamique ces dernières années et je pense qu’il continuera à l’être. La période covid-19 a montré que le cash a bondi et reste très dynamique au Maroc. En pleine crise sanitaire, il est difficile d’imaginer aller à la direction générale des impôts pour payer sa vignette automobile. Cela se fait en agence ou par smartphone. Cette tendance importante continuera sur d’autres services. Notre vision reste largement omnicanal pour donner l’option au client de choisir ce qui l’arrange le plus » conclut Hazim Sebbata.
Et cette année, concernant l'avenir de cette industrie, les challenges se situent au niveau des paiements mobiles. Malgré une belle progression de 140% du nombre de m-wallet depuis mars 2020, les transactions effectuées demeurent faibles. Pour Hazim Sebbata, « en 2021, l'un des plus gros enjeux dans notre industrie sera le comportement du paiement mobile. Je pense que le plus gros challenge sera de trouver un moyen de motiver les commerçants à adopter ce dispositif de paiement pour permettre un vrai décollage du service » conclut-il.