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Les créations d’entreprises chutent de 20,4% à fin septembre

Les créations d’entreprises chutent de 20,4% à fin septembre
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Le 1 décembre 2020 à 16h34 | Modifié 1 décembre 2020 à 16h34

La pandémie et ses effets ont fortement affecté les créations d’entreprises au Maroc. La baisse a été engendrée par la fermeture des tribunaux de commerce pendant des mois mais également par la mauvaise conjoncture économique. Celle-ci risque d'impacter les créations en 2021 également.

 

Le baromètre des créations d'entreprises de l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC) montre que le nombre de créations d’entreprises a diminué de 20,4% à fin septembre 2020 par rapport à la même période en 2019, passant de 69 786 à 55 531 entreprises.

Près de 40% des créations concernent le secteur du commerce, 16,75% le BTP et les activités immobilières, 16,07% les services. Sur la même période en 2019, le commerce était également en tête avec 42,24% des créations d’entreprises, suivi des services avec 17,06% et le BTP avec 16,13%. La crise n’a donc pas rebattu les cartes dans la répartition sectorielle.

Mais sur le plan géographique la crise a affecté certaines régions plus que d’autres. Si la région Casablanca-Settat dénombre le plus de créations d’entreprises avec 14 606 créations, leur nombre a chuté de 12,4% dans la région. Mais pour d’autres région comme Tanger-Tétouan-Al Hoceima, la chute a été plus lourde. Sur la période, en 2019, la région comptait 12 709 créations d’entreprise. En 2020, il y en a eu 7 079, soit 44,3% de moins.

Un ralentissement technique et conjoncturel

Cette baisse dans les créations d’entreprises peut s’expliquer par deux facteurs. Contacté, Amine Diouri, directeur des études et de la communication chez Inforisk D&B nous explique : « Il y a dans un premier temps l’aspect purement technique. L’enregistrement auprès des tribunaux et CRI a été totalement paralysé pendant la période du confinement. Cela a dû décourager énormément de personnes, particulièrement dans les grandes villes, plus durement frappées par la crise sanitaire ». Le nombre n'est donc pas nécessairement représentatif de la réalité, à l'instar du nombre de défaillances d'entreprises dans le pays. « Les chiffres de 2020 montrent que les défaillances ont diminué de 35% sur l’année. Or cela ne correspond pas à la réalité des faits. Car avec le confinement et ensuite les vacances judiciaires sur le mois d’août, le traitement des dossiers n'a pleinement repris que début septembre » rappelle Amine Diouri.

Mais au-delà de l’aspect technique, la conjoncture économique dessinée par la crise dissuade les entrepreneurs. « Quand on crée son entreprise, généralement, c’est que l’on a plus ou moins confiance en l’avenir et dans les perspectives du marché. Aujourd’hui, c’est assez difficile d’avoir une vision claire sur les deux sujets » poursuit-il.

Dans cette chute des créations d’entreprises, il faut également faire le distinguo entre les entreprises personnes morales et les personnes physiques. Alors qu’en 2020 le nombre de créations personnes morales a globalement maintenu son niveau, passant de 37 602 à 35 349, celui des personnes physiques s’est amoindri de 37,3%. Passant ainsi de 32 184 à 20 182. « Je pense que les entreprises personnes physiques sont des salariés qui ont une activité en parallèle. Maintenant, avec la crise, la perte des emplois entraine une perte de revenus, donc de capital et forcement cela devient plus difficile de créer son entreprise quand on a peu de capitaux à apporter » décrypte Amine Diouri.

2021, année de temporisation ?

La tendance va-t-elle se poursuivre en 2021 ? Pour Amine Diouri, il y a deux courants de pensée. Temporiser l'acte de création d'entreprise le temps que la crise passe ou le concrétiser comme alternative. Il explique, « les gens ayant perdu leur emploi vont devoir retrouver du travail et cela sera probablement complexe dans un contexte de crise. L’idée sera peut-être de créer une mono-activité, une petite entreprise… Cela reste une question de moyens et certains formats de création en requierent très peu. Mais on sait aujourd’hui qu’avec les problématiques des délais de paiements, il faut un fonds de roulement de démarrage assez conséquent. Si ces personnes se retrouvent payées par leur client au bout de 6 ou 8 mois, cela va devenir compliqué ».

D'un autre côté, le Maroc reste fortement ancré dans la création d'entreprises sur des secteurs fortement affectés par la crise. « Il faut aussi rappeler que le Maroc ne créé que peu d’entreprises à forte valeur ajoutée. On reste sur des métiers traditionnels tels que le commerce, le BTP, l’immobilier etc… Le contexte actuel fait que ce n’est pas le bon moment pour le faire. En face, les TIC par exemple sont un secteur qui bénéficie fortement de la crise, mais je pense que cela bénéficie beaucoup aux acteurs déjà en place. Il ne faut pas croire qu’aujourd’hui on peut monter une entreprise dans ce secteur facilement. Cela nécessite de la logistique, des investissements, des coûts…  » explique Amine Diouri.

Mais avec les stigmates de la crise économique et l’incertitude grandissante quant aux perspectives économiques, le taux d’échec pourrait s’avérer important. « Pour ma part, je pense que la situation ira vers la temporisation des créations du fait de la peur dans un contexte troublé », conclut Amine Diouri.

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