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Capital Investissement : Les secteurs clés et leviers de croissance à partir de 2021

Capital Investissement : Les secteurs clés et leviers de croissance à partir de 2021
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Le 23 octobre 2020 à 16h52 | Modifié 23 octobre 2020 à 16h52

L’industrie du capital Investissement veut profiter des opportunités de la relance économique. Les métiers mondiaux, la santé et les nouvelles technologies, entre autres, seront plébiscités. L’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), dresse ses principaux relais de croissance pour la période 2021-2023.

Le secteur du Capital Investissement a été lourdement impacté par la crise de la covid-19. Selon Tarik Haddi, président de l’AMIC, le trou d’air avant la relance devrait durer deux ou trois ans. « Le marché est sinistré. Tout ce qui est dans les pipelines en termes d’investissement et de désinvestissement a été décalé et personne ne sait pour encore combien de temps. Tout le monde pensait qu’il y aurait une embellie en septembre et au final les envies de réinvestir sont retombées » déplore-t-il. Mais avec cette crise, le secteur dispose d’opportunités dans le contexte de relance économique du pays.

Les investissements prometteurs post Covid-19

Si la visibilité demeure encore faible concernant 2021, l’industrie du capital investissement liste déjà les secteurs les plus prometteurs dans la période post-Covid-19. Pour l’AMIC, ils concerneront principalement les métiers mondiaux du Maroc (électronique, automobile, spatiale, aéronautique…), l’agro-alimentaire, l’économie numérique, l’énergie verte, l’éducation et la santé. « Nous nous sommes demandés de quoi allait dépendre la survie et le développement de nos entreprises. Elles reposent sur des marchés géographiques de plus grandes tailles et en croissance, d’amélioration de la compétitivité et d’une diversification vers la nouvelle économie », nous explique le président de l’AMIC. Pour cela, l'association a dressé 6 principaux relais de croissance sur la période 2021-2023 pour l’industrie du capital investissement.

Premièrement, le développement sur de nouveaux marchés géographiques en croissance. Cela passerait donc par des investissements dans des sociétés aptes à générer de la croissance externe, notamment à l'international, ou en poussant des entreprises déjà en portefeuille saisir ces opérations de croissance.

Le second relai de croissance pour les entreprises déjà dans les portefeuilles des capital investisseurs, seraient les investissements de productivité et de mise à niveau. « Cela permet de réduire les coûts de fonctionnement et donc d’accroître la compétitivité des entreprise marocaines », explique Tarik Haddi.

Le troisième relai de croissance concerne l’intégration des chaines de valeur ou autrment dit, la diversification en amont et en aval. « Aujourd’hui, il y a des pressions sur les prix, même ceux des produits de bases. Il y a donc un sens à s’intégrer verticalement pour les industriels en intégrant toute la chaîne de valeur. Ces mouvements stratégiques peuvent être accompagnés par les fonds d’investissements sur cette période de relance entre 2021 et 2023 » confie Tarik Haddi.

Quatrième relai de croissance pour le capital investissement, l’accompagnement dans la mobilité sectorielle et l’ouverture à la nouvelle économie. « Un distributeur classique peut aller vers des market places numériques et se diversifier dans les nouvelles filières existantes » précise le président de l’AMIC.

Les deux derniers relais de croissance font référence à la nouvelle stratégie industrielle marocaine. Notamment privilégier les investissements dans la relocalisation et les entreprises aptes à en capter les opportunités. « Dans ce contexte, les gens s’approvisionneront de moins en moins en Chine et développerons de nouvelles chaines de valeur. Nous sommes à 13 kilomètres de l’Europe et disposons d’une carte à jouer dans le développement de ce mouvement stratégique » poursuit notre source. Idem pour le sujet de la décarbonisation où les capital investisseurs peuvent accompagner les entreprises marocaines pour une production plus verte. Une opportunité de rester compétitif face à la préparation de la nouvelle taxe carbone européenne, imposant des barrières à l’entrée aux produits fabriqués par des énergies non renouvelables.

Et pour Tarik Haddi, ces accompagnements sont le cœur même du private equity. « La banque ne pourra pas financer ces projets stratégiques car elle est sur un mass market. Ainsi, il lui est difficile de s’adresser à chaque acteur avec un suivi sur mesure. Pour chaque investissement le suivi est fait sur la création de valeur, l’accroissement de la productivité, les emplois directs et indirects, etc… Nous avons nous-même des investisseurs institutionnels qui font de cela une priorité » détaille Tarik Haddi.

Pour pouvoir booster l’industrie et permettre un soutien économique aux PME et entreprises de tailles intermédiaires, l’AMIC a cependant des recommandation concernant le PLF2021.

Un investissement en contrepartie d’appuis de l'Etat

Si les doléances du secteur, lors du PLF 2020, sont restées lettres mortes, l’AMIC continue de prêcher pour des mesures incitant à l’essor du capital investissement. Aujourd’hui, selon les derniers chiffres de l’AMIC, un peu plus de 200 entreprises sont accompagnées par ce système de financement. Mais les fonds seraient-ils prêts à jouer le jeu dans l’accompagnement d’une multitude d’autres entreprises, avec les risques que cela comporte ?

Pour Tarik Haddi, des garanties sont de mises. « En France, cela a commencé par des mécanismes de garantie mis en place par l’Etat. Nous revenons à nos recommandations et sollicitont notamment le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, qui pourrait jouer un rôle dans l’accompagnement des sociétés de gestion pour qu’elles puissent prendre ces risques à travers des garanties. Cela peut aussi passer par des incitations fiscales pour les investisseurs institutionnelles ou encore des garanties de la Caisse Centrale de Garantie  » explique notre source.

Outre les garanties, certains avantages fiscaux permettront une réelle naissance d’un écosystème de capital investissement selon le président de l’AMIC. Notamment :

  • l’exonération de la TVA sur les frais de gestion
  • l’incitation fiscale sur les sociétés cibles avec, pour les sociétés de moins de 5 ans, un crédit d’impôt de 20% du montant de l’augmentation de capital activable dès l’enregistrement des premiers bénéfices. Pour les sociétés de plus de 5 ans, un abattement de 25% ou 50% de l'IS pendant 3 ans en cas, respectivement de cession d’au moins 20% du capital, ou d’augmentation de capital d’au moins 20% du capital
  • La mise en place d’un crédit d’impôt de 25% du montant investi pour les investisseurs dans les fonds d’investissements

« Avec la crise, nous espérons que nous serons entendus cette fois-ci » conclut le président de l’AMIC.

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