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Post-Coronavirus : des pistes pour améliorer la politique industrielle du Maroc (Policy Center for the New South)

Post-Coronavirus : des pistes pour améliorer la politique industrielle du Maroc (Policy Center for the New South)
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Le 10 juin 2020 à 16h45 | Modifié 10 juin 2020 à 16h45

Policy Center for The New South a organisé ce mardi 9 juin un Webinaire sous le Thème “Quelle stratégie industrielle pour le Maroc de demain?”. Ce fut l’occasion de discuter les stratégies que pourrait mettre en oeuvre le pays pour améliorer sa politique industrielle post-Covid-19.

 

Dans le cadre de la reconfiguration internationale imposée par la crise sanitaire, il y a deux pistes qui s’offrent au Maroc au niveau industriel : 

- Tirer profit des opportunités qui seront présentés par la relocalisation,

- Valoriser la production marocaine pour substituer quelques produits historiquement importés.

Uri Dadush, Senior Fellow au Policy Center for the New South a évoqué l’impact de la crise sanitaire au niveau de l’industrie médicale mondiale.

“On a eu peur à un moment donné de ne pas avoir assez de ventilateurs aux Etats Unis et un peu partout dans le monde”, a-t-il déclaré.

Selon lui, la crise sanitaire a changé les perceptions au niveau des relations internationales mais elle n’a toutefois pas changé les règles de l'économie.

“Les accords stratégiques entre les pays m’apparaissent plus rationnels que d’essayer de tout fabriquer localement.” précise t-il.

Certes, les inégalités sont plus flagrantes durant cette crise sanitaire et sont attribuées à la concurrence internationale déloyale. Selon la même source, ces dernières font augmenter les mouvements protectionnistes ou nationalistes. Toutefois, l’histoire nous enseigne qu'à long terme, on ne peut pas se passer de la globalisation. Cela parce qu’elle est poussée par deux forces fondamentales :

- La tendance des êtres humains d’acheter là où ça coûte moins cher et de vendre là ou on peut le faire à un meilleur prix

- L’innovation technologique réduit le coût du commerce et introduit de nouveaux produits et de nouvelles façons de faire dont tous les pays ont besoin.

D’après la même source, "Même après le Covid-19, le Maroc doit persister dans sa stratégie de connexion à l’industrie internationale et spécialement en Europe, son partenaire le plus important et le plus proche mais doit maintenir sa position de lien entre ce continent et l’Afrique.. Le pays doit également développer sa productivité dans tous les secteurs."

D’après Nourredine El Aoufi, Professeur à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales à l’Université Mohammed V de Rabat, la nouvelle situation liée au Covid-19 pousse le Maroc à repenser plusieurs paradigmes dont le paradigme industriel.

“C’est le régime industriel qu’il faut changer. Il faut une reconfiguration sectorielle et une nouvelle expérience de pensée grâce à la recherche scientifique nationale. C’est ce qui permettra au Maroc d’élaborer une nouvelle politique industrielle, servie par de nouvelles stratégies sectorielles” explique t-il.

Selon lui, les deux principaux fondamentaux d’une politique industrielle réussie sont les suivants :

- L’industrie doit être tirée par le développement et non la croissance. Car cette dernière n’est qu’un objectif du développement. Ce dernier a par contre pour but le bien être social. Ainsi, l’industrie doit permettre de satisfaire les besoins essentiels de la population (santé, services publics..) et créer des emplois décents. Elle doit également être focalisée sur la qualité, les normes sociales ainsi que l'environnement. 

- L'industrialisation doit être accompagnée par l’Etat. Cela car il y a des secteurs souverains ou stratégiques où des barrières à l’entrée empêchent des entreprises privées d'y accéder. L’Etat doit être présent dans ces secteurs (comme le secteur de l'agroalimentaire ou le secteur pharmaceutique) et doit collaborer avec le secteur privé dans le cadre de partenariats public-privé.

De son côté, Mohammed Bachiri, directeur général de Somaca, Vice président de la CGEM et président de la commission innovation et développement industriel, souligne comment le Maroc a profité de la crise sanitaire pour créer une opportunité grâce à la production locale de masques. 

Selon lui, le “made in morocco” doit être développé grâce à ces cinq points : 

- La sensibilisation et communication : le Maroc doit développer une campagne pour informer les citoyens de tous les produits fabriqués au Maroc ainsi que de leur qualité,

- L’intégration locale : le pays doit développer et produire localement des matières premières pour avoir assez de composants pour créer davantage de produits,

- Les subventions étatiques doivent être dédiées aux entreprises qui produisent grâce à des matière premières localement élaborées. 

- La Recherche et le développement doivent régler les problèmes opérationnels des entreprises. Il faut également donner aux entreprises accès aux crédits à l’innovation , et continuer dans cette dynamique de digitalisation, qu'on connait actuellement, après la crise.

- Développer les compétences des salariés et collaborateurs des entrepries car améliorer la productivité n’est pas synonyme de licenciements.

- L’innovation sociale qui est tirée par le dialogue, des idées de rupture et l’amélioration de la qualité.

Enfin, Sanae Lahlou, Directrice de la Business unit Afrique au Cabinet Mazars Maroc souligne également que la présence du Maroc doit être renforcée au niveau de l’industrie Africaine et mondiale à travers la création de chaînes de valeurs régionales et continentales, la valorisation des produits et le profit des économies d'échelles.

Ci-dessous le Webinaire en question.

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