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Banque Mondiale : 60 millions de personnes risquent de basculer dans l'extrême pauvreté en 2020

Banque Mondiale : 60 millions de personnes risquent de basculer dans l'extrême pauvreté en 2020
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Le 4 juin 2020 à 16h16 | Modifié 4 juin 2020 à 16h16

Selon une analyse de la Banque Mondiale, il est nécessaire de protéger les services publics essentiels, apporter des ressources financières directement aux populations et soutenir le secteur privé pour limiter les dommages de la crise sanitaire et préparer la reprise.

La pandémie du Coronavirus et la mise à l’arrêt de l’activité économique viennent porter un sérieux coup à l'économie mondiale, et en particulier aux pays les plus pauvres.

Selon une analyse de la Banque Mondiale, publiée mardi 2 juin les pays en développement et la communauté internationale peuvent agir dès maintenant pour accélérer la reprise après le pic de la crise sanitaire et atténuer ses effets négatifs à long terme.

« Selon les estimations actuelles, 60 millions de personnes risquent de basculer dans l'extrême pauvreté en 2020. Et ce chiffre pourrait encore grimper, en fonction de l’évolution d’une situation qui dépendra principalement de la réouverture des économies avancées, déclare le président du groupe de la Banque mondiale, David Malpass.

Les populations pauvres et vulnérables sont les plus durement touchées par la pandémie, du fait de leur exposition au virus, de la fermeture des établissements scolaires et de la baisse des remises migratoires.

En face, les mesures nécessaires pour protéger la santé publique ont affaibli une économie mondiale déjà fragile, provoquant de sévères récessions dans les économies avancées comme dans les pays émergents et en développement. 

Parmi ces pays, plus particulièrement, ceux dont les systèmes de santé sont défaillants, ceux qui dépendent fortement du commerce mondial, du tourisme ou des envois de fonds de l'étranger, et ceux qui sont tributaires des exportations de produits de base seront particulièrement touchés.

À long terme, la pandémie laissera des séquelles durables à travers de multiples répercussions à savoir : la baisse des investissements, le déclin du capital matériel et humain dû à la fermeture des entreprises, l’érosion des apprentissages scolaires, la perte d'emplois et l'affaiblissement du commerce mondial et des chaînes d'approvisionnement.

Les politiques de relèvement à court et à long terme devront s’attacher à renforcer les services de santé et à mettre en place des mesures de relance très ciblées pour stimuler la croissance. Il s’agira notamment de soutenir le secteur privé et d’apporter des ressources financières directement aux populations pour permettre un retour plus rapide à la création d’entreprises.

Ainsi, durant la phase d’atténuation des chocs, les pays doivent se focaliser sur le soutien à l’activité économique avec un appui ciblé destiné à fournir des liquidités aux ménages, aux entreprises et aux services de l’État essentiels. Toutefois, les décideurs publics devront en même temps rester vigilants face aux risques de perturbations financières.

Puis, pendant la phase de reprise, les pays devront ajuster la baisse de l’aide publique et cibler des problèmes de développement plus vastes. 

Dans le monde post-pandémie, il sera essentiel d’adopter des politiques qui prennent en compte et promeuvent la nécessité de nouveaux types d’emplois, d’entreprises et de systèmes de gouvernance. Renforcer la transparence des engagements financiers et des investissements contribuerait également à rétablir la confiance et à faciliter la croissance des investissements.

La baisse des prix du pétrole pourrait affaiblir les finances des pays producteurs

Par ailleurs, les restrictions à la mobilité et la récession mondiale ont entraîné en mars la plus forte baisse jamais enregistrée sur un mois des prix du pétrole. En effet, la chute brutale de la demande s'est accompagnée d'une forte augmentation des stocks mondiaux de pétrole. 

À court terme, alors que les restrictions sur les transports et les voyages sont maintenues, la faiblesse des prix du pétrole ne favorisera probablement pas beaucoup la croissance. Elle pourrait, au contraire, aggraver les conséquences de la pandémie en affaiblissant davantage les finances des pays producteurs..

« Les économies émergentes et en développement exportatrices de pétrole sont entrées dans la crise actuelle avec des situations budgétaires érodées après avoir puisé dans leurs réserves pour faire face à la chute des prix pétroliers en 2014-2016. Outre la crise de santé publique sans précédent, ces pays connaissent aujourd'hui un fort ralentissement économique en raison de l'effondrement de leurs recettes d'exportation" explique Ayhan Kose, directeur de la division Perspectives de développement à la Banque mondiale. 

“Même si les cours du pétrole remontent avec le redémarrage de la demande mondiale, cette récente chute des prix rappelle à nouveau aux pays exportateurs de pétrole combien il est urgent de poursuivre les réformes pour diversifier leurs économies.” précise la même source.

La faiblesse actuelle des prix du pétrole est également l'occasion de revoir les politiques de tarification de l'énergie. Ainsi, les économies émergentes et en développement importatrices d'énergie doivent abandonner les dispositifs de subventions coûteux et affecter leurs ressources budgétaires limitées à des secteurs plus prioritaires, en particulier pour améliorer leurs systèmes de santé publique et d'éducation.

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Le 4 juin 2020 à 16h16

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