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Virus: les salariés américains pas égaux face à la récession

Virus: les salariés américains pas égaux face à la récession
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Le 1 juin 2020 à 9h07 | Modifié 1 juin 2020 à 9h07

A mesure que le coronavirus s'est répandu aux Etats-Unis, la population active du pays s'est divisée en deux catégories de gens: ceux qui peuvent travailler de chez eux, et ceux qui ne peuvent pas.

Les serveurs, employés d'hôtels, d'attractions touristiques et autres entreprises de services à la personne ont été parmi les plus touchés par les vagues de licenciements, ainsi que les salariés en bas de l'échelle.

Alors que la pandémie est loin d'être finie, les analystes prévoient une aggravation des inégalités dans la première économie mondiale.

"Les personnes qualifiées, qui s'en sortent bien et sont en télétravail, vont demander à leurs employeurs des arrangements pratiques pour eux", note Jesse Rothstein, ancien économiste du ministère du Travail qui enseigne désormais à l'University of California.

Les salariés peu qualifiés, quant à eux, "vont prendre plus de risques pour moins d'argent".

Jerome Powell, le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), a décrit la pandémie comme "un grand amplificateur des inégalités".

Mais les experts estiment que ce n'est pas inévitable, surtout si le Congrès passe de nouvelles mesures de soutien aux entreprises en difficulté et aux consommateurs.

"Nous avons l'opportunité d'améliorer la situation, même par rapport à avant, mais cela ne va pas se produire tout seul. Il faut de la volonté politique", remarque Claudia Sahm, une ancienne économiste de la Fed, chercheuse au Washington Center for Economic Growth.

- Récession inégalitaire -

Quand la pandémie de Covid-19 est arrivée aux Etats-Unis, le chômage était à un niveau historiquement bas -- 3,5% en février selon les statistiques officielles -- et les salaires longtemps stagnants commençaient juste à monter.

Mais le marché de l'emploi n'était pas aussi sain qu'il en avait l'air.

L'index de qualité de l'emploi dans le secteur privé (JQI), une statistique dont le gouvernement se sert pour évaluer l'équilibre entre les postes bien payés ou non (hors managers), était en baisse depuis des années.

En février, cet index était à son niveau le plus bas depuis mars 2012, car beaucoup d'emplois créés étaient rémunérés en dessous de la moyenne hebdomadaire.

D'après une étude publiée l'année dernière par la Brookings Institution, 44% des salariés américains perçoivent de "bas revenus", avec un revenu médian de 18.000 dollars par an seulement.

Conséquence des mesures de confinement, le chômage a atteint les 14,7% en avril, un niveau jamais vu depuis la Grande dépression d'il y a presque un siècle, et l'économie se dirige désormais vers une récession quasi certaine.

Les experts du gouvernement considèrent que les licenciements sont temporaires.

Mais Michael Weber, un professeur de l'University of Chicago Booth School of Business, avertit que si les sociétés ferment ou réduisent leur personnel, les demandeurs d'emploi se retrouveront en compétition les uns contre les autres, ce qui fera baisser les salaires, une tendance typique des récessions.

- Qui embauche ? -

La chaîne de supermarchés Kroger, le géant du commerce en ligne Amazon et plusieurs chaînes de fast-food ont annoncé des embauches massives ces derniers mois.

Mais "il s'agit des mêmes employeurs qui sont critiqués depuis des années parce qu'ils payent des salaires déraisonnablement bas", remarque Michael Weber. "Ils sont souvent liés à des situations de revenus précaires", ajoute-t-il.

Pour Robert Hockett, de la Cornell University, les employés devraient demander des primes de risque pour travailler dans des environnements exposés à la contagion.

La Fed a d'ailleurs rapporté cette semaine que des employeurs de la région de Boston avaient temporairement augmenté les salaires de 30%, pour cette raison. Amazon a augmenté de 2 dollars son salaire minimum de 15 dollars de l'heure pour les postes dans les entrepôts.

En pratique, les chômeurs risquent de ne pas avoir le choix, surtout si le Congrès échoue à étendre les prêts aux PME et les allocations chômage mis en place par le plan de relance titanesque de 2.200 milliards de dollars approuvé en mars.

Le gouvernement de Donald Trump s'est montré réticent à l'idée de dépenser plus en mesures de soutien pour les travailleurs, prédisant que le coronavirus allait être vaincu et que l'économie allait repartir de plus belle en juillet.

Mais de nombreux économistes doutent d'une reprise rapide. "On marche sur la corde raide, en ce moment", souligne Robert Hockett.

(AFP)

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