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La BCE prête à muscler sa réponse face au coronavirus

La BCE prête à muscler sa réponse face au coronavirus
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Le 30 avril 2020 à 10h46 | Modifié 30 avril 2020 à 10h46

Après sa série de mesures exceptionnelles face à la pandémie de coronavirus, la Banque centrale européenne (BCE) devrait se dire prête jeudi 30 avril à aller plus loin, tout en exhortant les gouvernements à accoucher d'une réponse commune.

Très virulente en mars face à l'action limitée des Etats, la présidente de l'institut Christine Lagarde a encore mis en garde les dirigeants européens, la semaine dernière, contre le risque "d'agir trop peu, trop tard", alors que la zone euro pourrait voir son PIB chuter de 15% cette année.

Mais faute d'accord européen sur des mécanismes de solidarité budgétaire, "c'est à nouveau la BCE qui doit réaliser l'essentiel de la politique économique pour lutter contre les effets récessifs de la crise", déclare à l'AFP Eric Dor, directeur de recherche à l'Institut d'économie scientifique et de gestion (IESEG).

A partir de 12H30 GMT, lors d'une conférence de presse virtuelle, Mme Lagarde devrait marteler que l'institution de Francfort est "déterminée à augmenter la taille de ses interventions, si nécessaire, pour continuer à stabiliser les marchés des dettes publiques et privées", ajoute l’expert.

Il s'agit d'abord, pour la BCE, de soutenir les mesures déployées par les gouvernements pour aider ménages et entreprises, qui vont créer une montagne de dette publique chiffrée à 1.000 milliards d'euros rien que pour l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne.

 Taille du bazooka 

Or "tant que le partage des risques" entre Etats européens sera "limité", les tensions "persisteront" sur les emprunts émis par des pays aux finances fragiles, comme l'Italie, souligne la banque Goldman Sachs.

Jeudi, la BCE "discutera probablement d'une extension du programme d'achat d'urgence (PEPP)”, estime donc Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste de la banque KfW: dégainé le 18 mars, ce bazooka inédit prévoit déjà de dépenser 750 milliards d'euros en dette publique et privée d'ici la fin de l'année.

Goldman Sachs table sur un gonflement de volume "de 500 milliards d'euros", et s'attend même à une décision dès cette semaine.

D'autres économistes misent davantage sur le mois de juin, au moment où la BCE disposera de nouvelles prévisions économiques pour se décider.

La BCE pourrait aussi choisir d’augmenter les achats mensuels de dette dans le cadre de son programme d'assouplissement quantitatif (QE) mené depuis 2015, au-delà des 120 milliards déjà ajoutés en mars, prévoit M. Dor.

Alors que l'institution vient d'accepter comme garanties bancaires des obligations dégradées en catégorie "spéculative", couramment appelée "pourrie" (junk), une option serait d'intégrer ces titres aux programmes de rachat de dette, ce qui reste interdit à ce jour. A moins que la BCE ne lève cette barrière juridique de son propre chef.

 Stimuler les prêts 

Mme Lagarde devrait également expliquer comment la BCE va mener ses rachats d'obligations, maintenant qu'elle a fait sauter la limite de 33% du stock de dette détenue pour un pays donné, dans une décision retentissante du 26 mars.

Il est en revanche peu plausible, aux yeux des économistes, que l'institut abaisse son taux de crédit déjà négatif à -0,5%, qui revient à ponctionner les banques sur les liquidités qu'elles confient à la BCE au lieu de les distribuer sous forme de crédits.

Pour soulager les établissements financiers, et surtout "les encourager à prêter", la BCE devrait au contraire relever la part de ces fonds exonérée du taux de crédit, selon M. Dor.

Un autre geste envers les banques pourrait consister à rendre encore plus favorables les prêts de long terme (dits TLTRO) que leur accorde la BCE, à condition qu'elles soutiennent à leur tour les PME fragilisées par la crise.

(AFP)

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