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Covid-19 : les 3 chocs économiques que subit le Maroc, selon Coface

Covid-19 : les 3 chocs économiques que subit le Maroc, selon Coface
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Le 30 avril 2020 à 18h28 | Modifié 30 avril 2020 à 18h28

Confinement, chute des cours des phosphates et autres minerais et arrêt du tourisme sont les trois chocs économiques que subit le Maroc à cause de la pandémie du Covid-19, selon une étude de Coface sur les pays émergents.

 

Coface a publié, mardi 29 avril, une étude intitulée « Le Covid-19 remet la dette des pays émergents sur le devant de la scène ». Celle-ci commence par souligner que les conséquences de la pandémie de Covid-19 seront très lourdes sur les économies émergentes.

Plus précisément, les pays émergents feront face à 4 principaux chocs : hausse des taux d'intérêts et baisse des taux de change ; baisse des recettes fiscales à cause du confinement ; baisse des exportations des matières premières et chute des recettes touristiques.

Selon Coface, le Maroc est concerné en grande partie par les 3 chocs liés au confinement, aux exportations des matières première non agricoles (phosphates et autres minerais) et à la dépendance au tourisme.

Risque de taux d'intérêt et de change 

Face à la montée des incertitudes, causée par la propagation de la pandémie du Covid-19, il a été remarqué qu’il y a eu des sorties de capitaux massives chez les pays émergents.

« Au cours du mois de mars, les ventes d’obligations et d’actions de 24 marchés émergents par des investisseurs étrangers ont dépassé 80 milliards de dollars, soit 4 fois plus qu’au cours du dernier trimestre 2008 », selon l’étude.

Les sorties de capitaux ont été moins importantes lors de la première moitié d’avril. Des entrées nettes ont été observées lors de la 3ème semaine du mois d’avril.

Quoiqu'il en soit, les monnaies des pays émergents ont été affectées. « Dans cette période au cours de laquelle toutes les décisions n’ont pas été rationnelles, même des devises de pays avec des fondamentaux solides se sont dépréciées ».

L’étude précise que « les devises de pays émergents ayant des marchés financiers liquides sont celles qui ont été les plus pénalisées : au cours du 1er trimestre, les dépréciations de devises les plus fortes face au dollar ont été au Brésil, en Afrique du Sud, en Russie et au Mexique (plus de 25%). Viennent ensuite la Colombie et l’Indonésie ».

Coface explique que « ces sorties de capitaux engendrent une montée des taux souverains en devise locale. Elles entraînent donc un durcissement des conditions de financement des États dans une période où les banques centrales essaient au contraire de les assouplir pour les ménages et les entreprises en réduisant leurs taux directeurs ».

Les taux d’intérêt des obligations souveraines ont augmenté significativement chez les pays émergents dont le marché obligataire est en devise locale. « Les émissions en devise locale couvrent certes l’émetteur du risque de change, mais comportent une hausse de taux d’intérêt supplémentaire. Ainsi, les économies qui pensaient s’être affranchies du « péché originel » en privilégiant les émissions en monnaie locale ne sont finalement pas immunisées aujourd’hui ».

Les autres économies émergentes ou en développement qui n’ont pas pu émettre en devises locale sont aussi pénalisées par une montée des taux d’intérêt souverains. 

Confinement 

Les pays touchés par la pandémie et dont les gouvernements ont décidé des mesures de confinement obligatoires (au niveau national ou local) devront faire face à une montée de l’endettement résultant de la diminution des recettes liée à ce confinement et de l’augmentation des dépenses de santé ainsi que de celles destinées à atténuer les conséquences économiques sur la population. 87 pays étaient dans cette situation le 10 avril dernier.

La dépendance des exportations des matières premières

Après la chute historique des cours de pétrole le 20 avril dernier, Coface anticipe un rebond des cours au 2ème semestre pour se situer à 45 dollars. 

Toutefois, « le niveau anticipé est insuffisant pour que la plupart des principaux pays exportateurs équilibrent leurs soldes budgétaires et courants. D’autant plus, qu’à cet effet prix s’ajoute un effet volume pour les pays (dont l’Arabie saoudite) qui ont accepté de réduire drastiquement leur production afin de limiter l’ampleur de la chute des cours engendrée par celle de la demande ». 

S’agissant des exportateurs nets d’autres matières premières non agricoles, ils subissent une détérioration de leurs balances en ce début d’année 2020. 

« Les pays exportateurs de matières premières sont ceux dont le solde budgétaire devrait le plus se détériorer cette année », souligne l’étude.

La dépendance aux recettes touristiques 

Bien évidemment, les pays dépendants des recettes touristiques seront affectés par les restrictions de déplacement imposées après la fermeture de leurs frontières afin de limiter la propagation du Covid-19. 

Dans ce contexte, Coface indique que l’Organisation mondiale du tourisme prévoit une baisse de 30% des arrivées de touristes pour 2020 plus de 7 fois supérieure à la baisse enregistrée en 2009. Le secteur touristique pèse pour au moins 15% du PIB dans 45 pays, dont le Maroc, la Tunisie, le Mexique, la Thaïlande, les Philippines, la Croatie ou encore le Cambodge.

D’ailleurs, le Maroc pourrait perdre 5 millions de touristes en 2020, selon les analystes de CFG Bank.

L’exposition des pays émergents à ces chocs liés au COVID-19 est à prendre en compte pour évaluer leur vulnérabilité face à la crise actuelle. Au final, 9 pays sont touchés par 3 des 4 sources de vulnérabilité : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Équateur, Liban, Mauritanie, Oman, Tunisie et Venezuela. 31 autres par deux d’entre elles. Et 71 par au moins l’une des quatre. 

Hausse des besoins de financement 

Le 16 avril dernier, 102 pays avaient fait une demande officielle de prêt adressée au Fonds monétaire international (FMI), selon Coface.

« Prenant acte d’une telle situation d’urgence avec la pandémie de Covid-19, le FMI a activé ses accords bilatéraux auprès des membres du G20 afin d’augmenter les fonds disponibles », indique l'étude.

Le FMI peut aussi aider grâce aux instruments habituels comme :

- la mise à disposition plus rapide et l’augmentation des ressources contenues dans les programmes liant déjà le FMI aux pays bénéficiaires, la mise en place de programmes supplémentaires ;

- le changement des priorités de l’assistance technique et des actions de formation vers l’urgence dans le cadre des programmes existant ;

- l’utilisation des lignes de précaution par les pays bénéficiaires, comme le cas du Maroc qui a décidé de tirer sur la LPL de 3 milliards de dollars ;

- la ligne de liquidité à court terme reconductible nouvellement créée.

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