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Covid-19 : le déficit de liquidité des banques devrait s'aggraver en 2020

Covid-19 : le déficit de liquidité des banques devrait s'aggraver en 2020
M. Ett.
Le 15 avril 2020 à 17h00 | Modifié 15 avril 2020 à 17h00

Dans un contexte économique difficile à cause de la pandémie du Covid-19, le besoin de liquidités des banques devrait s’accentuer en 2020. Face à cette situation, plusieurs mesures ont été prises par Bank Al-Maghrib afin soutenir les capacités bancaires. 

La liquidité bancaire continue de se détériorer.

Les dernières données publiées par Bank Al-Maghrib, au niveau de la revue de la conjoncture économique pour le mois d’avril 2020, indiquent que le besoin de liquidités des banques s’est accentué à 81,2 milliards de DH en moyenne hebdomadaire en mars 2020, contre 68,8 milliards de DH en février dernier.

Avec la crise actuelle, déclenchée à cause de la propagation du Coronavirus, le besoin de liquidités des banques devrait s’accentuer davantage sur le reste de 2020.

Il faut savoir que les facteurs qui impactent la liquidité bancaire sont principalement les réserves internationales nettes (hausse) et le cash en circulation (baisse), la situation nette du Trésor (actif ou passif selon la situation) et la réserve monétaire obligatoire (baisse).

Comme souligné au niveau de la revue, l’évolution à la hausse du besoin de liquidités s’explique par l’augmentation de la circulation fiduciaire. Celle-ci a poursuivi son accroissement à fin février, affichant une hausse de 8,1% après 7,9% enregistré en janvier 2020.

CDG Capital anticipe, dans une note analysant l’impact du Covid-19 sur, entre autres, le marché des taux ; que le creusement du déficit de liquidité devrait se poursuivre en 2020, à un rythme plus accentué, « sous l’effet d’une poursuite de la hausse tendancielle de la circulation fiduciaire, qui sera amplifiée par la panique générée par la pandémie Covid-19 ».

Selon un gestionnaire de fonds de la place, qui anticipe lui aussi un assèchement plus sévère de la liquidité bancaire, « en général, lors d’une situation de crise, on observe des retraits massifs du cash, c’est ce qui pèse sur la liquidité bancaire ».

« Et il est difficile de prévoir l’évolution de la circulation de la monnaie fiduciaire vue qu’elle dépend des comportements individuels », ajoute notre source.

Pour sa part, l’encours des réserves internationales nettes du Maroc se situait à 248,9 milliards de DH au 27 mars 2020, en hausse de 2,9% par rapport à la même période de l’année précédente. 

En mois d’importations des biens et services, les RIN se sont établies à 5 mois et 11 jours à fin février 2020. Sur la base de la nouvelle configuration du commerce extérieur et de la forte baisse de la facture énergétique, elles correspondent désormais à plus de 6 mois d'importation.

>>> Lire aussi : Réserves en devises : le Maroc n'envisage pas de restrictions sur les opérations de change

Les analystes de CDG Capital soulignent que « le fort recul des flux financiers en provenance de nos partenaires commerciaux, particulièrement les flux du tourisme et les transferts des MRE, devrait réduire le potentiel de compensation du déficit, générant ainsi, un impact baissier sur les réserves de change du royaume ». 

A rappeler qu’en anticipant une éventuelle pression sur les réserves en devises, le Maroc a procédé le 7 avril 2020 à un tirage sur la Ligne de Précaution et de liquidité (LPL) pour un montant équivalent à près de 3 milliards de dollars. De plus, il se prépare pour une sortie souveraine sur le marché international.

« Le Maroc a bien fait de tirer sur la LPL. On en aura besoin cette année. Sinon on allait s’acheminer vers une pression sur nos réserves », commente notre interlocuteur.

Avec le tirage de la LPL de 3 milliards de dollars, les réserves en devises se renforcent d’à peu près 30,70 milliards de DH, pour atteindre, virtuellement, à peu près de 280 milliards de DH.

« La liquidité bancaire est un facteur déterminant du marché des taux. Si la liquidité bancaire se détériore, le coût de l’argent va augmenter, et par conséquent, la pente de la courbe des taux devraient augmenter », conclut notre interlocuteur. 

Bank Al-Maghrib se prépare pour faire face à la détérioration de la liquidité bancaire

En anticipant une détérioration de la liquidité bancaire, Bank Al-Maghrib a pris des mesures afin de renforcer les capacités des banques nationales. 

« En plus des différents instruments utilisés par Bank Al-Maghrib pour alimenter le besoin ascendant de cash des banques nationales (avances à 7 jours, opérations de swap de devises et prêts garantis), de nouveaux instruments devraient alimenter le marché interbancaire à savoir :

> la nouvelle ligne de refinancement des banques sur appel d’offre, lancée dans le cadre du programme intégré d’appui et de financement des entreprises, à un taux concessionnel de 1,25% pour une durée d’une année, avec comme date pour la première opération le 21 avril 2020 ;

> les pensions livrées à long terme, qui représentent un allongement de la durée des avances accordées par BAM au système bancaire, et ce dans le cadre des avances à 7 jours sur appel d’offre. »

BAM a également adopté de nouvelles mesures pour tripler la capacité de refinancement des banques auprès de la banque centrale, à travers un dispositif offrant la possibilité de recours par les banques à l’ensemble des instruments de refinancement disponibles en dirham et en devise et l’extension à un très large éventail de titres et effets acceptés par Bank Al-Maghrib en contrepartie des refinancements accordés aux banques. 

Ces nouvelles mesures permettent également d’allonger la durée de ces refinancements et, aussi, Le renforcement de son programme de refinancement spécifique au profit de la TPME, en y intégrant, en plus des crédits d’investissement, les crédits de fonctionnement et en augmentant la fréquence de leur refinancement.

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M. Ett.
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