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Covid-19 : « cette crise devrait remettre en cause le modèle économique actuel » (Upline Research)

Covid-19 : « cette crise devrait remettre en cause le modèle économique actuel » (Upline Research)
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Le 9 avril 2020 à 15h45 | Modifié 9 avril 2020 à 15h45

La crise liée à la propagation du Coronavirus n’épargnera probablement aucun secteur d’activité. Les analystes d’Upline Research estiment, dans une note d’analyse anticipant l’impact de cette crise sur l’économie marocaine et la bourse de Casablanca, que cette crise devrait alors remettre en cause le modèle économique actuel.

Personne n’a pu anticiper l’avènement de cette crise sanitaire liée à la propagation du Covid-19 et qui a engendré une crise économique et sociale.

Les analystes ne peuvent maintenant, quoique difficilement, qu’anticiper les retombées de la crise sur l’économie marocaine ainsi que sur le marché boursier marocain.

Dans ce cadre, Upline Research a publié, le 4 avril, une note d’analyse essayant de cerner l’impact de cette crise.

Les analystes d’Upline reconnaissent par ailleurs qu’« à l’état actuel, il s’avère très difficile de se projeter sur les perspectives d’activité ».

Dans cette optique, ils estiment qu’au-delà des impacts économiques « cette crise sanitaire de grande envergure devrait à terme engendrer des changements conséquents, autant sur la psychologie des marchés que sur les habitudes de consommation des ménages ».

Ainsi, cette crise « devrait remettre en cause le modèle économique actuel basé, en grande partie, sur la consommation des ménages ».

Nous nous attendons donc dans les années à venir à une refonte du modèle de croissance économique du Maroc, avec une moindre contribution de la consommation, une baisse des importations et un regain de l’investissement dans le tissu productif, en R&D et dans les services sociaux (Education, Santé, etc) », espèrent-ils.

"Le déficit budgétaire devrait s’accentuer pour s’établir autour des 4,5% du PIB en 2020"

La crise liée à la propagation du Coronavirus n’épargnerait quasiment aucun secteur d’activité.

Les principaux secteurs d’activité économique qui devraient être impactés directement par cette crise sont ceux liés essentiellement au tourisme, restauration et au secteur du transport.

Selon les prévisions d’Upline, « les activités touristiques pourraient subir une perte comprise entre 30% et 40% des touristes sur l’année 2020 ».

Cette situation se traduirait par une contraction se situant entre 23 milliards de DH et 31 milliards de DH des recettes touristiques.

>>> Lire aussiCoronavirus: le Maroc pourrait perdre 5 millions de touristes en 2020, selon CFG

Les activités financières seraient également touchées. Elles connaitraient un ralentissement du rythme d’évolution des crédits bancaires et des revenus, lié à l’effet report des échéances de crédit.

« Néanmoins, la baisse sensible de la facture énergétique devrait permettre un allégement des coûts de production pour les entreprises marocaines », notent les analystes d’Upline.

Dans ce contexte, et d’après les calculs d’Upline, le déficit budgétaire devrait s’accentuer pour s’établir autour des 4,5% du PIB en 2020.

« L’annonce par les autorités publiques d’une enveloppe budgétaire de 10 milliards de DH, consacrée à la gestion de la crise, devrait être partiellement compensée par un prélèvement dans le budget d’investissement. Cette projection inclut aussi l’impact négatif de cette pandémie sur les recettes fiscales de l’Etat », soulignent les analystes. 

Pour sa part, le déficit de la balance courante est attendu en légère stabilisation autour de -4,5% du PIB. 

Et d’expliquer : « le repli ponctuel des exportations, notamment vers la Zone Euro, du fait des dysfonctionnements observés dans les chaînes d’approvisionnement, devrait être contrebalancé par une sensible baisse de la facture énergétique. Celle-ci profiterait à la fois d’un effet prix et volume. La consommation d’énergies fossiles devrait connaitre une baisse substantielle pendant la durée de confinement ».

Les analystes estiment par ailleurs que, malgré les effets négatifs attendus, « l’économie marocaine continue de bénéficier d’une diversification importante de ses activités ».

« Ceci sans oublier l’effort d’accompagnement étatique, conforté par des fondamentaux économiques sains et solides. Des fondamentaux qui permettent au Maroc de disposer d’une ligne de précaution & de liquidité (LPL) du FMI d’un montant de 3 milliards de dollars », ajoutent-ils.

Le Maroc a procédé lundi 7 avril 2020 à un tirage sur la LPL afin d’atténuer l’impact de la crise actuelle sur la balance des paiements.

Quid du marché boursier 

Upline explique la chute des cours à la bourse de Casablanca par le retrait des investisseurs étrangers, « qui ont opté pour la liquidation de leurs positions dans les marchés émergents et frontaliers pour compenser au minimum les pertes réalisées dans les marchés développés ». 

De plus, « un mouvement de vente ayant été constaté chez certains investisseurs institutionnels et chez les particuliers ».

Les analystes soulignent par ailleurs le caractère ponctuel de cette baisse du marché.

Ils trouvent que l’essentiel de la baisse du MASI a déjà été consommé, « étant donné la position dominante des investisseurs institutionnels locaux dans la structure globale. Représentant près de 85% du volume global sur le marché central, ces investisseurs adoptent une stratégie Buy & Hold, ce qui garantit une relative stabilité du marché ».

 

Evolution du MASI

Graph MASI

Ils espèrent que « les mesures de relance budgétaire annoncées et les actions d’accompagnement qui seront adoptées par les autorités seront de nature à atténuer l’impact de cette pandémie sur la cote casablancaise. D’autant plus que les fondamentaux de l'économie marocaine demeurent solides, avec un niveau d’endettement du Trésor ne dépassant pas les 65% ».

Faut-il saisir l’opportunité de cette décrue de la cote et acheter des titres ?

Il ne faut pas céder à la panique. Telle est la première recommandation des analystes d’Upline. 

Il faut également « opter pour une restructuration des portefeuilles », en se basant sur une « réallocation vers des secteurs ‘’peu risqués’’ et ‘’modérément risqués’’, comme l’industrie pharmaceutique, l’électricité, l’agroalimentaire, la grande distribution, les Banques et les Télécoms ».

Les investisseurs doivent une optique long terme basée sur une projection post-crise. 

« L’idée étant de profiter des niveaux de valorisation actuels pour bénéficier du potentiel de reprise post-crise. Sur ce volet, nous privilégions le PER ou le P/B comme mesure de l’attractivité d’un titre plutôt que le DY », indiquent-ils.
 

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