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OPCVM : de très maigres performances attendues en 2020

OPCVM : de très maigres performances attendues en 2020
M.M.
Le 4 mars 2020 à 16h20 | Modifié 4 mars 2020 à 16h20

C’est une année difficile qui se dessine pour les OPCVM. Face à un marché Actions sous pression et une courbe des taux basse et plate, les gérants de portefeuilles ont peu de marges pour faire de la performance.

Avec la baisse actuelle du MASI, les incertitudes qui planent sur le marché Actions, la chute continue des rendements obligataires et la platitude de la courbe des taux, les gérants de portefeuille auront peu de marges pour gratter de la performance en cette année 2020.

« Ce sera une année difficile », confirme le directeur d’une société de gestion d’actifs. « Il y a depuis quelque jours un manque de visibilité sur le marché Actions, surtout après la confirmation de l’état de sécheresse et les inquiétudes autour des effets de la crise du coronavirus », explique-t-il.

L’année boursière état pourtant bien partie, donnant de l’espoir aux gérants face à la déprime du marché obligataire. « On savait dès le début de l’année que l’on ne pouvait pas trop compter sur les taux. Il y a un consensus sur la place quant au trend baissier que prendront les taux. On pensait que la reprise du marché Actions allait permettre de contrebalancer cet état de fait. Mais les choses ont mal tourné depuis la mi-février », poursuit notre gérant.

Marché action : « c’est le brouillard »

Finissant l’année 2019 sur une performance de 7%, le marché Actions a permis aux gestionnaires de réaliser d’excellentes performances l’année dernière : les fonds actions ont réalisé un rendement moyen de 11%. Une reprise qui avait également profité aux fonds diversifiés, qui ont enregistré une performance moyenne de plus de 7%.

Cette tendance devait en principe se poursuivre en 2020. Tous les indicateurs était bons en début d’année : de bonnes prévisions pour la croissance de la masse bénéficiaire des sociétés cotées (entre 4 et 5%), des signes d’apaisement dans le climat des affaires (amnisties fiscales et de change, nouveau modèle de développement…), lancement du programme Intelaka pour le financement des TPME… Un ensemble d’éléments qui augurait d’une bonne année sur le plan économique, et donc d’une bonne tenue des indices boursiers. Mais les choses ont vite changé, avec d’abord la lourde sanction contre Maroc Télécom, poids lourd du marché, puis la confirmation de la sécheresse, et ensuite la propagation du coronavirus, crise sanitaire qui pèse d’ores et déjà sur la psychologie du marché.

« La sécheresse est quelque chose que nous avons déjà connu, on peut donc anticiper ses effets. Mais le coronavirus nous fait entrer dans une zone d’incertitudes. C’est le brouillard, on ne peut ni quantifier, ni anticiper l’ampleur des dégâts », estime notre gérant.

Une chose reste cependant sûre : il sera difficile, voire impossible, de rééditer les performances de 2019. Ce qui risque de rendre les choses encore plus difficiles pour les gérants de portefeuilles, qui se retrouvent acculés à accepter le fait accompli du marché des taux qui, lui non plus, ne donne aucun signe rassurant.

Le casse tête des taux faibles

Arrivés à leur plus bas historique, les taux obligataires devront poursuivre leur chute cette année. Avec un phénomène assez nouveau qui va s’aggraver : la platitude de la courbe des taux.

« Ce qui se passe sur les taux est assez inédit. Les taux sont très bas, et continueront, selon le consensus du marché, à baisser encore, surtout sur les maturités courtes et moyennes. Le pire, c’est que le spread qui était censé rémunérer le placement dans les maturités longues est devenu presque insignifiant. La courbe n’a jamais été aussi plate qu'aujourd’hui », explique un gestionnaire obligataire.

Illustration de cette platitude : les titres à 13 semaines offrent actuellement un rendement de 2,22%. Ceux de 5 ans n’offrent pas plus de 2,40%. Quand ceux de 10 ans produisent à peine 2,70%. Il faut aller sur du 20 ans et plus pour espérer dépasser la barre de 3%...

Ces taux, déjà trop bas, continueront ainsi à baisser selon les prévisions. En cause : le déséquilibre devenu structurel entre l’offre et la demande.

Si les besoins en investissement des institutionnels augmentent d’année en année, les levées du Trésor se font, elles, rares. Elles sont en tout cas bien inférieures à la demande, ce qui entraîne un enlisement des taux d’intérêt vers le bas.

Un déséquilibre qui résulte de la diversification des sources de financement du Trésor, qui doit encore une fois recourir à la privatisation cette année, mais aussi à une levée de fonds à l’international d’au moins 1 milliard de dollars, ou encore au recours aux mécanismes innovants de financement.

>>Lire aussi: En 2020, nouvelles privatisations et financements innovants pour l'Etat

Une donnée exacerbée par l’explosion de l’offre qui, elle, est drivée par le manque d’alternatives de placement : les incertitudes sur le marché Actions, le manque de papier frais, et le peu de levées sur le marché de la dette privée… Les OPCI doivent en principe alléger le poids de ce phénomène en offrant de nouvelles opportunités de placement pour les instit’, mais leur entrée en vigueur, très récente, se fera en douceur.

Le piège de l'irréversibilité

Cet enlisement des taux produit un véritable casse tête pour les gérants de portefeuille. Certes, à chaque nouvelle baisse, leurs portefeuilles sont revalorisés à la hausse, car contenant un papier mieux rémunérateur et qui peut donc se vendre à meilleur prix sur le marché secondaire.

Mais toutes les liquidités qui arrivent, via les nouvelles souscriptions, sont, elles, placées dans des titres peu rémunérateurs. Ce qui dilue le rendement global des fonds, et les expose, pire encore, au fameux « piège d’irréversibilité ».

Un phénomène sur lequel les équipes de Marogest ont alerté le marché dans un récent document de recherche : « Le maintien à un niveau très bas des taux d’intérêt à long terme entraîne mécaniquement l’irréversibilité des politiques monétaires, puisqu’une remontée des taux d’intérêt provoquerait des pertes massives sur les portefeuilles obligataires valorisés avec des taux faibles », peut-on y lire.

Un piège qui risque selon Marogest de causer d’énormes dégâts notamment sur les retraites : « Les régimes de retraites sont particulièrement sensibles aux hausses des taux puisqu’ils investissent une bonne partie de leurs placements dans des produits obligataires (72,6%). Ce risque de hausse des taux pour les régimes de retraites serait d’autant plus critique que ces derniers sont confrontés à un déséquilibre entre cotisations et prestations qui va en se creusant », signale le document.

« Si les données du marché ne changent pas, on risque de finir l’année sur de très faibles performances. Au mieux, nous ferons le même rendement qu’en 2019 », estime ainsi notre source.

Pour rappel, les fonds investis en produits de taux ont réalisé en 2019 des performances moyennes comprises entre 1,76% pour les fonds obligataires court terme (OCT) et 4,82% pour ceux investi sur le moyen et long terme (OMLT). Récolter les mêmes rendements dans le contexte actuel serait déjà une belle performance... 

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M.M.
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