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Coronavirus : les marchés financiers ont vécu leur pire semaine depuis 2008

Coronavirus : les marchés financiers ont vécu leur pire semaine depuis 2008
M.M.
Le 28 février 2020 à 14h06 | Modifié 28 février 2020 à 14h06

ROUND UP. Asie, Etats-Unis, Europe… Tous les indices moniaux ont dévissé cette semaine après les nouvelles sur la propagation du coronavirus, avec des pertes moyennes de 10% en moins de quatre jours. Un mini-krash qui rappelle les moments sombres de la crise des subprimes.

Les Bourses mondiales ont vécu leur pire semaine depuis la crise de 2008. La plupart des marchés ont perdu près de 10% en quatre jours (du lundi au jeudi). Et ils ont ouvert tous ce vendredi sur des baisses.

« C'est une des pires semaines qu'on ait vu de mémoire récente et il est terrifiant de se dire qu'elle n'est pas encore finie », déclare à l’AFP Connor Campbell, analyste chez Spreadex.

Même son de cloche chez Andrea Tuéni, analyste de Saxo Banque : « On est en train d’enregistrer la pire semaine depuis 2008 sur les marchés. En variation hebdomadaire et en vitesse du mouvement, c’est assez similaire à ce qu’on a pu connaître en 2008 ».

Plus de 3.000 milliards de dollars partis en fumée : « un bain de sang »

La déprime qui avait gagné le marché chinois s’est propagéz dès lundi aux places financières mondiales qui, après avoir longtemps résisté à la panique, ont fini par céder face aux nouvelles de propagation du virus.

A Londres, le FTSE-100 a ainsi dégringolé de 8,21% depuis lundi. Idem à Paris, où le CAC 40 a plongé de 10%. L’Ibex, l’indice de référence espagnol, a perdu lui aussi près de 11%… L’Euro Stoxx, l’indice boursier rassemblant des grandes valeurs de la zone euro, affiche désormais près de 10% de recul (-9,60 %) depuis le début de la semaine.

Aux Etats Unis, le Dow Jones et le S&P 500 ont ouvert encore aujourd’hui à la baisse, s'apprêtant à enregistrer leur sixième séance de baisse consécutive. Le Dow Jones a abandonné plus de 10% par rapport à son niveau du 12 février. Il s'agit des plus lourdes pertes hebdomadaires pour les principaux indices new-yorkais depuis le pic de la crise financière mondiale en 2008.

Au total, ce sont plus de 3.000 milliards de dollars de capitalisation qui sont partis en fumée depuis le déclenchement de la crise du coronavirus, selon les calculs du quotidien britannique Times.

«C’est un bain de sang», se lamente dans le Wall Street Journal l’investisseur David Bahnsen, de la société de gestion de fortune The Bahnsen Group. « Quand on est en mode chute libre, on ne peut plus vraiment faire grand-chose, à part attendre de toucher le fond », dit-il.

Des effets dévastateurs sur l’économie et les affaires

Ces pertes sont causées bien sûr par la panique depuis que le virus a atteint l’Europe, le Brésil et certains pays de la zone Mena. Mais pas que : elles sont justifiées aussi par des raisons techniques et économiques.

Il y a d’abord l’effet des ventes forcées, guidées par les algorithmes, comme l’explique à l’AFP un spécialiste du marché. Ces algorithmes ne connaissent pas la panique, mais se basent sur des données : dès qu’un seuil technique est atteint, ils entraînent des ventes forcées pour liquider des positions et limiter la casse. Ce qui explique selon plusieurs analystes la violente chute de cette semaine.

Mais sur le fond, ce décrochage colle aux prévisions alarmistes des conjoncturistes qui s’attendent à des effets dévastateurs sur l’économie mondiale et le monde des affaires.

Si l’épidémie durait jusqu’à l’été, « plusieurs entreprises américaines pourraient voir s’envoler jusqu’à la moitié de leur chiffre d’affaires avec la Chine », note ainsi le Wall Street Journal.

Outre les effets sur le tourisme, l’industrie du voyage, l’aérien, le luxe et les loisirs -des secteurs directement exposés à cette crise- la principale inquiétude vient d’une baisse brutale de la consommation mondiale.

D’autant que l'épidémie concerne désormais, Chine mise à part, plus d'une quarantaine d'Etats où elle a fait plus de 40 morts et 2.500 cas de contamination, faisant craindre à l'OMS une «pandémie», à savoir une épidémie d'ampleur internationale. On compte désormais un total de 2.760 morts dans le monde (essentiellement en Chine) avec plus de 81 000 personnes contaminées.

Les investisseurs craignent ainsi que des mesures d’isolement comme celles appliquées en Chine ou en Italie ne se répandent et enrayent la croissance, et conduisent les consommateurs à rester chez eux.

« Même si les États-Unis n’ont pas encore adopté de mesures aussi extrêmes, une pandémie pourrait provoquer un changement radical chez les consommateurs, frappant durement le fondement même de l’économie américaine », signale ainsi le New York Times.

« Imaginons que les Américains arrêtent d’aller au restaurant, ne partent pas en vacances, annulent leurs voyages d’affaires..., ces dépenses représentent 68 % du PIB », observe dans Le Quotidien, Scott Clemons, spécialiste en stratégies d’investissement chez Brown Brothers Harriman.

Le baril descend à moins de 50 dollars !

Ces frayeurs sur la croissance mondiale et sur la baisse de la consommation énergétique ont produit un effet direct sur le prix du pétrole. Les cours du baril continuaient ainsi leur chute jeudi, fléchissant de plus de 4%.

A New York, le baril américain de WTI (pour livraison en avril) abandonnait 4,97% à 46,31 dollars. Baisse de même ampleur à Londres, où le baril de Brent de la mer du Nord (pour livraison en avril) est tombé à 51,27 dollars. Soit les niveaux les plus bas depuis fin décembre 2018…

Autre effet sur les marchés : la ruée sur l’or, valeur refuge traditionnelle. En hausse depuis quelques mois en raison de la guerre commerciale USA-Chine, l’once d’or a pris 10% depuis le début de la crise du coronavirus à la mi-janvier. Un coup d’accélérateur qui a fait monter le prix de l’once (31 grammes) à près de 1.600 dollars.  

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