L’économie marocaine vue par le FMI : des progrès… mais encore des défis à relever
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, trouve que la résilience de l’économie marocaine a été renforcée et que la croissance devrait s'accélérer à moyen terme. Toutefois, selon elle, le Maroc a encore des défis à relever.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, qui est en visite de travail de trois jours au Maroc, depuis lundi 17 février, a déclaré dans un entretien à la MAP que le Maroc "a bien avancé dans la mise en place de conditions propices à une croissance plus élevée et plus inclusive, en dépit d’un environnement extérieur difficile".
C’est sa première visite depuis sa prise de fonction à la tête du FMI en octobre 2019.
Son déplacement a pour objectif, entre autres, d’évoquer avec les responsables marocains les préparatifs aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale prévues en octobre 2021, à Marrakech.
La directrice générale du FMI a relevé que "la résilience de l’économie a été renforcée, et la croissance devrait accélérer progressivement à moyen terme".
Tout en saluant les efforts fournis par le Maroc pour améliorer la croissance, la Cheffe de l'institution financière internationale a, par ailleurs souligné que "toutefois, l’effort de réforme doit être maintenu: la croissance, aujourd'hui inférieure à 3%, n’est pas assez forte pour créer suffisamment d’emplois et réduire les inégalités sociales et régionales. Le chômage demeure élevé, surtout parmi les jeunes et les femmes".
Elle a indiqué que le FMI appuie l’intention du gouvernement marocain d’accorder la priorité à l’inclusion sociale, aux réformes de l’éducation, à la décentralisation budgétaire, et aux mesures qui permettront de passer à une croissance davantage tirée par le secteur privé, inclusive et porteuse d’emplois.
Afin de rehausser le potentiel de la croissance, le Maroc devrait « mener à bien » les différentes réformes en cours, « continuer à renforcer la gouvernance et à réduire la corruption», « accélérer les réformes fiscales », « continuer d’assouplir le régime de change afin de limiter les retombées éventuelles des chocs externes sur l’économie et de continuer d’améliorer la coordination et le ciblage des programmes sociaux ».
Les critiques adressés au gouvernement marocain
Globalement, le Maroc, vu par le FMI, est sur le bon chemin pour accélérer sa croissance et continuer à mener les réformes structurelles nécessaires. Toutefois, le pays est critiqué par le FMI sur quelques points.
Le FMI avait reproché au Maroc, dans son dernier rapport publié le 3 décembre 2019, l’envolée du déficit budgétaire et de l’endettement public, la faiblesse des recettes fiscales et le poids de plus en plus lourd de la masse salariale.
Le déficit budgétaire du Maroc pour 2019 s’est envolé pour se situer à 4% du PIB (hors privatisations) contre un plafond de 3% fixé par le FMI.
Par conséquent, l’endettement public a augmenté, portant son ratio à 66% du PIB contre 60% fixé par le FMI.
Le FMI explique ce relâchement par deux principaux éléments, à savoir le retard dans la mise en place de la réforme fiscale et l’augmentation de la masse salariale de l’Etat.
Face à cette situation, le FMI recommande de poursuivre les mesures annoncées ou mises en place afin d’alléger le déficit budgétaire.
Selon le FMI, ces mesures portent sur l’augmentation des recettes de TVA, une meilleure application de l’impôt relatif aux professions libérales et indépendantes, la poursuite de la réforme de l’impôt sur les sociétés, et, aussi, une base plus large pour l’impôt foncier.
"Bien que de telles mesures doivent encore être précisées, des réformes fiscales plus complètes pourraient accroître les recettes publiques de 0,8 à 1,2% supplémentaire du PIB à moyen terme", avait noté le FMI.
D’après le FMI, ces mesures supplémentaires pourraient porter sur l'alignement du taux de TVA sur le secteur manufacturier et des biens et services au taux de TVA standard ; une réduction plus large des exonérations fiscales et une augmentation de la fiscalité foncière.
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