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PLF 2020: les exportateurs s'insurgent, Benchaâboun se défend

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Sara El Hanafi
Le 8 novembre 2019 à 17h39 | Modifié 8 novembre 2019 à 17h39

Les nouvelles mesures du PLF 2020 destinées aux industriels exportateurs inquiètent ceux-ci, dans un contexte de compétitivité féroce à l'international. Le ministre des Finances Mohamed Benchaâboun défend toutefois ses propositions.

Après avoir diffusé un communiqué alertant sur les "risques majeurs" des nouvelles mesures proposées dans le Projet de loi de Finances 2020 destinées aux entreprises exportatrices, l’Asmex (Association marocaine des exportateurs) a organisé ce vendredi 8 novembre à Casablanca une rencontre avec le ministre de l'Economie et des Finances Mohamed Benchaâboun et le ministre du Commerce et de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy autour du sujet.

L’association, dont les membres affichent une inquiétude pesante qui a conduit à la création d'une cellule de crise autour de ce PLF, redoute particulièrement deux mesures proposées; à savoir la suppression de l’exonération quinquennale de l’IS sur les nouvelles créations d’entreprises exportatrices, et surtout le relèvement du taux de l’IS de 17,5% à 20%.

"C’est peu dire que ces dispositions font l’effet d’une douche froide sur le peu d’exportateurs réguliers qui restent dans notre pays", a regretté Hakim Marrakchi, vice-président de l'Asmex.

"Nous reconnaissons que l’effort financier induit par ces mesures est faible à l’échelle macro, mais il faut dire qu’après les assises de la fiscalité et après le débat sur le nouveau modèle de développement nos attentes et nos anticipations nous laissaient présager des mesures essentielles de confiance et de relance de notre compétitivité", a-t-il ajouté.

Dans ce sens, l'association a adressé au ministre des Finances une liste de 25 mesures visant à améliorer la compétitivité de l'offre exportable, qui dépassent le spectre de l'IS. Une offre qui pâtit selon Hakim Marrakchi de divers aléas.

"La compétitivité des entreprises exportatrices s’est fortement dégradée ces dernières années : le coût du travail s’est accru de 80% sur la dernière décennie, et celui de l’énergie de plus de 60% sur la même période. En même temps, la monnaie nationale s’est appréciée vis-à-vis de quasiment toutes les monnaies, notamment par rapport à l’euro et à la livre sterling qui restent nos principaux marchés, mais aussi par rapport à toutes les devises des pays concurrents. Pour toutes ces raisons, il n’y a plus beaucoup d’entreprises qui exportent régulièrement tout en réalisant des bénéfices importants", a-t-il expliqué.

"L'enjeu n'est pas l'IS mais la capacité à exporter"

Le ministre des Finances Mohamed Benchaâboun, quant à lui, estime que le PLF et les autres doléances exposées par les exportateurs ne se rejoignent pas entièrement: "La problématique du secteur exportateur est un autre sujet, qui est beaucoup plus large que ce qui a été traité dans le PLF qui apporte uniquement des amendements au niveau de l'IS", a-t-il avancé. Celui-ci estime par ailleurs que l'impact du relèvement du taux de l'IS reste minime.

Selon lui, 98% des entreprises exportatrices paient moins d’un million de dirhams d’IS: "Sur les 11.854 exportateurs déclarés aux impôts, 200 entreprises seulement paient plus d’un million de dirhams en IS", a-t-il révélé.

Défendant ses propositions, le ministre a indiqué que pour lui, le véritable défi à relever pour cette majorité de petits et moyens exportateurs est d'abord de grandir: "Ce qui est le plus important, c’est que chaque année 200 ou 300 entreprises puissent rejoindre la cour des grands et exporter davantage, et qu’au lieu de gagner 100 elles puissent gagner 1.000. A ce moment là, les +2,5% d'impôt ne seraient plus significatifs, et on pourrait même les restituer sous d’autres formes pour qu’il y ait davantage d'accompagnement", a-t-il indiqué.

Le ministre a rappelé que si le taux de l'IS réduit passe de 17,5% à 20% pour les entreprises exportatrices, le taux marginal de l’IS qui est de 31% pour toutes les entreprises sera ramené à 28%.

Les entités réalisant 100% de leur chiffre d'affaires à l'export étant minoritaires, la majorité des entreprises exportatrices réaliseront une économie d’impôt sur la partie du chiffre d’affaires réalisé localement qui compensera en totalité ou en partie l’augmentation de l’IS sur le CA à l’export.

"Plus de 65% des sociétés exportatrices sont industrielles, mais nous les avons analysé une par une et nous avons trouvé que celles qui font de l’export à 100% se comptent sur le bout des doigts; et que le matching des deux mesures permettrait à une majorité écrasante de ces entreprises de gagner au niveau de l’IS ", argumente Mohamed Benchaâboun.

"Je continue tout de même à considérer que l’enjeu pour notre pays et pour les opérateurs économiques n’est pas au niveau de l’IS, mais dans notre capacité à pouvoir exporter. Et c’est là qu’il faut qu’on travaille ensemble" a-t-il conclu.

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Sara El Hanafi
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