Finance verte : une directive réglementaire à l'étude chez Bank Al-Maghrib (Vidéo)
Cette directive énonce les attentes de Bank Al-Maghrib en tant que régulateur en termes de prise en compte des changements climatiques par le secteur bancaire; alors que le Maroc vient d'élaborer un Plan Climat National à horizon 2030.
Afin d’accélérer la prise en compte des enjeux climatiques par le secteur bancaire, Bank Al-Maghrib travaille actuellement sur l’élaboration d’une directive réglementaire énonçant ses attentes dans ce domaine en tant que régulateur. C’est ce qu’a annoncé le gouverneur de la Banque Abdellatif Jouahri, lors de la conférence internationale sur la finance verte, organisée à Rabat ce 30 octobre par la banque centrale et l'Alliance pour l'Inclusion Financière (AFI).
"Nous nous apprêtons également à lancer, avec nos partenaires concernés une étude nationale sur les risques climatiques au Maroc avec l’accompagnement d’experts internationaux", a-t-il ajouté.
Le Wali de Bank Al-Maghrib a rappelé que cette année, le Maroc a adopté un Plan Climat National à horizon 2030 qui vise à assurer l‘adaptation au changement climatique des secteurs les plus touchés, à savoir l’eau, l’agriculture et la pêche ; ainsi que l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre principalement par les secteurs de la production d’électricité, du transport et de l’agriculture.
"La mise en œuvre de ce plan nécessite des investissements considérables qui requièrent un partage des financements et des risques entre les secteurs publics et privés ainsi que les bailleurs de fonds nationaux et internationaux", a indiqué M. Jouahri.
Et d'ajouter: "Elle exige par ailleurs, outre le recours au budget de l’Etat, un dispositif fiscal adapté, des produits de garantie ou encore des instruments de financement innovants tels que les fonds verts et les partenariats publics-privés".
Le gouverneur de la Banque centrale marocaine a néanmoins regretté d’être au tout début d’un long processus : "Le chemin à parcourir reste encore très long pour commencer à réaliser des progrès significatifs dans la transition vers une économie plus résiliente et à bas carbone", a-t-il avancé.
La conférence internationale sur la finance verte offre entre autres aux banques centrales et aux superviseurs l’opportunité d’appréhender la problématique du changement climatique de leur angle, afin de comprendre les changements structurels qui vont devoir affecter le système financier et plus largement l’économie; et qui vont les interpeller au niveau de la conduite de leurs missions fondamentales en matière de stabilité des prix, de stabilité financière et d’inclusion financière.
"Le renforcement de nos capacités en la matière, la coopération et le partage de connaissances à l’échelle nationale, régionale et internationale, sont en ce sens essentiels", a ajouté Abdellatif Jouahri.
Celui-ci indique par ailleurs qu’au Maroc, les initiatives en faveur du verdissement du système financier ont d’abord été individuelles et éparses avant d’être fédérées à travers l’adoption d’une feuille de route nationale engageant les acteurs publics et privés concernés, il y a maintenant trois ans, à l’occasion de la Cop22 à Marrakech.
Parmi les principales réalisations qui s’en sont suivies se trouve le développement de quelques offres de financements verts par le secteur bancaire dont la plupart sont adossées à des lignes de financement bilatérales et multilatérales ; l’émission de premières obligations vertes ou encore la mise en place par la Bourse de Casablanca d’un indice de référence mesurant les performances des cours d’entreprises responsables au plan environnemental, social et de bonne gouvernance.