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Banques : Jouahri baissera-t-il son taux directeur après le discours du Roi ?

Banques : Jouahri baissera-t-il son taux directeur après le discours du Roi ?
Mehdi Michbal
Le 14 octobre 2019 à 16h07 | Modifié 14 octobre 2019 à 16h07

Le Souverain a exhorté les banques à faciliter l’accès aux crédits pour les TPME et les auto-entrepreneurs. Un accès plus facile au financement bancaire implique un système de garanties moins contraignant, des procédures plus light, mais aussi un coût moins élevé. D’où la nécessité de revoir à la baisse le loyer de l’argent.

Lors du dernier conseil de Bank Al Maghrib tenu fin septembre, le gouverneur de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, a justifié la non-baisse du taux directeur par sa volonté de préserver cet instrument pour les temps durs.

Les temps durs, il semble justement qu’on y est. Et l’accélération du financement à l’économie devient non seulement une nécessité mais une urgence.

Le Roi a consacré une grande partie de son discours devant le Parlement, vendredi 11 octobre, au rôle du secteur bancaire dans le développement et à la nécessité de faciliter l’accès au financement bancaire pour les TPME et les auto-entrepreneurs.

Gouvernement, Bank Al Maghrib et GPBM doivent ainsi travailler dans les prochains jours sur un « programme spécial d’appui aux jeunes diplômés, de financement des projets d’auto-emploi », selon la consigne royale.

La baisse des taux, un signal positif

Dans ce contexte, une baisse des taux débiteurs serait la bienvenue.

Les taux, bien sûr, sont libres et sont le fruit du jeu de la concurrence. Mais ils sont déterminés en partie par le coût de leur loyer, lui-même fixé tous les trimestres par le Conseil de Bank Al Maghrib.

Selon Ismail Lahsini, coach en entrepreunariat, qui a organisé récemment une tournée régionale pour aller à la rencontre des jeunes porteurs de projets, ces derniers se plaignent souvent de la cherté du crédit bancaire.

« Les taux ne sont pas le seul frein à l’accès au financement pour les petites entreprises, mais ils sont considérés comme contraignants. Les petites entreprises sont considérés comme risquées, et sont donc surtaxées. Or, on ne peut appliquer la même logique de risque d’une grande entreprise à un projet naissant ou relativement jeune », explique-t-il.

« Je connais des entrepreneurs qui préfèrent financer des petites opérations par des crédits à la conso que par un crédit de trésorerie en bonne et due forme, car le crédit à la conso est facile d’accès. Dans notre pays, il est plus facile de convaincre un banquier de vous financer un achat de salon que de vous débloquer une avance sur marché ou sur marchandise », ajoute l’expert.

Une baisse de 25 voire même de 50 points de base du taux directeur (à 2 voire à 1,75%) ne réglera pas ce problème de surpondération du risque appliquée par les banques aux petites entreprises, mais allègera toutefois la facture de charge d’intérêt de ces dernières et contribuera à améliorer leur rentabilité.

Elle sera également un signal pour l’écosystème des jeunes entrepreneurs et une réponse par la politique monétaire à l’appel royal.

Plus de fermeté sur la transmission des baisses de taux

Mais tout cela est conditionné par une chose : la transmission parfaite de cette éventuelle baisse de taux au circuit économique. Car les banques ont jusque-là mené un double jeu quand il s’agissait de répercuter les baisses du taux directeur décrétées par Bank Al Maghrib.

Abdellatif Jouahri ne s’en est pas caché lors de sa dernière sortie médiatique : « la baisse du taux directeur pénalise les épargnants sans profiter aux clients débiteurs », avait-il lancé.

Comprenez : les banques répercutent systématiquement la baisse du loyer de l’argent sur la rémunération des dépôts sans toucher aux taux des crédits. Ou comment jouer d’une décision de politique monétaire, censée produire des effets sur le financement de l’économie, la croissance et l’emploi, un moyen de se faire (encore) plus de marges.

Cette déclaration du Wali de Bank Al Maghrib était censée nous convaincre de l’inutilité d’une nouvelle baisse du taux directeur, lui permettre de justifier son choix et de répondre à ses contradicteurs. Mais elle a sonné comme un aveu d’impuissance face aux banques. Venant d’un Wali connu par sa fermeté et son intransigeance, elle est juste incompréhensible.

L’urgence du moment nécessite donc un relâchement des conditions de financement pour en faciliter l’accès aux petites entreprises, mais exige également de la fermeté pour faire respecter l’ordre monétaire.

Dans son discours, le Roi a pointé du doigt le manque de confiance qui règne entre les institutions bancaires et leurs clients, signalant que certaines catégories de la population considéraient les banques comme des organismes « ne recherchant qu’un profit immédiat et sans risque ». La non transmission des décisions de Bank Al Maghrib est une des illustrations des propos du Chef de l’Etat.

Le prochain conseil de Bank Al Maghrib sera, au vu de l’appel royal, l’occasion de prendre de grande décisions, d’aller vers une politique monétaire plus accommodante (et moins conservatrice), mixant l’instrument taux avec d’autres mécanismes de refinancement dédiés à la TPME, mais aussi une opportunité pour remettre de l’ordre et regagner la confiance de la clientèle.

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Mehdi Michbal
Le 14 octobre 2019 à 16h07

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