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La baisse du taux directeur, d'abord une bonne affaire pour les banques

La baisse du taux directeur, d'abord une bonne affaire pour les banques
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Le 26 septembre 2019 à 17h49 | Modifié 26 septembre 2019 à 17h49

Le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a indiqué que les conditions débitrices appliquées par les banques à leur clientèle ne se conforment aux baisses du taux directeur qu'avec un certain retard. La Banque centrale a dû ramener le secteur à l'ordre.

C’est une info de taille qu’a livrée Abdellatif Jouahri lors de sa dernière conférence de presse suivant le conseil trimestriel de Bank Al-Maghrib. Le gouverneur de la Banque centrale a en effet expliqué que les banques commerciales ne transmettent pas rapidement les baisses du taux directeur à leurs conditions débitrices, à savoir les taux des crédits qu’elles accordent.

En même temps, Abdellatif Jouahri a indiqué que ces baisses se reflètent par contre immédiatement sur les taux créditeurs, et quelques fois de manière plus amplifiée que la baisse du taux directeur.

Autrement dit, après une baisse de taux directeur, les taux créditeurs baissent (donc les épargnants encaissent moins); et les taux débiteurs ne changent pas. Le seul bénéficiaire est donc la banque.

"Il a fallu que la Banque centrale intervienne sur le plan de la distribution des avances que nous octroyons sur le marché monétaire, en faisant la distinction entre celles qui transmettent la politique monétaire de la banque ou pas", a-t-il ajouté. 

Le Wali de Bank Al-Maghrib affirme indirectement donc qu’il a dû rehausser le ton auprès des banques que son institution contrôle, afin que celles-ci s’alignent sur les directives de la Banque centrale, d’autant plus que plusieurs opérateurs économiques mais aussi les ménages se plaignaient de taux débiteurs assez hauts malgré plusieurs baisses consécutives du taux directeur.

En 2014 par exemple, alors que le taux débiteur était fixé à 3% depuis mars 2012, la Banque centrale applique une première réduction à 2,75%, en septembre, puis une seconde baisse un trimestre plus tard, en décembre, à 2,5%. C'est une baisse de 0,5 point en un trimestre.

Entre temps, la moyenne des taux débiteurs est restée sur un niveau de 6%. Ce n’est qu’à fin décembre 2015, soit une année après les baisses du taux directeur, que cette moyenne s’est établie à 5,5%, en baisse de 0,5 point, suivant le rythme du taux directeur.

La Banque centrale a baissé davantage son taux directeur en mars 2016, le portant à 2,25%, soit une baisse supplémentaire de 0,25 points. Les banques s’appliquent à suivre et la moyenne des taux débiteurs s’approche même des 5%. Mais ils remontent rapidement pour atteindre 5,77% à fin 2018, un niveau proche de celui des taux débiteurs lorsque le taux directeur était à 3%.

Après ce point culminant, les taux débiteurs sont enfin repartis à la baisse. A fin juin 2019, ils sont à leur plus bas niveau, soit 4,98% en moyenne.

Cet  historique de données remet donc véritablement en question l’efficacité de la transmission des décisions de BAM aux banques, et donc à l’économie ; surtout que les baisses consécutives du taux directeur de la Banque centrale avaient pour ultime objectif de relancer la machine économique à travers la baisse du coût du financement.  

De surcroît, ce retard de transmission de la politique monétaire aux banques fait que celles-ci continuent de profiter de conditions débitrices en leur faveur pendant des périodes importantes avant de se soumettre aux directives de Bank Al-Maghrib, augmentant ainsi le rendement des crédits qu’ils octroient.

Rappelons que selon des chiffres de Bank Al-Maghrib dans une étude comparative, réalisée sur l'année 2018, la marge d'intermédiation des banques marocaines reste plus élevée que celle des banques françaises.

En effet, au Maroc, alors que le coût moyen des dépôts est moins élevé qu’en France (0,93%), le rendement des crédits est beaucoup plus important (4,81%). Ce qui donne une marge d’intermédiation avec la clientèle de 3,87%. En intégrant les autres emplois et ressources, la marge globale des banques est de 2,98%, soit 2,6 fois  celle des banques françaises.

Dans l'Hexagone, le coût moyen des ressources des banques s’élève à 1,07% et le rendement moyen des crédits à 2,93%. Ce qui donne une marge d’intermédiation de 1,86%. En intégrant les autres activités (titres, trésorerie interbancaire…), la marge globale descend à 1,14%.

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