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Infrastructures: Sous la pression de la demande, la Banque mondiale appelle à l'intervention du privé

Infrastructures: Sous la pression de la demande, la Banque mondiale appelle à l'intervention du privé
S.E.H.
Le 8 août 2019 à 16h10 | Modifié 11 juin 2022 à 1h16

Les besoins du Maroc en infrastructures augmentent rapidement, sous l’impulsion de divers facteurs dont l'urbanisation et la croissance démographique. Pour absorber cette demande supplémentaire, la Banque mondiale appelle à impliquer davantage le secteur privé dans les investissements en infrastructures.

Dans son dernier rapport sur le Maroc, la Banque mondiale relève que les investissements du royaume dans les infrastructures au cours des deux dernières décennies ont considérablement amélioré l’accès de la population aux services d’infrastructure de base. Reflet de ces progrès, le classement international du pays en matière de qualité des infrastructures est passé de la 64ème place en 2006-07 à la 42ème place en 2017-18.

Infrastructures: Sous la pression de la demande, la Banque mondiale appelle à l'intervention du privé Infrastructures: Sous la pression de la demande, la Banque mondiale appelle à l'intervention du privé

Dans l’ensemble, la Banque mondiale qualifie ces progrès de "rapides" et "impressionnants". Elle signale toutefois que des problèmes subsistent dans certains sous-secteurs et que de grandes disparités régionales persistent.

"Ces défis sont susceptibles de devenir plus perceptibles à mesure que la demande continue de s’accélérer dans le pays et que les effets du changement climatique se font de plus en plus sentir", souligne le rapport de l’institution de Bretton Woods.

En effet, celle-ci indique que les besoins du Maroc en infrastructures augmentent rapidement, sous l’impulsion de la croissance démographique, de l’urbanisation, de la croissance de la classe moyenne et d’une vision visant à élever le Maroc au rang de pays à revenu moyen de la tranche supérieure, qui se caractérise par une productivité croissante et une économie diversifiée.

"On estime que l’investissement annuel total nécessaire pour répondre à cette demande se situera entre 7,3 % et 18,1% du PIB, selon le scénario utilisé (faible croissance, maintien du statu quo ou forte croissance)" indique la Banque mondiale. "Ces plans d’investissement sectoriels invitent le secteur privé à participer à des volumes beaucoup plus importants que ce qui s’est fait jusqu’à présent".

Jusqu’à présent, c’est en effet le secteur public qui a été le moteur du développement des infrastructures, les entreprises publiques étant le fer de lance de l’investissement et du financement.

La Banque mondiale estime que le Maroc a consacré auparavant environ 13,2 % de son PIB aux infrastructures, y compris les dépenses d’exploitation et d’entretien, et que les entreprises publiques représentent 86 % de l’investissement total dans les infrastructures publiques, une part importante étant financée par des prêts concessionnels à long terme (Aide publique au développement).

"Les entreprises publiques émettent également des obligations à long terme, garanties par l’État, et reçoivent des prêts à long terme du système bancaire national. Cette abondance de ressources publiques et concessionnelles a réduit la nécessité et la volonté de recourir à des financements commerciaux", souligne le document.

L’institution avance que le modèle des entreprises publiques a bien servi le Maroc, mais que les possibilités d’investissement public s’amenuisent : "Le modèle actuel a atteint ses limites en raison des pressions exercées par la demande et des besoins d’infrastructure nécessaires pour faire passer le pays au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure".

Elle ajoute: "Cette situation est exacerbée par l’impact économique limité des niveaux élevés d’investissement qui suggère un rapport qualité-prix inadéquat, combiné à des pressions budgétaires croissantes. Il est tout à fait justifié que le secteur privé investisse davantage dans les infrastructures, non seulement en raison de leur impact potentiel sur les gains d’efficacité, mais aussi pour introduire de nouvelles technologies et capacités". 

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