Emissions obligataires : les montants levés en baisse de 60% à fin juin 2019
Depuis le début de l’année 2019, quatre émissions obligataires ont animé le marché des capitaux, contre cinq opérations pendant la même période de l’année précédente. Le montant levé au premier semestre 2018 est supérieur à celui accumulé à fin juin 2019.
Les émissions obligataires s’avèrent limitées au titre des six premier mois de l’année 2019.
Quatre émissions obligataires ont transité sur le marché des capitaux au premier semestre de l’année en cours, pour une levée totale de 4,25 milliards de DH.
Les quatre opérateurs qui se placent derrière ces émissions sont l’Agence nationale des ports (ANP), Wafasalaf, Attijariwafa Bank et le Fonds d’équipement communal (FEC). Ces émetteurs ont levé respectivement 1 MMDH, 250 MDH, 1 MMDH, et 2 MMDH.
Aucune émission n'a été enregistrée durant le premier trimestre 2019. La première émission obligataire de l’année 2019 a été réalisée par l’ANP. La note d’information liée à cette opération a été visée par l’AMMC le 22 mai.
Le montant total levé à fin juin 2019 est en baisse d’à peu près 60% par rapport aux six premiers mois de 2018 qui ont totalisé une levée de 10,30 MMDH.
Premier constat : le marché obligataire a été mieux animé au premier semestre 2018 en comparaison avec les six premiers mois de l’année en cours.
A fin juin 2018, cinq émetteurs ont procédé à une levée de fonds sur ce marché : OCP (5 MMDH) ; CIH (1 MMDH) ; Attijariwafa Bank (1,5 MMDH) ; SGMB (800 MDH) et le FEC (2 MMDH).
Deuxième constat : Les sociétés financières continuent de dominer ce marché. Une seule émission d’emprunt obligataire est initiée par un opérateur non financier, qui concerne généralement une entreprise publique. Cela s’applique pour les deux périodes analysées (ANP en 2019 et l’OCP en 2018).
Ci-après le détail des opérations réalisées au premier semestre 2018 Vs. premier semestre 2019 :

Source: LeBoursier. Données : AMMC
Un changement de mode de financement des banques est remarqué
Même si la présence des sociétés financières reste plus importante que celle des sociétés non financières, le recours des banques au marché obligataire s’avère en léger recul.
A fin juin 2019, trois opérations sur quatre concernent des sociétés financières, contre quatre sur cinq l’an dernier.
Un gestionnaire de fonds de la place nous confirme que « ce qui est effectivement remarquable sur le marché c’est que les banques de la place n’ont pas eu recours aux émissions obligataires subordonnées au premier semestre 2019 en comparaison avec les années précédentes».
« On avait l’habitude de voir des opérations d’émissions obligataires portant sur des montants colossales. Le marché était généralement bien animé contrairement à cette première moitié de l’année 2019 », continue-t-il
En effet, « un changement de mode de financement des sociétés financières a été remarqué. Les banques optent de plus en plus pour des augmentations de capital, qui sont en grande partie réservées aux salariés ou réalisées via une ouverture de capital pour un nouvel actionnaire», explique-t-il.
Et d’ajouter : « cette conversion est liée, entre autre, au changement réglementaire qui a marqué le secteur bancaire en 2018 par l’implémentation de la norme comptable IFRS 9 ».
« A travers les augmentations de capital, les banques renforcent leur capitaux propres. Par contre, les émissions obligataires renflouent les quasi-fonds propres », continue-t-il.
A rappeler que la nouvelle norme comptable a introduit de nouvelles règles de provisionnement pour la couverture des dépréciations d’actifs financiers : en plus de provisions sur l’encours déprécié (CES), de nouvelles provisions sur l’encours sain entrent en jeu en fonction de la probabilité de défaut dudit encours sur 12 mois.
Ces nouvelles provisions ont impacté en 2018 les provisions sur créances des banques. L’ajustement comptable induit par ces nouvelles provisions sur l’encours de crédit a eu un impact direct sur les fonds propres.
« Cette situation a donc incité les banques à renforcer davantage leur capitaux propres afin de s’aligner sur les nouvelles exigences réglementaires», conclut-il.
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