La ZLECA permettra aux pays africains d'augmenter leur PIB de 1 à 3 points (CNUCED)
L'agence onusienne précise que pour arriver à de telles performances, l'accord devrait être pleinement mis en œuvre et tous les droits de douane devraient être supprimés. Elle insiste également sur l'importance d'une bonne conception et d'une bonne application des règles d'origine.
Dans un nouveau rapport sur le développement économique en Afrique, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) avance que la ZLECA (Zone de libre-échange continentale africaine) permettra à la plupart des pays africains d'augmenter de 1 à 3 points leur PIB.
L'agence onusienne précise que pour arriver à de telles performances, l'accord devrait être pleinement mis en œuvre et tous les droits de douane devraient être supprimés. D'après son rapport, l'entrée en vigueur de la ZLECA donnerait un coup de fouet au commerce intra-africain, qui devrait progresser de 33%.
"Cela permettra d'attirer de nouveaux investissements intra-africains et de créer des débouchés qui favoriseront l'industrialisation de l'Afrique, grâce au développement des chaînes de valeur régionales", indique la CNUCED.
La Conférence soutient également que la nouvelle zone de libre-échange réduirait la dépendance de l’Afrique à l’égard des produits de base, et créerait les emplois nécessaires pour exploiter le dividende démographique du continent.
L'importance des "règles d'origine"
Cela étant, la CNUCED affirme que dans la pratique, la question de savoir si les entreprises de la ZLECA utiliseront les préférences commerciales − et la mesure dans laquelle elles le feront − dépendra de la manière dont les règles d’origine sont conçues et appliquées.
"Si la libéralisation préférentielle du commerce n’est pas confortée par des règles d’origine bien conçues et appliquées, bon nombre de ces gains seraient minorés", avance l'agence.
Elle explique: "La libéralisation préférentielle du commerce est la raison d’être d’une zone de libre‑échange, dans laquelle les pays membres suppriment les droits de douane et les contingents à l’importation sur la plupart des biens qu’ils échangent entre eux, afin de conférer un avantage concurrentiel aux entreprises de la zone. Pour bénéficier de ces préférences, les entreprises de cette zone doivent toutefois satisfaire aux prescriptions relatives aux règles d’origine".
Ces prescriptions définissent les conditions que les entreprises doivent remplir afin de prouver que leurs marchandises proviennent de la zone de libre-échange en question, et sont donc admises à bénéficier d’un traitement préférentiel au sein de cette zone.
Dans ce sens, la CNUCED explique qu'il faudrait simplifier ces règles d'origine, et les rendre favorables aux entreprises pour que les gains attendus de la ZLECA se concrétisent.
D’après le rapport, s’il s’avérait trop coûteux ou trop complexe de respecter ces règles là, les entreprises pourraient renoncer à ces préférences et choisir de commercer avec des partenaires extérieurs à la ZLECA.
Elle recommande également de créer une plateforme en ligne pour le commerce intra‑africain, qui servirait de répertoire des règles d’origine et serait disponible dans plusieurs langues locales.
Il ressort également du rapport que la mise en place de plateformes permettant un dialogue public-privé peut contribuer à recenser les obstacles à la mise en œuvre de ces règles au sein de la ZLECA, afin que ces dernières restent favorables aux activités des entreprises et aux échanges commerciaux du secteur privé.
Rappelons que la ZLECA est entrée en vigueur en mai dernier, après que le quorum nécessaire des ratifications (22) ait été atteint. Son lancement officiel devrait avoir lieu lors du prochain sommet de l'Union Africaine, prévu le 7 juillet prochain à Niamey au Niger.