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CDG Capital : les revenus des banques marocaines sous pression

CDG Capital : les revenus des banques marocaines sous pression
S.E.H.
Le 8 mai 2019 à 16h07 | Modifié 8 mai 2019 à 16h07

Avec des taux débiteurs de plus en plus bas, des commissions en retrait, et la morosité observée dans les marchés financiers... les PNB des banques ne devraient pas connaître une croissance fulgurante en 2019, selon les prévisions de la banque d'affaires du groupe CDG. 

Les banques marocaines continueront de subir diverses pressions sur leur PNB en 2019. C’est ce que relève CDG Capital dans son dernier rapport sur le comportement du marché Actions courant 2019, où la banque d’affaires livre ses différentes estimations et perspectives pour les banques cotées (Hors CIH Bank, qui est une filiale du groupe CDG).

C’est ainsi que CDG Capital s’attend à une progression de 3,9% du PNB des banques cotées, à 60,2 milliards de dirhams. "Dans l’ensemble, nous croyons que les marges d’intermédiation à court terme devraient baisser légèrement pour de nombreuses banques", souligne la banque d’affaires dans son rapport.

CDG Capital avance qu’elle s’attend à ce que le coût moyen des ressources demeure relativement stable, alors qu’elle table sur une légère diminution du taux de rendement moyen des financements, suite à la pression sur les taux débiteurs que subit le secteur bancaire dans son ensemble.

"Cette contraction émane principalement d’un environnement concurrentiel. Bien que nous anticipions une stabilité des taux débiteurs en 2019, la diminution du taux de rendement des nouveaux crédits distribués par rapport aux niveaux historiques devrait faire en sorte que le taux de rendement moyen soit en légère baisse en 2019", expliquent les analystes de CDG Capital.

Ils s’attendent ainsi à une légère progression de la marge d’intérêt des banques étudiées de 1,6%, à 39,6 milliards de dirhams.

Pour sa part, la marge sur commissions des banques cotées devrait afficher une croissance de 4,9% en 2019, contre 6,3% enregistrée en 2018.

"Nous pensons que de nombreuses banques continueront de connaître une croissance des services bancaires électroniques, qui devrait également mettre sous pression la marge sur commissions suite au faible coût des transactions", avance CDG Capital.

D’une autre part, la banque d’affaires explique que le résultat des activités de marché devrait être soutenu par un effet de base favorable, après une baisse de 6% enregistrée en 2018 : "Toutefois, le contexte du marché boursier demeure mitigé, et les perspectives légèrement baissières de la courbe des taux principalement sur le moyen et le long terme, devraient limiter la hausse du résultat des activités de marché".

Une croissance modérée des crédits et des dépôts

Avec une croissance du PIB prévue en léger ralentissement en 2019 (2,9% contre 3% en 2018) ainsi qu'un besoin de liquidité qui devrait s’accentuer (70,6 milliards de dirhams contre 69,7 milliards de dirhams à fin 2018) selon Bank Al-Maghrib, et "en l’absence de facteurs clés favorisant la relance de la croissance des crédits", CDG Capital estime que leur rythme d’évolution  devrait ralentir en 2019.

Dans ce sens, la banque d’affaires table sur une croissance de l’ordre de 2,3% des crédits à fin 2019, tandis qu’elle prévoit une légère progression de 1,8% des dépôts à la clientèle.

Au final, le taux de transformation pour le secteur bancaire devrait connaître une légère détérioration, et devrait s’établir à 91% à fin 2019 contre 90,5% à fin 2018.

Par ailleurs, CDG Capital prévoit une stabilité du taux contentieux à 7,8%."Bien que nous nous attendions à un ralentissement de la croissance des crédits et un contexte économique morose, nous ne voyons pas non plus de risque accru de formation de créances en souffrance", expliquent les analystes de la banque d’affaires.

Ils rappellent néanmoins que la mise en conformité avec l’IFRS 9 a modifié la façon dont les banques provisionnent leurs pertes sur crédits, ce qui devrait entraîner une progression du montant des provisions, améliorant davantage le taux de couverture.

En Afrique, du potentiel mais aussi des contraintes

D’une autre part, CDG Capital se penche sur le développement des banques marocaines en Afrique. La banque d’affaires estime que le secteur bancaire africain devrait continuer à offrir un potentiel important : "Les perspectives économiques sont globalement prometteuses, les taux de pénétration restent très bas, les niveaux de rentabilité sont assez élevés et la concurrence dans certains marchés demeure peu développée", soulignent les analystes de CDG Capital.

Ils soulignent néanmoins que les banques marocaines évoluent "dans un environnement des affaires encore instable, et qui présente un ensemble de risques liés principalement à la fragilité des cadres réglementaires en vigueur, au coût élevé du risque et au renforcement des pressions concurrentielles".

L’entrée en vigueur à partir de janvier 2018 de Bâle II et III devrait également contribuer à une décélération du rythme de croissance des crédits, par rapport au rythme observé dans le secteur au cours des cinq dernières années.

Par ailleurs, CDG Capital estime que les revenus des filiales africaines des banques marocaines seront également sous pression en 2019.

"Compte tenu de la tendance baissière des taux débiteurs et de la décélération de la distribution des crédits dans la majorité des pays d’implantation des banques marocaines dont la contribution aux résultats des groupes marocains est importante, nous pensons que le rythme d’évolution de la marge d’intérêt devrait ralentir", indique le rapport de CDG Capital.

"Par ailleurs, les décisions de la BCEAO concernant la limitation des refinancements des titres publics à 200% des fonds propres des banques emprunteuses, et la hausse du taux de prêt marginal de 1 point, passant de 3,5% à 4,5%, devraient impacter négativement les résultats provenant des opérations de marchés", ajoute le rapport.

CDG Capital indique aussi que tout comme observé au Maroc, le développement du Mobile Banking devrait également mettre sous pression la marge sur commissions, eu égard à la baisse des coûts de transactions.

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