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CESE : le plaidoyer d'Ahmed Reda Chami en faveur des PME

CESE : le plaidoyer d'Ahmed Reda Chami en faveur des PME
Sara El Hanafi
Le 2 mai 2019 à 17h51 | Modifié 2 mai 2019 à 17h51

Délais de paiement, mécanismes de financement, fiscalité, commande publique... le Président du CESE loue les efforts fournis par l'Etat en faveur des PME, mais estime toutefois que cela  demeure insuffisant pour atteindre les résultats escomptés. Voici ce qu'il propose pour booster l'activité de cette catégorie d'entreprises.

Ahmed Reda Chami s’est lancé dans un véritable plaidoyer en faveur de la PME, lors du Forum pour la relance de l'investissement des PME, organisé par le groupe Banque Centrale Populaire ce 30 avril à Casablanca.

Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a qualifié lui aussi la PME de véritable moteur de l’économie, tout en avançant que le potentiel de ces entreprises  demeure sous-exploité, chiffres à l’appui : "Nos PME assurent 40% de la production nationale, 30% des exportations, 50% de l’investissement; et génèrent 20% de l’IS et 30% de l’IR".

Ahmed Reda Chami reconnaît que des efforts ont été entrepris par les pouvoirs publics afin d’améliorer la contribution des PME à la dynamique économique. Il cite à cet effet la réactivation du conseil de la concurrence et de l’instance de la lutte contre la corruption, en plus de la récente adoption de la loi relative aux sûretés mobilières ou la réforme des CRI. Mais selon lui, ces mesures n'ont pas pu réaliser les résultats escomptés.

"Les banques ne savent pas financer les start-ups"

Le Président du CESE évoque également les divers mécanismes de financement mis en place par l’Etat, notamment ceux de la CCG ou du fonds Innov Invest; en plus des offres bancaires qui restent insuffisantes selon lui. " Les banques ne savent pas financer les start-ups, et il n’est pas de leur rôle de financer les start-ups", avance-t-il.

Une donne qui impacte fortement l’investissement privé des TPME : "Lorsqu’on regarde la part de financements bancaires dont ces entreprises bénéficient, on comprend mieux pourquoi elles n’investissent pas assez. Selon les chiffres de Bank Al-Maghrib, seulement 34% des crédits sont alloués aux PME", indique Ahmed Reda Chami.

Il ajoute que les différentes mesures mises en place par l’Etat sur d’autres aspects n’ont pas délivré des résultats probants pour les PME, et demeurent en deçà des potentialités et des attentes. Son Conseil relève ainsi des failles qui persistent encore chez les PME.

Le Président du CESE évoque les délais de paiement dans le privé qui sont "absolument excessifs, et constituent une véritable menace pour la survie de l’entreprise et sa capacité à se développer et à grandir". Il regrette le retard des décrets d’application de la loi 49-15 relative aux délais de paiement; des décrets sans lesquels cette loi très attendue demeure inapplicable.

Ahmed Reda Chami évoque également la persistance de l’informel et du commerce parallèle, mais appelle à distinguer entre l’informel et la fraude fiscale, et à contrer les deux problèmes par des solutions différentes.

"L’informel des petits commerçants n’a rien à avoir avec celui des grands opérateurs et industriels qui font un pourcentage de leur chiffre d’affaires dans l’informel", indique-t-il.

"L’idée que nous avons donc au CESE pour la première catégorie est une contribution annuelle modeste, une sorte de contribution à l’effort de l’Etat. Dès que ces commerçants commenceront à payer cette contribution, non seulement ils intégreront le circuit formel mais ils n’auront plus de tracasseries administratives et bénéficieront d’une protection sociale. Cela permettra à l'Etat de se concentrer sur la seconde catégorie, celle qui est dans la fraude fiscale", explique Ahmed Reda Chami.

L’ex-ministre de l’Industrie évoque d’autres problématiques, comme le faible accès des PME à la commande publique ou le manque d’accompagnement à l’export: "Ce sont près de 5.000 entreprises marocaines qui exportent, dont 800 qui exportent de manière régulière. En Turquie ce chiffre avoisine les 60.000 ", tonne-t-il.

Les recommandations du CESE

Face à cette multitude de lacunes, Ahmed Reda Chami affirme que le CESE prône une vision intégrée et multidimensionnelle pour relancer l’investissement privé et particulièrement celui des PME, en avançant plusieurs propositions.

Sur le plan fiscal par exemple, et à la veille des assises de la fiscalité, Ahmed Reda Chami affirme que le CESE a travaillé sur plusieurs propositions, relatives notamment à la neutralité de la TVA pour l’entreprise mais aussi et surtout, la nécessité de revenir à l’exonération de la TVA sur l’investissement.

"Il faut également orienter le système fiscal vers les secteurs protégés. Les secteurs les moins concurrentiels doivent donc payer plus d’impôt", ajoute-il.

Sur les délais de paiement, en plus de la finalisation des décrets d’application de la loi 49-15, Ahmed Reda Chami insiste sur la nécessité de la mise en place de solutions complémentaires pour fluidifier les paiements entre entreprises privées. Il propose par ailleurs qu’au niveau du fournisseur, les factures qui ne sont pas payées ne soient pas taxées, tout comme pour le client qui n’aura pas le droit de déduire ses factures non payées. 

Au niveau du financement, Ahmed Reda Chami prône, entre autres, la mise en place d’un mécanisme trimestriel Banques-Etat-CGEM pour suivre le niveau de financement des PME. Il insiste également sur la nécessité de financer l’innovation.

"C'est l'innovation qui permettra au Maroc de sortir de cette trappe qu’on appelle les pays à revenu intermédiaire et consommateurs de technologie. Il faut donc investir dans l'innovation, mais cela reste difficile pour des entreprises qui peinent à payer leurs factures à la fin du mois" regrette-il.

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Sara El Hanafi
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