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Immobilier. Crise ou correction ? Des professionnels répondent

Immobilier. Crise ou correction ? Des professionnels répondent
Sara El Hanafi
Le 21 mars 2019 à 14h14 | Modifié 21 mars 2019 à 14h14

Intervenus lors d'une conférence-débat sur le secteur de l'immobilier, plusieurs professionnels préfèrent parler de "correction" par rapport au trend de la décennie 2000-2010. Une purge plutôt bienvenue qui va "nettoyer le marché" et lui permettre de repartir sur de nouvelles bases. Compte rendu. 

 

Crise, ralentissement, stagnation… les termes diffèrent pour décrire la situation actuelle du marché de l’immobilier. Une situation problématique, autour de laquelle ont débattu plusieurs professionnels lors d’une conférence-débat organisée ce 20 mars à Casablanca par la plateforme d’annonces immobilières en ligne Sarouty.

Le constat qui fait l’unanimité chez les opérateurs est que l’euphorie qu’a connue le marché durant les années 2000, ne reviendra plus : "Durant ces années là, nous avons vu des prix qui n’avaient pas de sens économiquement, surtout à Casablanca", a avancé Youness Benjelloun, Directeur Général de CFG Bank, qui participait à la conférence.

Tenant compte de cette donne, Youness Benjelloun estime que le marché connaît plutôt une correction : "Il faut relativiser. Dans les années 2000, le besoin en logement était énorme. La demande ne peut pas être aussi forte que durant ces temps là, surtout que la démographie n’est plus la même aussi", a-t-il ajouté.

Un avis partagé par Jawad Ziat, Président de Injaz Holding, qui rappelle que les années 2000 étaient également marquées par une demande accrue exprimée par les MRE, et qui a fléchi depuis les années 2009-2010.

L’adéquation de l'offre à la demande pose également problème. Le débat repose essentiellement sur l'offre des nouvelles villes, non aménagées, manquant cruellement d’espaces de vie et surtout jugées déconnectées vu le manque d'nfrastructures de transport adéquates les liant aux centres des villes.

Les contraintes liées à la verticalité, les mauvais choix d’urbanisme sont également évoqués. Mais c’est la quasi-absence d’un segment moyen standing, et de contours qui définissent bien ce segment, qui semble préoccuper les professionnels. Ceux-ci avancent qu’avec un salaire médian au Maroc qui équivaut à 5.000 Dh, il y a une large population qui esquive le logement social mais ne dispose pas de moyens pour acquérir du haut standing.

L’autre bémol est celui de la qualité et de la confiance envers les promoteurs. Nombreuses sont les affaires d’insatisfaction des clients vis-à-vis de leurs logements, tous segments confondus. Ce qui pose le problème des normes de construction, et d’une nécessité grandissante de créer une autorité qui veillerait au respect de ces normes.

Il faut dire que le nombre de promoteurs augmente également et, face à une demande en berne, ils se partagent un gâteau moins consistant. Une occasion de remettre de l’ordre dans le secteur de professionnaliser encore plus le métier, estime Youness Benjelloun.

"Qu’on l’appelle crise, perturbation ou ajustement, ce qui se passe aujourd’hui dans l’immobilier n’est pas mauvais". explique-t-il. "Cela va permettre de nettoyer le secteur et de ne pas laisser de la marge  à des promoteurs qui n’y ont pas leur place".

Il conclut: "Aujourd’hui, l’acheteur est roi. Il est dans une position de force et c’est une situation nouvelle pour le Maroc. Le client est exigeant au point que l’offre devra s’adapter à sa demande, et elle s’ajustera par la force des choses, et sera une occasion pour purger le secteur".

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Sara El Hanafi
Le 21 mars 2019 à 14h14

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